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Albert Bensoussan : "L'anneau"

Par Norbert Bel Ange le 14 mai 2017

Dans le formidable aréopage des "Albert" célèbres, je me plais à citer Albert Einstein et sa langue bien pendue, Albert Cohen son fume-cigarette, sa calvitie débonnaire et sa robe de chambre légendaire.
Albert Camus de Belcourt en Alger…

Et voici que s’avance un autre Albert, Albert Bensoussan,  un Algérois lui aussi mais de Bab el Oued. Ou de pas loin. Un tout jeune homme ! Un jeunot ! Même s’il court sur ses… Mais jouons les coquettes et taisons son âge.

Nous avons mieux affaire avec son œuvre.  Œuvre prolifique s’il en est. Albert Bensoussan a publié au bas mot une trentaine d’ouvrages, dont certains figurent en bonne place dans ma bibliothèque.

Juste une incise avant que de revenir à son œuvre fictionnelle et récitative.

Albert Bensoussan est un grand traducteur de l’espagnol vers le français Entre autres des romans de Vargas Llosa. Professeur de littérature espagnole et hispanique en ses universités bretonnes (Rennes), il est en cela le digne successeur d’un certain André Belamich, traducteur de Federico Garcia Llorca, à la demande d’Albert Camus !

Mais André Bélamiche que j’ai eu l’occasion de rencontrer, chez lui, à Villeneuve-sur-Mer, est un Oranais bon teint.

Vous me suivez…André l’Oranais et Albert l’Algérois !

Mais soyons sérieux et tirons un peu la couverture à soi, c’est-à-dire vers l’ouest algérien, vers Remchi ou Montagnac,  c’est selon.

Ce sont là les terres familiales des Bensoussan. Et, dans son dernier opus, "L’anneau" (éditions Al Manar, 2017), Albert Bensoussan, évoque d’abondance cette cité maghrébine.

Une remarque littéraire avant que de poursuivre. Au fil de son œuvre, Albert Bensoussan est devenu le chantre extraordinaire de ce judaïsme algérien qu’il connaît bien. Les spécialistes de cette littérature citent souvent son œuvre. Les historiens se devront de s’y référer. Et l’on se demandera mais qu’a écrit Albert Bensoussan à ce sujet… Comme nous disons toujours : "Mais que nous dit Rachi de Troyes sur tel ou tel passage de la Thora ?"

En un peu plus de cent pages, Albert Bensouusan évoque ses mémoires familiales. Son texte balance entre récit et autobiographie sans oublier en chemin la grande Histoire. Je songe ici à sa mémoire familiale de la Grande Guerre pour laquelle nous manquons cruellement de récits, de journaux, de lettres… J’y reviendrai dans un travail plus personnel consacré à la Grande Guerre.

Le père d’Albert Bensoussan fut l’un des Poilus juifs d’Algérie, les plus décorés de la Grande Guerre. Ce soldat de 14 fut par la suite un officier d’active, chose rare dans le judaïsme algérien.

Si "L’anneau" évoque le cycle de la vie, il évoque aussi les Khalkhal dont nos grands-mères ornaient leurs chevilles.

Dans ces pages de beau papier, Albert Bensoussan ne cesse de nous livrer recettes de cuisines, senteurs, odeurs épicées de nos enfances enfuies…

Comment ne pas penser en lisant Albert Bensoussan au bel essai de Joëlle Bahloul "Le culte de la table dressée" !

À vous lire cher Albert, me vient l’envie de savoir comment vous travaillez, comment vous viennent tous ces récits ?

J’ai cru comprendre que dès votre jeune âge vous avez beaucoup écouté vos parents, beaucoup noté sur vos petits cahiers. Et que vous y puisez allégrement comme dans le garde-manger grillagé de nos enfances.

J’ai cru comprendre dans ces récits, combien les femmes ont compté et comptent dans votre vie.

C’est la première fois, me semble-t-il,  où "vos femmes" sont si présentes dans vos confessions !

À commencer par votre maman. Vous la revoyez dans ses montagnes dans la compagnie des femmes musulmanes au moment de la tonte des moutons !

Page 13, vous écrivez au sujet de votre maman : 

"Oui c’est moi qui t’aurais élevée, et tu aurais été heureuse d’aller à l’école en me donnant la main, et de maîtriser enfin la langue française".

 Ne vous en déplaise cher Albert Bensoussan, il y a chez vous du Albert Cohen ! De "sa tendresse de pitié"!

Qu’il s’agisse de Suzanne, de Fatiha ou de Déborah, c’est avec un bonheur et une belle sensualité qu’elles viennent au-devant de nous. Ou de vos échanges avec André Nahum (zil)

Au sujet de Déborah (p.92)

"Et moi, livré encore à mes songes, dans cette chambre du silence où Deborah bien avant moi, a plongé en sommeil.

Que ma femme est belle, c’est un bébé dormant ! Elle a ramené un pan du drap sur sa bouche et le suçote lentement en poursuivant, si loin, si près, les sombres coursiers de ses chimères."

Cette sensualité, cette gourmandise se retrouve dans votre goût pour les mots : l’arabe, le français, l’espagnol, le chleuh et l’hébreu se complètent admirablement. Le linguiste que vous êtes en fait son miel.

Lorsque vous parlez du "motsé" distribué vous employez le mot de miochée, emprunté au patois normand, semble-t-il, gourmandise du mot et de la chose !

Il y a quelque chose qui me chiffonne ou alors ai-je mal compris : vous faites d’un fer à cheval un instrument de travail…

Dans mon village, à Fornaka, j’ai pu voir travailler le forgeron, le voir façonner le fer à cheval. Mais pas comme un instrument à moins de le transformer en arme blanche !

Page 58, J’ai trouvé que votre description des hauteurs d’Alger a des accents camusiens. Une fois de plus je relirai "Les noces" et "L’été" grâce à vous.

Pour terminer, je voudrais citer quelques-uns de vos titres publiés aux éditions Al Manar (la tour de feu en arabe, je crois) :

"Aldjazar", "mes Algériennes", "Belles et beaux"…

Sans contredit, cher Albert Bensoussan, vous naviguez avec bonheur et aisance entre récit, poésie, confession et autobiographie, pour nous livrer une partie de vous et de nous-mêmes.

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