logo_transparent1.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

e-mail : morechet@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

Rejoignez nous
sur FACEBOOK !

 

Calendrier

Décembre 2017
L Ma Me J V S D
27 28 29 30 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
Connexion

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Les raisins d'Alger mûrissent à Jérusalem par Albert Bensoussan

En fait, il n'y avait pas vraiment de raisins à Alger, il fallait sortir de la ville et gagner vers l'Ouest a plaine de la Mitidja, de Staouéli à Zéralda pour trouver des vignes.

Mais les raisins dont je veux parler ici étaient ceux des coteaux de Médéa, une petite ville du Sud, sur la ligne Alger-Boghari Bou-Saada-Djelfa, qui fut, pour l'essentiel, le berceau des familles Chouraqui/Cherqui.

La Fondation Chouraqui, de Jerusalem, nous propose actuellement un magnifique livre d'histoire, de mémoire et de souvenirs de Sidney Saadia Chouraqui, au titre éloquent Les raisins d'Alger mûrissent à Jérusalem

(éditions Bné-Issakhar, Jérusalem, 312 p.), avec un avant-propos chaleureux de Haïm Zafrani (zal) et une préface affectueuse d'André Chouraqui (zal).

Sidney Saadia Chouraqui est né sur les hauteurs d'Alger,  Kouba, avec au fond des yeux cette image splendide de la baie qui ne l'a jamais quitté.

Mais lui a très vite quitté cette Algérie pour faire son aliya en 1950, précédant de peu son cousin André Chouraqui, natif, lui d'Aïn-Témouchent.

La différence entre les deux branches c'est que les uns ont les yeux noirs, comme André, et les autres de beaux yeux bleus, comme Saadia, qui revendique son appartenance berbère, tout en sachant bien que les siens sont partis d'Erets, probablement après la destruction du 1er Temple, et ont navigué sur la Méditerranée, peuplant l'Espagne et le rivage maghrébin.

Chouraqui ou Cherqui signifie en arabe l'Oriental, et ce patronyme, traduit en espagnol, devient Levante, et en hébreu, Mizrahi. 

Sidney Saadia Chouraqui, né au sein d'une famille médéenne profondément juive et religieuse, comme l'étaient tant de familles de nos régions, a été dès l'adolescence un militant du judaïsme et du sionisme : "Éclaireur israélite de France", membre de la Fédération Sioniste d'Algérie dirigée parle regretté André Narboni (zal), du Dror et du mouvement " Maguen" de l'Agence Juive, puis kibboutznik à Givat-Haïm, délégué à la culture auprès de l'Ambassade de France à Tel Aviv, membre actif et fondateur de MORIEL, qui œuvre toujours, en Israël, à la préservation de la mémoire judéo-algérienne.

Et son ouvrage est, en quelque sorte, le testament d'un des derniers témoins d'une histoire qui n'est plus.

Outre la généalogie des Chouraqui, complétée par u émouvant album de photos, nous voyons défiler toute notre histoire, depuis la Kahéna, reine juive des Aurès, jusqu'aux rabbins miraculeux d'Alger, de Tlemcen, ou de Constantine.

Et principalement l'époque contemporaine qui connut les soubresauts tragiques de l'ignominie vichyssoise, du pogrome de Constantine, et enfin de l'Indépendance de l'Algérie, avec son inévitable exode de 130 000 Juifs.

Malgré les tragédies, il y a dans les propos et le regard que porte Sidney Saadia sur l'Algérie une certaine bienveillance, et peut-être même un amour contrarié.

Deux millénaires sur cette terre, et voilà, qui se souvient  là-bas, aujourd'hui, qu'il y a eu tant de Juifs algériens ? L'histoire officielle et la mémoire collective les ignorent.

Il faudra bien, pourtant, dans le cadre d'un futur traitéde paix israélo-palestinien que ceux-là, qui sont partis en nombre en Israël, soient comptés dans la balance sur le plateau des "réfugiés" .

Au détour des pages, Sidney Saadia me fait l'amitié de me citer en écrivant que mon «Oeuvre romanesque traduit l'affleurement progressif d'une âme collective judéo-algérienne » et en Israël, je ne  suis pas peu fier de figurer, entre autres, sur les rayons de « L'Arche du Livre », à Netanya, cette ville devenue, par la force des choses, le nouveau berceau de ma famille et ma terre de référence.

Mais certes, bien d'autres et de plus éminentes personnalités figurent dans ce livre : Raymond  Bénichou, la famille Aboulker, Henri et José, qui s'illustra glorieusement dans la préparation du débarquement des Alliés à Sidi-Ferruch en 1942, Henri Chemouilli qui fut le premier à souligner la "judéité" des Berbères mais qui s'étonne aujourd'hui de voir certains Kabyles revendiquer leur passé juif, voire leur âme hébraïque ?

Ajoutons ces autres Cherqui, Aïzer (zal) et Hayem Cherqui, qui furent aux commandes du judaïsme militant à Alger, sans oublier Martin Zenouda (zal), dont le fils Julien, à Netanya, saura dans son prolongement jouer un rôle majeur dans la constitution de l'UNIFAN.

Et Jacques Lazarus, qui fut l'une des voix les plus autorisées du judaïsme algérien dans les deux décennies précédant l'Indépendance, représentant en Algérie du Congrès Juif Mondial et fondateur du journal "Information Juive" (dont je m'honore d'être l'un des plus anciens collaborateurs).

Et puis, bien sûr, la haute figure d'André Chouraqui, qui a su, mieux que quiconque, tracer la "Saga des Juifs d'Afrique du Nord". Et nos rabbins et grands-rabbins, dont Maurice Eisenbeth, qui joua un rôle décisif au temps de la peste brune, ou Léon Askénazi "Manitou", si cher au c'ur de tous les Juifs d'Algérie, par son action spirituelle et ses constants messages de réconfort.

Il cite même, parmi le corps expéditionnaire qui libéra la Corse en 1943, le jeune capitaine Jaïs, également de Médéa, frère du grand-rabbin ; Moïse Jaïs (zal) a fini sa carrière comme général à Rennes, où il est décédé cette année, avec tous les honneurs militaires.

En refermant les pages de ce livre, il nous reste, comme chez l'auteur, la profonde nostalgie d'un passé révolu, Ya h'asra !

"Pour la plupart d'entre nous, écrit finalement Sidney Saadia, dans le secret de notre coeur, quelle nostalgie! Malgré notre aliya, notre intégration en France ou ailleurs, nous, Juifs d'Algérie, Juifs berbères en majorité, nés dans ce Maghreb central où certaines de nos communautés étaient implantées depuis deux millénaires, avons conservé des attaches affectives avec notre patrimoine judéo-maghrébin".

Mais le retour, même en touriste, est-il possible ? est-il même souhaitable ? L'ouvrage de Sidney Saadia Chouraqui doit être lu et médité par tous : il renferme notre histoire judéo-algérienne en ses diverses péripéties, et ce parcours qui fait s'épanouir ou mûrir les raisins à Jérusalem cette belle promesse de l'ardente jeunesse juive du narrateur.

Avec au-delà des mots la voix chaleureuse et émouvante d'un homme qui a traversé le temps et a su garder toute la fraîcheur de son âme pure, ce qu'en hébreu biblique on appelle un Ish Tam.

Hazak ou Barouh', Sidney !

Albert Bensoussan

 

MORIAL - Association loi de 1901 - Le nom MORIAL est déposé à l'INPI © 2011 Tous droits réservés
Site réalisé Avec joomla Conception graphique et développement : Eric WEINSTEIN