logo_transparent1.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

INVITATION - SALON LITTERAIRE,

Samedi 3 Mars 2018 de 15h 00 à 18h 00, la Direction du plus ancien Café Littéraire de Paris, Le Procope et le Groupement des Ecrivains Médecins (G.E.M.) sont heureux de vous convier au Salon du Livre où seront présentés et dédicacés : romans, récits d’aventures vécues, essais, nouvelles, poèmes et autres genres…

Le PROCOPE, café littéraire, chargé d’histoire, fondé en 1686, fréquenté entre autres par La Fontaine, Molière, Voltaire, Rousseau et le lieutenant Bonaparte qui laissa son chapeau bicorne en gage.

⇒ Cliquer sur l'image pour l'agrandir

"Tous les genres sont bons, hors le genre ennuyeux" François-Marie Arouet dit Voltaire

Seront présents pour dédicacer leurs ouvrages :

Les Docteurs : – Dominique Berthelot – Marc Bouriche – Jean-Pierre Brunet - René Bokobza – Pierre-Louis Choukroun - Sharon Desligneres – Vera Kitova - Olivier Kourilsky - Bernard Leblanc - Philippe Le Douarec – Francis Louis – François Naudy– Didier Nebot - Claude-Alain Planchon – Suzanne Rafle - Maurice Soustiel - Paul Zeitoun.
 

Extrait du roman historique "Les bûchers d’Isabelle la Catholique" de Didier Nebot  (Page 558) 

Le lendemain matin, au moment du petit déjeuner, il feuilleta un très vieux bouquin, tout écorné, «Le guide des égarés» de Maïmonide, le seul livre en français qu’il venait de trouver dans la bibliothèque de l’hôtel. Son grand-père, médecin, le lui avait offert alors qu’il était enfant, mais Élie ne l’avait jamais lu, même s’il connaissait dans les grandes lignes la vie de ce grand humaniste.

Le livre débutait par une préface d’Edmond Fleg, résumant la vie de ce grand homme, basée sur le respect de l’autre :

«Maïmonide naquit en Espagne à Cordoue où il reçut l’enseignement des meilleurs maîtres arabes, à une époque, dans ce siècle des lumières, où la tolérance guidait le pas des hommes. Mais les Almohades prirent le pouvoir dans cette région du monde obligeant les juifs à la conversion ou la mort».

Comme Daesh à l’idéologie si pernicieuse et mortifère, se dit Élie, tout en poursuivant la lecture:

«Maïmonide n’eut d’autre choix que celui de se convertir pour éviter de subir le sort de tant de communautés juives de l’époque qui furent pour la plupart d’entre elles, surtout au Maroc, massacrées. Mais démasqué, il ne trouva son salut qu’en fuyant en Égypte, aidé par des poètes et théologiens arabes, qui prirent des risques insensés pour le sauver. Là enfin il put officiellement retrouver son judaïsme.

Il reçut une formation très complète tant en médecine, qu’en philosophie. Comme tous les grands esprits de cette époque il s’intéressa au grand Aristote. Il approfondit ses connaissances médicales, lut Hippocrate et Gallien. Il se retrouva aussi en Terre Sainte vers 1165, même si les Juifs n’avaient pas le droit d’y séjourner. Il y soigna bon nombre de croisés et sans doute Richard Cœur de Lion, alors maître de Jérusalem.»

Élie referma le livre, plein de doute. Il se souvint avec nostalgie de l’histoire que son grand-père racontait souvent en famille. Alors qu’il devait prêter serment à la fin de ses études, il avait demandé au doyen de la faculté de médecine de le faire, non pas sur le serment d’Hypocrate, comme c’en était l’usage, mais sur celui de Maimonide, dont d’ailleurs la statue trônait en bonne place à la faculté de médecine de la rue des Saints-Pères à Paris. Cette demande, pas si sau - grenue que ça, avait été acceptée par ses pairs.

D’ailleurs d’autres étudiants ayant fait la même demande avaient aussi obtenu satisfaction.

Élie rouvrit le guide des égarés à la recherche, peut-être, du serment de Maïmonide. Il le trouva presqu’à la fin du livre :

«Ô Dieu, remplis mon âme d’amour pour l’art et pour toutes les créatures. N’admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m’influencent dans l’exercice de mon art, car les ennemis de la vérité et de l’amour des hommes pourraient facilement m’abuser et m’éloigner du noble devoir de faire du bien à tes enfants. Soutiens la force de mon cœur pour qu’il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l’ami et l’ennemi, le bon et le mauvais. Fais que je ne vois que l’homme dans celui qui souffre.

Que mon esprit reste clair près du lit du malade, qu’il ne soit distrait par aucune pensée étrangère, afin qu’il ait présent tout ce que l’expérience et la science lui ont enseigné ; car grandes et sublimes sont les recherches scientifiques, qui ont pour but de conserver la santé et la vie de toutes les créatures. Fais que mes malades aient confiance en moi et mon art, qu’ils suivent mes conseils et mes prescriptions.

Éloigne de leur lit les charlatans, l’armée des parents aux mille conseils et les gardes qui savent toujours tout, car c’est une engeance dangereuse qui, par vanité, fait échouer les meilleures intentions de l’art et conduit souvent les créatures à la mort. Si les ignorants me blâ - ment et me raillent, fais que l’amour de mon art, comme une cuirasse, me rende invulnérable, pour que je puisse persévérer dans le vrai, sans égard au prestige, au renom et à l’âge de mes ennemis.

Prête-moi, mon Dieu, l’indulgence et la patience auprès des malades entêtés et grossiers. Fais que je sois modéré en tout, mais insatiable dans mon amour de la science. Éloigne de moi l’idée que je peux tout. Donne-moi la force, la volonté et l’occasion d’élargir de plus en plus mes connaissances. Je peux aujourd’hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car l’art est grand, mais l’esprit de l’homme pénètre tou - jours plus avant».

Élie était perplexe, ce texte était si beau! Pourquoi dans ce monde devenu si obscur ou seul l’argent, les honneurs et la vanité comptent, pourquoi s’éloigne-on des vraies valeurs d’honneur et de pureté. Ce grand penseur, médecin des pauvres et des riches, des juifs et des Arabes, avait été une référence dans beaucoup du pays jusqu’au milieu du siècle dernier. Malheureusement aujourd’hui, dans ce vingt et unième siècle, à l’heure de l’internet facile, où la connaissance n’est que superficielle et factice, où les extré- mistes et les violents adeptes bien souvent de lois obscures, imposent leurs idées malhonnêtes et perverses à des esprits faibles et fragiles, peu de gens connaissent l’œuvre de ce grand homme. La connaissance et la sagesse ne semblent plus être des valeurs à la mode. On préfère la guerre et l’intolérance plutôt que la main tendue de l’autre.

Était-ce le hasard qui lui avait permis de trouver ce livre ici comme pour lui montrer le chemin de sa future vie. Comme un autre étrange hasard quelques jours plus tôt où il avait vu, au kibboutz Dan, une émission sur une chaîne française, consacrée au nouveau livre de Jean d’Ormesson intitulé, lui aussi, Le guide des égarés. Cet auteur français, si fin, si intelligent et si humble était le seul à pouvoir s’approprier ce titre qui jusque-là ne pouvait caractériser que Maïmonide. Homme de lumière et si plein de sagesse, Jean d’Ormesson rendait d’ailleurs hommage au début de son livre à ce grand penseur juif du XIIe siècle.

Informations pratiques

Le Procope
13 rue de l'Ancienne Comédie – Paris 75006
http://www.procope.com/

Entrée Gratuite

Pour en savoir plus

http://www.morial.fr/index.php/18-actualites/1343-les-buchers-d-isabelle-la-catholique-de-didier-nebot

 
 
 

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

MORIAL - Association loi de 1901 - Le nom MORIAL est déposé à l'INPI © 2011 Tous droits réservés
Site réalisé Avec joomla Conception graphique et développement : Eric WEINSTEIN