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Bien sûr que ce n’est pas exact, il n’y a pas qu’une, Paris est constellé de synagogues magnifiques, toutes élégantes, les unes et les autres nommées par la rue qui les accueille.

Elles sont reconnaissables avec leurs entrées majestueuses, au fronton portant souvent l’Etoile de David. L’intérieur le plus souvent marqué d’une phrase de la Thora, rappelant la permanence de la Loi de Moïse, mène à la Téba sorte d’estrade qui, au fond, enferme les rouleaux de la Loi "Tu aimeras ton prochain comme toi-même", "Sache devant qui tu te tiens", et bien d’autres maximes de haute facture morale.

Elles ont aussi des noms qui les différencient en les associant aux autres "Brit Shalom", "Ahavat Shalom", "Charles Liché" dite aussi "Place des Vosges", bien sur la "VICTOIRE" la grande, qui règne sur toutes les synagogues de Paris,

Elles sont encore plus belles lorsqu’elles bruissent des murmures des fidèles, pas toujours très orthodoxes ces murmures, des papotages dus au plaisir de se retrouver, à tout moment sauf bien sûr au moment de la Amida ou du  "shmona essré" ou si vous voulez de la concentration debout pour dire en silence les 18 bénédictions, les prières n’expriment jamais que des demandes pour la Communauté d’Israël et le bonheur de la France.

Il serait fastidieux de rappeler leur histoire que chacun connait ou peut connaitre par lui-même. Cependant comment de pas souligner qu’en plus de leurs originalités architecturales, les synagogues de Paris se fondent dans l’Histoire de la Capitale et soulignent la persévérance des Juifs dans leur foi, leurs rites, leurs fêtes, car les synagogues sont des lieux de fête et de joie, elles sont les lieux de rassemblement comme le dit leur appellation hébraïque : "Beit knesset"

On ne prie pas à la synagogue. On dit la grandeur de l’Eternel, la magnificence de son œuvre, la reconnaissance de sa royauté, la bonté de sa Providence, même le Kaddish que récité pour en mémoire des disparus, est un chant à la gloire de l’Eternel.

Voyez cette lumière rouge qui jamais ne s’éteint au dessus de la table ou se lisent les sections (Parachiot ou Sidrot). Elle est le signe de la Providence, la présence divine, qui, même lorsqu’elle se cache et que la misère du Monde s’abat sur Israël, n’est pas loin, et reste la source de l’espérance qui est le secret de ce peuple sans pareil.

Je connais une synagogue à Paris toute faite de bois et qu’on aborde en traversant une cour, et bien, elle abrite son dernier Ashkénaze, un monsieur qui est parvenu à surmonter la vague effroyable des temps de malheur, et qui rappelle au milieu de ses frères chassés des pays du croissant, que cette synagogue résonnait avant leur arrivée des chants yddichants disant comme eux dans un autre accent la gloire de l’Eternel. C’est pour qui sait regarder, un des miracles de Paris,

J’en connais une autre, la Brit Shalom rue Saint Lazare, qui s’ouvre au fond d’un beau couloir (On y prend l’apéritif du Quidoush les Shabats et fêtes) emplie de la gentillesse des présents se congratulant les uns les autres et….un Hazan ! (vous savez celui qui conduit l’Office, ce n’est pas au Rabbin de le faire) mais un Hazan tellement bon que lorsqu’il module les chants et les cantiques, et lit la Thora, il donne envie de pleurer tellement il chante comme là-bas, qui fut chez nous, au temps d’avant.

Il chante comme à Alger et à Constantine, comme à Bône et à Tlemcen, comme à Sétif et à Didjeli, comme à Bougie et à Mostaganem…Elle est devenue la synagogue dite des "Algérois" mais tout Juif d’Algérie s’y reconnaitrait

Ecoutez le, le Hazan,  lorsqu’il dit la Kedousha (qui réunit les anges et les hommes dans l’invocation de l’Unité divine et s’invite les uns les autres à répéter qu’il est saint trois fois saint)

Je suis partial, car dans toutes les synagogues résonnent le samedi les évocations du Dieu d’Israël, la lecture de sa Loi, la Amida qui se dit debout et en silence, (c’est souvent le seul moment silencieux dans nos synagogues) et la bénédiction des Cohanim "Il te bénira hachem et il te gardera, Il tournera hachem sa face vers toi  et te donnera la grâce, Il portera Hachem sa face vers toi et mettra sur toi, la paix"

Les Cohen ne bénissent pas, ils transmettent la Bénédiction d’Hachem qui l’a enseignée à Moshé pour qu’il l’enseigne à son tour à Aaron et à ses fils.

On apprend qu’IL est seul, source de toute bénédiction, dont on sait que sans elle, le Monde ne tiendrait pas une seule minute.

Il faut ouvrir un chantier considérable si l’on veut raconter les synagogues de Paris, chacune a sa propre histoire, une âme qui est la sienne, parmi les Orthodoxes, certaines sont plus orthodoxes que d’autres, parmi les conservateurs (Massoratit) des nuances  rassemblent les Dor va Dor de Hadath Shalom, les libéraux ne sont pas les moins lotis, eux qui essaiment dans Paris du XVème au XIIème en passant par le XVIème,

Cependant, elles ont un champ commun : Une plaine couvertes des roses du Sharon, du lys dans la vallée qui rassemblent les gens de tous les horizons dans une même ferveur, autour du même livre qui, depuis trois mille ans (plus peut-être) est lu, quantilé, commenté, chanté et même dansé le jour de Simha Thora, la Joie de la Thora.

Ce peuple de joie et de fidélité devrait entrainer les Nations vers des futurs de lumière. Espérons qu’elles saisiront, un jour, cette chance.

                                                                       Charles BACCOUCHE