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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

e-mail : morechet@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

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LA DÉPORTATION DES JUIFS NATIFS D’ALGÉRIE

L’historien Jean Laloum, chercheur au GSRL (EPHE– CNRS), a publié dans le N° 25 de décembre 2016 du Journal des Tournelles, la revue de la communauté constantinoise de la capitale, une étude détaillée des persécutions et déportations des Juifs natifs d’Algérie présents en métropole dans les années noires (1942 – 1944).

Ce numéro comporte uniquement la liste des déportés juifs natifs de Constantine.

Pour lire l'étude compléte, cliquez sur le visuel  

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Témoignage de Gabriel Bénichou : un survivant de la Shoah

Né à Tlemcen (Algérie) le 15/12/1926, Gabriel Bénichou est issu d'une famille juive française. Il est exclu de l’école à cause des lois anti-juives de Vichy de 1940 et 1941 qui restreignent l’accès à l’enseignement scolaire aux juifs en Algérie.

Sa sœur qui vivait à Marseille a obtenu son acceptation au lycée Saint Charles. Il y passe les années scolaires 1941-1942 et 1942-1943.

Gabriel Bénichou est déporté à Auschwitz-Birkenau le 18/07/1943 par le Convoi n°57 

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Juifs et musulmans à travers l’histoire : conférences de Joëlle Allouche Benayoun

Ce cycle de cours de 5 séances de 2h aura lieu les mardi à 18:30, du 28 février au 28 mars à l'Association ACTI au 23 bis rue Dufrénoy 75016 Paris..

Joëlle Allouche Benayoun, docteur en psychologie sociale, Maître de conférences. Université Paris XII, analyse les relations entre la minorité juive et la majorité musulmane à partir de l’exemple de l’Algérie, avant et après la conquête française (1830).

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27 janvier : libération du camp d’Auschwitz-Birkenau

Vue contemporaine du site d’Auschwitz-Birkenau © Mémorial de la Shoah

La résolution 60/7 adoptée le 1/11/2005 par l’Assemblée générale des Nations Unies, a décidé que le 27 janvier serait la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste.

Cette date est symbolique : c’est celle de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau par l'Armée rouge, le 27 janvier 1945.

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22 janvier 1898 : violentes manifestations antisémites dans toute l’Algérie française

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Le 13 janvier 1898, Emile Zola qui voulait protester contre la condamnation du capitaine Dreyfus, victime de l'antisémitisme, publie dans le journal l’Aurore, son appel "J'Accuse" sous la forme d'une lettre ouverte au président de la République Française, Félix Faure.

 

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Les Troubles d'Alger : "LE MONDE ILLUSTRE" de janvier 1898

photo © mahJ (H. 28,6 - L. 28,7 cm)

Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) présente dans ses collections, ce journal illustré qui est  paru le 5 février 1898.  Imprimé en noir et blanc, il est  composé de 20 pages numérotées de 102 à 120.

L'article qui se trouve en pages 104 à 106, se rapporte aux "troubles d'Alger" c'est à dire aux émeutes antisémites.

Il a été rédigé par le correspondant et photographe du journal à Alger, Leroux.

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Toute l'histoire du peuple Juif en une seule page

Visitez le site intégral avec ses liens http://www.odyeda.com/fr/

(Veuillez cliquer sur l'image pour l'agrandir, et sur la petite croix apparue en bas à gauche pour revenir au format initial) 

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SOMMAIRE

L’AFRIQUE DU NORD JUDEO-BERBERE JUSQU’A L’EPOQUE BYZANTINE

 

1) LIBYENS, GETULES (Préhistoire et haute Antiquité (-1000, -500) : Aucun Hébreux en Afrique

 

      2) PHENICIENS de Tyr (XIe siècle av. J.-C.) : Nombreux comptoirs en Méditerranée, surtout du côté de la Tunisie actuelle.

      3) CARTHAGE (VIIIe siècle  av J.-C.)

721av. J.-C. destruction d’Israël par les Assyriens, dispersions des 10 Tribus, quelques fractions hébraïques parmi les Phéniciens en Afrique (tribus Naphtali, Dan, Zabulon, Asher).

4) DYNASTIE DES LAGIDES – GRECS – (310 av. J.-C.) : 100 000Juifssont déportés en Cyrenaïque (Libye)

   5) HEGEMONIE ROMAINE (146 av. J.-C.) : Chute de Carthage  - Importance des juifs cyrénatique sous influence grecque

   6) CYRENAIQUE DEVIENT ROMAINE (96 av. J.-C.) 

 Après la destruction du Temple de Jérusalem, arrivée des Juifs de Judée en Afrique (70 avant J.-C.).

Juifs paisibles, citadins, soumis à Rome.

 

An 115, révolte des juifs de cyrénaïque. Féroce répression romaine (100 000morts)

 

Exil des tribus juives et libyennes vers steppes présahariennes – tribus guerrières, nomades.

 

LES  BERBERES COMMENCENT  A JUDAÏSER : Attaques des Pères de l’Eglise contre les Juifs (antijudaïsme,antisémitisme)

7) A la fin de l’Empire romain : Deux styles de population – Deux styles de judaïsmes très différents  

 

- Monde sédentaire sous influence romaine, chrétiens, juifs dans les villes (anciens de Judée), agriculture, citadin, pacifique

- Tribus nomades, hors des limes romains, païens, judéo berbères (anciens de cyrénaïque), troupeaux, nomades, guerriers, razzias.

Le "limes romain" représente la ligne frontière de l’Empire romain à son apogée au IIe siècle apr. J.-C. Le limes s’étendait sur 5 000 km depuis la côte atlantique au nord de la Grande-Bretagne, traversant l’Europe jusqu’à la mer Noire et, de là, jusqu’à la mer Rouge et l’Afrique du Nord, pour revenir à la côte atlantique.

 

8) VANDALES (Ve s.) : envahisseurs d’Europe : anarchie, état inexistant, plus d’agriculture organisée, migrations des tribus nomades vers le nord.

Influence juive grandissante : Berbères judaïsent de façon plus importante. Influence du christianisme en diminution.

 

9) BYZANTINS (VIIe s.) : Territoire contrôlé plus petit que celui de Rome. Autorité surtout autour de Carthage. Grande effervescence dans la région : tribus berbères libres et indépendantes.

 

BRIMADE DE BYZANCE CONTRE LES JUIFS CITADINS QUI REJOIGNENT A  L’INTERIEUR DES TERRES LES TRIBUS JUDEO-BERBERES

 

 

JUDAÎSME CITADIN                                      JUDAÎSME BERBERE

                          (EFFONDREMENT)            à                          (RENFORCEMENT)

                                       +                                                                       +++

 

                           JUIFS DU TALMUD                                  MONOTHEISME PRIMITIF    

 

 L’AFRIQUE DU NORD JUDEO-BERBERE AU TEMPS DES ARABES

 

1) TRIBUS JUDEO BERBERES A L’ARRIVEE DES ARABES (VIIe s.)

 

● NEFOUSSA         EN IFRIKIA

● DJERAOUA         DANS LES AURES

● MEDIOUNA         DANS LE MAGHREB EL ACSA

● FENDELOULA          «                          « 

● BELHOULA              «                          « 

● RHIATA                    «                          « 

● FAZAS                     «                          « 

 

2) PREMIERES GUERRES CONTRE LES ARABES (en 3 temps au VIIe s.)

 

- Défaites des tribus sédentaires berbères plus ou moins chrétiennes et alliées aux Grecs.

- Défaites des tribus judéo berbères des Aurès : Kahéna Djéraoua, battue par Hassan.

 

3) DEFAITES DES TRIBUS JUDEOS BERBERES DU MAGHREB EL ACSA (VIIe s). CONTRE MEDIOUNA, FENDELOU ALHOUA, RHIATA, FAZAS SONT BATTUS.

 

Morcellement des tribus juives, conversion partielle à l’Islam.

Fin du judaïsme en tant qu’entité guerrière et politique dominante.

 

4) SOUS LES FATIMIDES ET ZIRIDES

Transformation du judaïsme,

Fin du judaïsme guerrier, les juifs deviennent passifs et soumis.

Développement du commerce et des études religieuses.

Ecoles rabbiniques de Fez et Kairouan.

 

CHARTE D’OMAR : LOIS DISCRIMINATOIRES A L’ENCONTRE DES DHIMMIS (protégés de l’Islam).

 

5) Sous les Almohades (XIIe s.) : fin du judaïsme berbère.

 

- Tribus du Maghreb el Acsa : extermination et conversion en masse à l’Islam.

- Tribus de l’Ifrika : moins touchées.

Il reste quelques minuscules enclaves de juifs berbères.

 

 1391 et 1492 : ARRIVEE DES JUIFS ESPAGNOLS EN AFRIQUE DU NORD.

 

● Juifs berbères s’intègrent aux « juifs espagnols qui les phagocytèrent ;

● Quelques îlots juifs berbères résiduels dans le sud ;

● Les autres tribus judéo-berbères sont devenues musulmanes ;

● Règne de la discrimination et de l’humiliation.

 

 L’ETAT FRANÇAIS OCCUPE LE MAGHREB A PARTIR DE 1830 :

 

●Les Juifs se libèrent de l’Emprise musulmane ;

●Fin des humiliations et des lois discriminatoires

●Les Juifs deviennent  Français.

 

DANS LES ANNEES 1960 LES JUIFS QUITTENT EN MASSE LES PAYS DU MAGHREB.

 

Histoire de l'Algérie dans l'Antiquité

                           Maquette d’une birème phénicienne

Les premiers habitants d’Afrique du Nord furent d’abord les Libyens et les Gétules, Ils furent les véritables ancêtres de ceux que l’on a appela ensuite Berbères, nom dérivé du latin Barbare, qui pour les Romains désignait l’étranger, le rustre, le sauvage.

L'antique théâtre romain de Guelma Yellès Arif

Dés la fin du XIIe siècle avant notre ère, les premiers comptoirs commerciaux phéniciens s’installent le long du littoral méditerranéen ; fondation d’Utique, Carthage, Cherchell, Ikosim (le premier nom d’Alger), Bône (Annaba) et Philippeville (Skikda).

Ainsi, l’histoire du Maghreb central commence à l’arrivée des phéniciens dont la civilisation s’inscrit la première dans les villes et laissa des traces écrites. L’intérieur du territoire algérien ne fut pas colonisé.

 

Il y eu aussi l’établissement de ceux de : Philippeville (Skikda), Djidjelli (Jijel), Bougie (Béjaîa), Tipaza,Ténés et Arzew (Bethioua).

 

"Tipasa , ville antique de Maurétanie" : Presse de l'Imprimerie Officielle d'Alger (1952)"Tipasa , ville antique de Maurétanie" – Imprimerie Officielle d'Alger (1952)

Quant à la présence des populations juives, elle est attestée dès la haute antiquité (phénicienne, punique puis romaine), par des sources historiographiques comme les épitaphes (inscriptions funéraires) ou les épigrammes (inscriptions gravées sur  un monument pour perpétuer le souvenir d’un événement).

Il est certain que le monde judéo-berbère occupe une place importante dans la société en Afrique du Nord romaine.

 
 
 

Avant l'Islam : des rives puniques au monde judéo-berbère (13e siècle avant J.-C. / 7e siécle)

                   L'Arc de triomphe de Titus, à Rome

En l’an 70 de notre ère, suite à la prise de Jérusalem par l’empereur romain Titus et la destruction du second Temple, de nombreux réfugiés juifs affluent en Afrique du nord, surtout en Cyrénaïque (pays situé à l’ouest de l’Egypte).

Les bas-reliefs de l’arc de triomphe bâti à Rome, en souvenir du triomphe de Titus, relatent le pillage des trésors du Temple. de Jérusalem emmenés en exil par l'armée romaine, en particulier le chandelier sacré à sept branches, la Ménorah.

 

Tombeau de Juba II et de son épouse Cléopâtre près de Tipaza

Au IIe siècle, on constate une expansion du christianisme en Afrique romaine ; les Kabyles et les Berbères sont alors majoritairement juifs et latinisés ; Tertullien, berbère latinisé converti au christianisme dénonce les cultes païens et le prosélytisme des juifs parmi les populations berbères ; la communauté juive de Carthage est la plus importante d’Afrique du nord ; des juifs réfugiés de Cyrénaïque s’installent dans le Touat (Sahara, 118-130).

Il se distinguealors, deux complémentarités : des Berbères se judaïsent et des Juifs se berbérisent», leur conjonction explique en partie la structure du judaïsme algérien, qui va résister aux persécutions des divers envahisseurs.

 

Ce lien entre les juifs et les berbères est incarné dans les mémoires par la figure légendaire d’une reine guerrière de la tribu des Djeraoua, la Kahena qui anima la résistance à l’invasion musulmane.

La conquête musulmane rencontre une résistance au Maghreb. Dans la mémoire collective, le lien entre les juifs et les Berbères est incarné par la légendaire figure de la "Reine juive" Dihya el-Kahina, de la tribu des Djeraoua, qui se rebelle contre le djihad, comme le décrira Ibn Khaldoun, un chroniqueur musulman, au XIVe siècle.

De 670 à 708 : conquête de l’Ifriqiya (Maghreb oriental) par la dynastie omeyyade ; Kahena, reine judéo-berbère, prend la tête des tribus des Aurès pour résister à l’invasion ; selon la tradition, cette reine guerrière sera victorieuse à deux reprises et règnera cinq ans sur l’Ifriqiya.
 

Dans son roman historique "Kahéna, reine d'Ifrikia" Didier Nebot reconstitue avec une force d'évocation rare la vie et les coutumes des tribus berbères au VIIe siècle. S'il s'attache à la figure exceptionnelle de la Kahéna, c'est aussi pour mieux relater cet épisode de la conquête arabe qui marqua un tournant décisif dans la destinée des pays du Maghreb. 

 

Conquête de l’Afrique du Nord au VIIIe siècle par les tribus musulmanes

                       Alger au XVIem siècle

Ikosim (l'île aux mouettes), comptoir Phénicien au XIIe siècle avant J.-C., devient Icosium, sous l'occupation romaine. Au Ve siècle, la ville est dévastée par les Vandales. Au VIIe siècle, elle est occupée par des tribus nomades venant d'Arabie. 

En 944, sur les ruines de l'ancienne cité, le prince berbère Bologhin fonde Alger (El- Djazaïr).

Le contrat de dhimma exige l'allégeance du non-musulman au musulman.

Après la conquête de l’Afrique du Nord au VIIIe siècle par les tribus musulmanes venues de la péninsule arabique, la loi coranique soumet les juifs et les chrétiens à la dhimma, terme technique du droit musulman désignant le régime juridique des non musulmans.

Le concept de dhimma qui s’applique aux juifs et aux chrétiens stipule un comportement de soumission envers les musulmans. Les dhimmi doivent respecter toute une série d’interdictions.

Du Proche-Orient à la péninsule ibérique, la circulation des hommes, des biens et des savoirs au sein du monde musulman favorise l’épanouissement de la littérature et de la tradition rabbiniques ainsi que la participation des juifs aux échanges commerciaux transsahariens et méditerranéens. 

Les Almoravides, dynastie nomade, envahissent en 1086 le Maroc, les provinces entourant Alger puis l’Andalousie. Les Almohades reprennent "Al-Djazaïr" en 1151 aux Almoravides, ainsi que tout le Maghreb.

En 1146, les juifs de Tlemcen, Marrakech et Fez sont massacrés. Ainsi que ceux des communautés du Maghreb central (Algérie) et oriental (Tunisie et Tripolitaine). À la suite d’un pogrom en Espagne en 1391, des Juifs arrivent à Alger pour fuir les persécutions.

À partir du XIe siècle, les élans refondateurs des tribus berbères musulmanes cherchant à s’opposer à la Reconquista (reconquête des royaumes musulmans par les souverains chrétiens) en Espagne suscitent des attaques meurtrières sur les communautés juives et chrétiennes maghrébines qui se replient sur elles-mêmes et s’étiolent.

Le décret de l’Alhambra met fin à 1500 ans de vie juive en Espagne

Le 20 mars 1492, Torquemada, chef inquisiteur de toute l’Espagne présente à Ferdinand et Isabelle son projet d’expulsion des Juifs d’Espagne. Les Juifs d’Espagne ont le choix entre la conversion et l’exil Le décret d’Alhambra met fin à 1500 ans de vie juive en Espagne

Jusqu’à début août, environ 185 000 Juifs choisiront la route de l’Exil, dont près de la moitié iront dans l’empire ottoman, 20 000 mourront en chemin, 50 000 se convertiront

Déclenchées par les persécutions chrétiennes de Séville, de Catalogne et de Majorque (1391), puis par les expulsions d’Espagne (1492) et du Portugal (1497), les vagues d’immigration séfarade bouleversent la géographie de la diaspora juive.

La majeure partie des réfugiés gagne le Maghreb et s’installe dans les régions de Fès, Tétouan et Tlemcen, et le long du littoral méditerranéen (Oran, Alger et Tunis).

Les exilés intègrent les communautés existantes. S’ils préservent leurs coutumes, ils adoptent rapidement les langues locales. Des rabbins séfarades (Isaac ben Sheshet

Barfat, Simon ben Tsemah Duran, Efrayim Encaoua), deviennent les rénovateurs et les guides spirituels du judaïsme maghrébin alors sur le déclin. 

 

Entre chrétiens et musulmans : être juif dans l’espace algérien du XVIe au XVIIIe siècle

                 La prise d'Oran par Pédro Navarro - (lithographie)

Après la Reconquista les Espagnols interviennent en Afrique du Nord pour éviter de nouvelles invasions musulmanes. De 1505 à 1791, ils occupent les ports de Mers el-Kebir et Oran. Bien qu’ils aient chassé les juifs d’Espagne, ils les tolèrent à Oran jusqu’en 1669.

Dans cette région, la survivance de la langue judéo espagnole caractérisera la société juive jusqu’au XXe siècle.

Dès 1518, l’Empire ottoman domine l’espace des Régences d’Alger et de Tunis tout en leur accordant une grande autonomie. Bien que menacées à tout moment d’être l’objet de la fureur populaire, les communautés juives sont attachées au régime ottoman et redoutent les ambitions espagnoles.

Agents importants de l’activité commerciale entre les villes de la Méditerranée occidentale (Alger, Oran, Tunis, Livourne et Marseille), les juifs maghrébins sont aussi des intermédiaires précieux pour les Européens (comme dans les négociations pour le rachat des chrétiens capturés en mer).

Des liens étroits sont maintenus entre les communautés juives du Maghreb et Jérusalem. Qu’ils y viennent en pèlerins ou pour y finir leurs jours, les maghrébins ont leur propre quartier dans la Ville sainte.

Les émissaires de la Terre sainte visitent régulièrement les communautés maghrébines. Grâce à eux, la connaissance de la Kabbale se répandra dans les communautés les plus reculées.

Haman, Premier ministre du roi perse Assuérus (Xerxès), avait décidé d’exterminer tous les Juifs de Perse le 13 du mois d’Adar. Mais grâce à l’intervention d’Esther, auprès du roi, le complot est déjoué et se retourne contre Haman et les siens. Ce sauvetage miraculeux est fêté tous les ans. La fête de Pourim est une fête joyeuse et populaire.

Le "Pourim d'Alger"

Expédition d'Alger en 1541

En 1541, Charles-Quint se présente devant Alger avec une flotte impressionnante, décidé à prendre pied dans cette terre d’Afrique pour y chasser les Turcs. Il mouille dans le port d’Alger qui n’est pas habilité à recevoir de tels bateaux.

C’est l’angoisse et la peur panique parmi les juifs d’Alger. Ils craignent pour leur sécurité et leur survie. Les synagogues ne désemplissent pas. On n’oublie pas que cinquante années plus tôt les juifs furent chassés sans aucun ménagement d’Espagne par Isabelle la Catholique. La situation semble désespérée.

C’est alors que se produit un "miracle". Une tempête d’une violence inouïe survient, détruisant plus de 150 navires espagnols. Les rescapés de cette armée, se réfugient à Bougie, avec le reste de la flotte, subissant le froid et la faim, avant de rejoindre l’Espagne

Depuis cette époque, on commémore tous les ans, le 4 HECHVAN, ce sauvetage miraculeux, qui fut appelé le "Pourim d’Alger".

Ce que ne savait pas Charles Quint c’est que la baie d’Alger était parsemée de petits rochers à fleur d’eau, invisibles à l’oeil nu, qui se trouvaient à l’entrée du chenal. Ce fut le piège "divin".

Ce qui était un avantage pour les corsaires d’Alger de l’époque qui pratiquait la Course fut, au contraire, un obstacle de taille pour une flotte de l’importance de celle des espagnols.

Fort de cette mauvaise expérience qui se renouvela au XVIII ème siècle, la France préféra débarquer à Sidi Ferruch, en 1830, au lieu d’Alger, de même que les Américains lors de la libération.

Pour en savoir plus :
http://www.terredisrael.com/infos/pourim-dalger-cette-annee-1ere-novembre-2011-4-hechvan-5772/

L'affaire Bakri-Busnach : Les démêlées de deux négociants juifs avec l’administration Française

L'orageuse séance du « coup de l’éventail »La séance du coup de l'éventail

Seconde moitié du XVIIe siècle : Les juifs francs (francos) s’installent dans les comptoirs des Livournais (Alger, Bône, Oran) et sont, en tant qu’étrangers, placés sous la protection des consuls de France.

Les juifs d’Oran sont expulsés de la ville en 1666 ; ils n’y reviendront pas avant 1792. 1708 : Oran passe sous tutelle ottomane jusqu’en 1732.

1798 : Pour les besoins de l'expédition du général Bonaparte en Égypte, le gouvernement du Directoire achète du blé à la Régence d'Alger, financé par un emprunt de la France auprès des familles juives d’Alger, Bacri et Busnach ; celles-ci demandent une garantie du dey qui gouverne la ville.

 

Le soufflet donné le 30 avril 1827 par Hussein, le Dey d’Alger, au consul de France, Pierre Deval, sert de prétexte à Charles X pour débarquer ses troupes à l'ouest d'Alger le 14 juin 1830 après un blocus de 3 ans. 

1805 : Massacre de la population juive à Alger en marge de la révolution manquée contre le dey Mustapha d’Alger ; le chef de la Nation juive d'Alger, Nephtali Busnach est tué lors des émeutes.

1815 : Le grand rabbin d'Alger, Isaac Aboulker est décapité lors d'une émeute.

 

Les voies de l’émancipation (1830 - 1870)

                     Attaque d’Alger par mer, 3 juillet 1830, toile de Léon Morel-Fatio

Le 14 juin   1830, les Français débarquent à Sidi-Ferruch, presqu'île située à 30 kilomètres d'Alger. Ils s’emparent le 5 juillet de la ville.

Avec le début de la conquête française, les dirigeants du judaïsme français se préoccupent du sort des juifs d’Algérie. Ceux-ci, devaient déclarer les décès à la mairie depuis décembre 1830, les naissances depuis 1836. Mals le mariage civil ne deviendra obligatoire qu'avec le décret Crémieux en 1870 (voir texte à la fin de l'article).

Soutenu par quelques notables locaux, le Consistoire central des israélites de France entreprend de fonder des écoles pour les enfants juifs. 

Grande Synagogue d’Alger (rue Randon)

Les dirigeants français dépêchent des observateurs chargés d’effectuer un rapport sur l’état des communautés en vue de leur émancipation. Les deux membres de cette mission. Jacques Isaac Altaras (1786-1873), était un négociant, originaire d’Alep en Syrie, installé à Marseille de longue date. Joseph Cohen (1817-1899), était un avocat d’Aix-en-Provence. Au terme de leur mission Altaras et Cohen rédigent un rapport dont la conséquence est l’ordonnance du 9 novembre 1845 qui créait un consistoire israélite central à Alger, deux autres à Constantine et Oran.

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