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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

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L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

Constantine, les gorges du Rhummel et le pont suspenduLes arbres se dandinent à Constantine. Fièrement ils présentent leurs bourgeons. Certains, impatients, éclatent en fleurs. Le lendemain c’est la cohue. Des pétales, s’exhale une petite odeur sucrée, qui se plait à inonder.

C’est elle qui charme, le petit vent, déambulant de ponts en en rues, et de terrasses en balcons. D’ailleurs, l’air doucereux enrobant la ville rocher, ce matin là, saoule de trop d’aromes.

C’est la fête. Elle crie sa joie à chacun. Au petit vent elle glisse cérémonieusement, en plein milieu de la rue Anatole France, malicieuse et en aparté : -aujourd’hui c’est le printemps-. L’interloqué, c’est le petit vent ! Il n’en croit pas ses yeux.

 

C’est le printemps, annonce t-il, soufflant à droite et soufflant à gauche. Le printemps est là, dit-il en haut, c’est le printemps, chuchote-t-il en bas. Après avoir fini son grand tour, il se frotte joyeux les mains. C’est qu’il va commencer sa petite ballade préférée. Du pont suspendu il vire à droite, puis tout droit, puis descend silencieux. Ses amis sont là. Ils commentent, assis, devant eux des gros livres. Barbes noires, barbes blanches, grands chapeaux, voilà ce que voit, le petit vent. Sagesses et prières, voilà ce qu’il entend le polisson. Depuis qu’il les a surpris faire une prière à la Lune, à la Pluie et au Vent, il les aime énormément, ces sages de Constantine. Cette fois, s’assurant que sa kippa de nuage blanc, est bien ajustée, à cloche pied, il murmure à chacun : ‘Pessah bâ, Pessah bâ, Pâques arrive, pâques arrive.’

Pâques arrive, disent les Mamies à leurs filles. Pâques arrive disent les Mamans à leurs filles. Pâques arrive disent les Papis, et les Papas, et les fistons…

Dans la petite cour intérieure, branle-bas de combat. L’eau savonneuse dégoulinant du premier étage, mouille les escaliers et se termine en large flaque d’eau au rez-de-chaussée. On ne sait plus où marcher. Tout est encombré ! Le seul endroit de libre est la maison ! Dans la maison, on honore, on respecte, on gratifie et on vénère Pessah. C’est qu’il va arriver bientôt, cette éminence. Par contre, il est d’un tatillon… C’est ce qu’ont bien précisé à Salima, venue aider, Salomon et Rivka. Une semaine déjà que Salima, frotte et frotte, pour ôter les miettes de pain, toutes les miettes, même celles que l’on ne voit pas. Elle a mal de partout. Les épaules, les poignets, et les doigts, demandent grâce, toute la batterie de cuisine, toutes les assiettes, cuillers fourchettes et couteaux, brillent. Puis avec les fenêtres et des portes, ce sont les genoux et le dos qui se plaignent. Quand vient le tour du sol, Salima est plus qu’éreintée… Une semaine qu’elle froootte, une semaine qu’elle briiiille, une semaine qu’elle écuuuure, une semaine qu’elle graaatte, une semaine qu’elle aastiiique…. Une semaine qu’elle frictionnne… Une semaine qu’elle bouuuchonne… Tout est nickel… Tout est impec… Tout reluit… Tout étincelle… Tout irradie….

Il n’y a pas plus heureuse que Salima sur terre quand elle déguste son thé à la menthe, ce soir là…

Le lendemain, dés qu’elle arrive, dans la cour intérieure, dans un grand chaudron, bout de l’eau. A l’intérieur elle aperçoit des pierres. Curieuse, elle s’étonne ?

- Pourquoi y a t il des pierres dans la cuve ?

- C’est Pessah qui oblige !

Pessah ! Encore Pessah, pense Salima apeurée. Il est terrible ce Pessah, pense Salima ahurie… Trois fois elle a dû frotter chaque fenêtre, cinq fois chaque assiette, dix fois chaque fourchette, et les vitres et les carreaux et encore les vitres, et encore le sol, et chaque jour encore une fois, c’est que Pessah est perfectionniste, lui dit-on…. Ce mot savant lui fait peur. Il la satisfait par contre, quand on lui dit qu’elle a bien fait. Voilà à quoi elle pense sirotant son thé à la menthe, ce matin là. Et puis, arrive ce qu’elle n’a jamais pu imaginer. Dans le chaudron, où l’eau bouillonne il faut tremper toute la cuisine pour la cachériser ! Et qui a demandé cela ? Encore lui, encore Pessah évidemment. Et voilà elle, descend les fourchettes, les donne à Salomon, qui les trempe et vite les ressort. Ce n’est qu’alors qu’elle les remonte, et les place dans le placard… de Pessah, évidemment. Toute la journée, elle descend, remonte et place. Quand tout est fini, Salomon et Rivka ont en mains un balai. Salima aussi. Chacun balaie ! Les trois chambres sont balayées, plusieurs fois. L’ordre de Pessah est strict ! Expulser, la moindre miette de pain, de l’habitation…. Il est déjà trois heures de l’après midi, assise sur sa marche préférée, Salima savoure son thé. Le propre de la maison la rassure. Soudain, elle voit dans la cour, Rivka, mettre dans un petit cornet de papier, quelques miettes de pain. Quatre cornets sont ainsi préparés. Puis, ce qui hypnotise Salima, est que Monsieur Salomon, les entre dans la maison, et les éparpille dans chaque pièce. Ses yeux demandent explication ! Rivka lui dit en souriant, c’est Pessah qui veut !

Une fois éparpillés, Salomon est ravi. Il regarde Salima, et lui dit très gentiment :

- Salima, tu sais quoi ?

- Non disent ses yeux ingénus.

- Pessah vient ici dans trois heures.

- Quoi, disent ses yeux effrayés…Non, disent ses épaules fatiguées…

De grâce disent ses reins douloureux…

De toute la force qui lui restait, Salima court, et court, elle l’a échappé belle, elle a évité Pessah.

 

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