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Comment on célébrait Pourim à Alger par Caroline Rebouh

Vers la fin février et le début mars, le ciel bleu reprenait ses droits et les orangers se couvraient de fleurs embaumant l’air ambiant.

Cette bouffée d’air tiède parfumé me mettait toujours en relation par la pensée avec la fête de Pourim pour une raison bien simple : à Alger, à Pourim, l’un des gâteaux faits était recouvert d’une glace royale parfumée à l’eau de fleurs d’orangers.

Et, à cette époque de l’année, je me remémore toujours les courtes promenades que je faisais étant enfant avec ma mère.

Les confiseries élaborées tenaient du grand art car, chaque maîtresse de maison tenait à cœur de présenter, pour l’échange de pâtisseries qui devait s’effectuer le matin de la fête, les plus belles créations.

Dans la belle ville blanche, avant ma naissance, des "yaouledes" se présentaient munis d’une sorte de grand "serviteur-muet" en cuivre dans chaque famille juive et ils se chargeaient de faire l’échange de pâtisseries (mishloah manoth) en lieu et place des mandataires, moyennant quelques pièces sonnantes et trébuchantes. Ainsi, les familles recevaient leur plateau et rendaient immédiatement un autre plateau. Le jeune garçon recevait de la part de chaque famille des pièces et des friandises.

Les coutumes variaient selon les familles mais il était une constante que l’on trouvait partout : les knédelet, les makrouds, les galettes blanches et le nougat fait à base de dattes.

Nous pensions qu’il s’agissait de pâtisseries juives mais, en réalité, ces pâtisseries étaient des recettes arabes à quelques détails près : les pâtissiers arabes coloraient leur glaçage en jaune, rose ou vert tendre avec de petites granules argentées alors que chez nous, les Juifs, le glaçage était blanc parsemé de petits grains de sucre colorés de toutes les couleurs mais parfois les mères de famille décoraient elles aussi leur production de grains argentés.

Chacune des "maîtresses-queues" d’un œil expert jugeait d’un œil critique la blancheur et le brillant du glaçage, la friabilité de la galette, pour les knedlets appelés aussi "petits paniers" aux amandes –au Maroc cela s’appelle des massapan- on jugeait presque sans complaisance la finesse de la pâte et le fait que parfois – de manière à réduire le coût du petit-four – la ménagère avait incorporé à la poudre d’amandes soit des cacahuètes moulues soit de la semoule ce qui donnait la fâcheuse impression de croquer dans de la pâte avec des morceaux de verre !

Quant aux mekrouds, certaines ajoutaient à la semoule des œufs et de la farine et la plupart les faisaient frire avant de les plonger dans le sirop au miel. En bref, chacune tirait de cet échange de quoi sortir une satisfaction personnelle surtout aux yeux de l’époux béat d’admiration pour sa femme.

Le jour-même on faisait des beignets et des oreillettes ainsi qu’un délicieux couscous au beurre agrémenté de fèves fraîches (les premières de la saison) que l’on buvait avec du petit lait (babeurre).

De notre côté, mon frère et moi participions à grand renfort de crayons de couleurs ou de gouache et de papier dessin à l’envoi de friandises en fabriquant des étiquettes décorées en forme de masques et portant le nom des récipiendaires.

Lorsque nous quittâmes l’Algérie pour la France, il a fallu se refaire "un carnet d’adresses" et puis, les distances n’étant plus les mêmes, nous nous contentions d’envoyer nos confiseries aux voisins les plus proches par nous-mêmes.

Dans chaque pays eurent lieu des exactions contre les Juifs et, lorsque ces exactions se soldèrent par un miracle, on qualifiait cet évènement de "pourim".

C’est ainsi qu’il y eut trois pourim spéciaux à Alger et c’est en commémoration de l’un d’eux qu’ont été créées les fameuses galettes blanches en symbole in memoriam des cassettes de bijoux, d’or et d’argent qui surgirent des flots pour être récupérées par les Juifs d’Alger spoliés.

Caroline Elisheva REBOUH

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