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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

Devant le monument aux morts, pour le 100ème anniversaire de l’Armistice de la première guere mondiale, le Grand Rabbin de France et le Président des Consistoires vous convient à une cérémonie commémorative devant le monument aux morts.

Dimanche 11 novembre à 17h30h, 44, rue de la Victoire 75009 PARIS
Plusieurs temps forts sont au programme de cette commémoration :

• concert «Compositeurs juifs par delà les tranchées», conçu et arrangé par Rémy Yulzari, interprété par Alexandre Brussilovsky, Daniel Benzakoun, Rémy Yulzari,

    <===  Cliquer sur le visuel pour l'agrandir

Lecture : Genèse 25, 19 - 28, 9

LA GUEVOURA (la rigueur) EN TOUTES CHOSES par  Caroline Elishéva REBOUH

La plupart des exégètes sont intrigués par la particularité offerte par la personnalité d'Isaac Avinou par rapport à Abraham Avinou ou Yaâkov Avinou car, sur le plan des comparaisons, Isaac Avinou est véritablement un cas d'espèces : en effet, la Torah commence à nous entretenir d'Abraham dès la fin de la parashat Noah.

Mais, en tant que personnage juif, la Torah lui consacre pas moins de 3 péricopes : lekh lekha, vayéra et hayé Sarah.

Pour Itshak, il n'y a qu'une seule parasha alors que ce sont six sidroth qui seront consacrées à Yaâkov. 
Sur un autre registre, Isaac est le patriarche qui a vécu le plus longtemps (180 ans) tandis qu'Abraham a vécu 175 ans et Yaâkov 147 !

BÔNE: De l’Antiquité jusqu’à la fin de la période coloniale

Au tout début, vers -1200, c’est un comptoir phénicien. Les phéniciens ont choisi cet endroit pour deux raisons:

•       C’est un des mouillages les plus sûrs de la côte algérienne,

•       et juste derrière, une grande plaine fertile permettant de se ravitailler.

-       1200, c’est l’époque de la sortie d’Egypte; les phéniciens, ce sont des sémites, des cananéens venus du Liban actuel.

-       Que des juifs se soient joints à eux pour commercer en Méditerranée est loin d’être invraisemblable…Ces phéniciens n’étaient que les voisins des tribus d’Asher et Nephtali installés au Nord d’Israël.

1.           La période carthaginoise

•       Toujours est il que lorsque Carthage est créée vers - 800 et qu’elle étend son hégémonie sur les villes phéniciennes, Hippone devient une ville royale:  Hippo Régius; et on constate déjà une présence juive importante à Hippo Regius et sur toute la côte algérienne.

•       Vers -250, c’est l’époque des guerres puniques qui vont opposer Carthage à Rome. Hippone a choisi le camp des romains; elle ne retrouvera la paix qu’en -146, à la destruction de Carthage.

2.           La période romaine (-146; + 430)

La région d’Hippone devient la province la plus opulente de l’Empire romain. Elle ravitaille l’Empire en exportant des céréales, de l’huile, du vin,…

Après la destruction du 2ème Temple (+70) et la révolte de 135, la présence juive se développe sur la côte algérienne et si l’on examine les écrits chrétiens du 4ème siècle, ils attestent de l’importance de la communauté juive à Hippone. Une lettre d’un des docteurs de l’Eglise, Jérome de Stridon, affirme que les colonies juives forment une chaine ininterrompue, depuis la Mauritanie jusqu’en Egypte.

A la fin du 4ème siècle, un des personnages les plus éminents de l’Eglise romaine devient évêque d’Hippone : Augustin, Le Saint Augustin dont Michèle parlait il y a un moment.

Augustin, c’est un berbère né à Souk Arhas (354 - 430). Il acquiert à Carthage la formation des romains lettrés; Il se convertit au christianisme en 386 et devient l’évêque d’Hippone en 392. Il le restera jusqu’à sa mort en 430.

A cette époque, l’Eglise romaine est dans une phase de prosélitisme. (L’Eglise est depuis peu religion officielle de l’Empire romain) et Augustin aura avec la communauté juive d’Hippone de nombreuses conversations pendant près de 40 ans.

Or, cette communauté, elle est très nombreuse, et elle est animé  d’une réelle combativité .

Les juifs d’Hippone convertissent les gens venus du paganisme et même des paiens ayant fait un stage dans la foi chrétienne.

En fait, dans ses entretiens avec les juifs, Augustin est gêné. Il a en face de lui une religion élaborée (1500 ans d’existence, les Prophètes, la Thora depuis près de 1000 ans, la Mishna et la Guemara: Le Talmud de Babylone est terminé en 427).

Le Christianisme, lui, est travaillé par des schismes (arianisme: opposition au dogme trinitaire, le donatisme, les manichéens: refusent toute valeur à l’Ancien Testament,…au total toute sorte de sectes hérétiques).

Augustin va devoir positionner la doctrine de l’Eglise:

•       par rapport aux schismes,

•       et par rapport aux juifs.

Augustin désespère de convertir les juifs d’Hippone d’abord et donc bien entendu les juifs de la Diaspora. En attendant, il faut protéger les fidèles chrétiens contre l’attraction exercée en retour par le judaisme. Il fera un livre « Contre les Juifs » dans lequel il développera la doctrine chrétienne de l’Eglise : Notion du peuple témoin.

•       Pour Augustin: « La loi de Dieu, vous la portez partout comme preuve mais vous ne la comprenez pas. C’est le signe de votre abaissement. Et il faut que vous soyez dispersés car l’Eglise qui se trouve partout a besoin que vous soyez témoins des prophéties prédites sur le Christ »

Cathédrale de Strasbourg, de Metz, de Vienne, de Chartres.

Verus Israël :

•       « Les vrais juifs, c’est nous. L’Ancien Testament est la promesse, le Nouveau Testament est l’accomplissement.»

•       « Celui qui imite Abraham, c’est lui le fils d’Abraham tandis que celui qui s’est éloigné d’Abraham par l’esprit, n’est plus de la descendance d’Abraham. »

3.           La période Vandale puis la période byzantine

En 430, les vandales assiègent Hippone. C’est la fin de l’empire romain. Augustin meurt de faim pendant le siège.

La période vandale va être une période de tranquillité pour les juifs; elle dure un siècle . Elle est suivi pendant un siècle et demi d’une période byzantine.

Et puis, vers la fin du 7ème siècle, les troupes Ommeyades arrivent à Hippone et signent l’arrivée de l’Islam.

4.           La période arabe puis la période ottomane (7ème au 19ème siècle)

La ville antique est restaurée. elle est adaptée au mode de vie orientale et s’appelle maintenant « Bona », plus facile à prononcer que Hippone pour les musulmans.

A partir du 16ème siècle, c’est l’époque ottomane et la ville s’appellera « Medinet el Annab », la ville des jujubes ce qui donnera Annaba.

De cette époque ottomane, il reste à Bône un très bel exemple de l’architecture ottomane, la mosquée « Salah Bey » qui trônait dans  l’un des endroits les plus connus de Bône : "La Place d’Armes".

        5.   La période coloniale (1830 - 1962)

Avec l’arrivée de la France, la communauté juive va croitre très vite.

Au premier recensement, celui de 1843: 450 juifs; celui de 1850: 850;

celui de 1880 : 1200; et enfin en 1960, on trouve à Bône entre 3000 et 4000 juifs. Jusqu’à la fin du 19ème, ils sont tous concentrés dans la ville arabe où est située la synagogue. Et puis, dans la première moitié du 20ème siècle, ils immigreront dans les extensions européennes de la ville.

La population juive s’est accrue très vite par suite d’immigrations importantes de leurs corrélegionnaires. Ils viennent surtout de Tunisie, de Tripoli, d’Egypte. Ce qui le attirent c’est ce que la France apportent en Algérie: La sécurité et l’entrée dans la modernité…et effectivement, en moins d’un siècle en partant du décret Crémieux (l’espace de 3 générations), les juifs vont faire un saut de 1000 ans.

Bône : La 1ère bombe de 1914- 1918

 

6.           La communauté juive dans les années 50

A Bône, pour une petite communauté de 3 à 4000 personnes, l’équipe rabbinique était composée d’une demi douzaine de rabbins.

Il y avait bien sûr, différents niveaux: Apprentissage de la lecture, ta’am sgher, ta’am kber, niveau supérieur: la classe du Grand Rabbin Naouri)

Dans un premier temps, c’était l’étude de l’hébreux et de la lecture;

Puis on étudiait les textes lithurgiques; on les récitait par coeur et on les chantait ( Haggadah pour Pessah, les commandements pour Chavouot et tout cela non seulement en hébreux mais aussi en judeo arabe,….).

 

CHANTER

Mais tout cela, c’était au prix d’un emploi du temps d’enfer. Pendant la période scolaire, alors que le jeudi et le Dimanche étaient des jours de repos, nous, nous étions au Talmud Thora. Et pendant les grandes vacances, nous étions tous les jours au Talmud Thora. 

C’est dans cet état de tension que nous avons passé toute notre jeunesse :

"Assimiler la culture que la France dispensait sans y laisser son identité".

 

Rahamim Naouri

Il fait partie de ces quelques rabbins dont la réputation dépassa les limites de Bône. Ce qui s’imposait au premier abord, c’était son autorité naturelle, souriante. Le grand rabbin Naouri était par ailleurs, quelqu’un de très accessible et disponible.

C’est en 1938 qu’il remplace le grand rabbin Yaacov Chochana. Il restera Grand rabbin de Bône jusqu’en 1962 date de départ de toute la communauté.

Il a façonné toute une génération par ses qualités humaines, son érudition et son action.

Son érudition

C’était un pédagogue et un formateur. Il dirigeait la classe supérieure du Talmud Thora et enseignait aux enfants de la communauté. Mais une fois par semaine au moins, il réunissait l’équipe rabbinique pour approfondir certains textes et développer les connaissances de ses rabbins. Et je revois très bien cette salle à l’entrée de la synagogue sur la gauche où il réunissait toute cette équipe.

Ses qualités humaines

La tsedaka, cette valeur fondamentale de l’éthique juive, Rahamim Naouri la pratiquait avec une extrême discrétion. Chaque semaine, il se rendait dans le hangar d’un de ses amis pour distribuer aux plus pauvres de l’argent destiné au préparatif du Chabbat.

Et cette Tsedaka, toute la Communauté la pratiquait sans s’en rendre compte de façon assez naturelle: Tous les vendredi par exemple, lorsqu’on ramenait du four le pain du shabbat, je descendais un pain à la synagogue…et je n’étais pas le seul.

Le grand rabbin Naouri mit en place également plusieurs associations financées par les dons de la communauté pour aider les pauvres dans certaines circonstances de la vie: mariage, naissance, assistance aux malades et à leurs familles.

Son action

A Bône, les colonies de vacances à Bugeaud (R. Sirat, Paul Rotman)

participe à la création de l’école Rabbinique d’Alger

Dans les années 1950, sa renommée est telle qu’on lui propose le poste de Grand Rabbin d’Israël. Il va refuser.

•       Ne pas abandonner sa communauté dans des moments difficiles

•       Pas de politique (« Politique et Religion ne font pas bon ménage »)

 

En 1934, un pogrom causa des dizaines de morts à Constantine. Ce drame marqua profondément les populations juives du Constantinois, mais aussi de toute l’Algérie. Le Député Maire de Constantine, Emile Morenaud, qui était loin d’être étranger à ces évènements, était parti « en vacances » pour ne pas être dans sa ville au moment du drame.

Ce pogrom risquait d’embraser tout le Constantinois et pourtant il ne s’est rien passé à Bône. Le grand rabbin Naouri avait eu le courage de se promener dans les rues juives et musulmanes de la ville, accompagné de son ami le mufti.

Et l’histoire va se répéter lorsqu’en 1968, à Paris, au lendemain de la guerre des six jours, des tensions se manifestent à Belleville, c’est son gendre le grand rabbin Chouchena, son gendre et futur Directeur du Séminaire Israélite, qui se promènera dans le quartier accompagné du Consul de Tunisie. Aucun incident n’aggrava la situation.

Après 1962, il rentre en France. Il emporte avec lui le Sefer Ghriba de Bône et l’installe dans le petit office qu’il avait aménagé dans son propre appartement, rue Richier. A cette époque, de passage à Paris, nous souhaitions le voir. Il nous avait invité à passer chez lui pour l’office de Chabbat et nous avons lu la sidra de la semaine dans le Sefer Ghriba.

 

Il sera nommé  très vite Av Beth Din (Président du Tribunal Rabbinique). Il transforme radicalement cette institution, lui donne l’efficacité et la compétence indispensable pour répondre aux besoins culturels d’une communauté religieuse forte de plus de 300 000 membres, enrichie par l’arrivée massive de familles juives d’Afrique du Nord.

Il mettra en place une cacherout unique et accessible à tous, sous l’autorité d’un seul Beth-Din. Grâce à son action, les juifs purent manger casher; plus facilement et à un prix raisonnable.

 

Le souvenir qui m’en reste, c’est sa foi, son sourire, sa détermination et son dynamisme.

GRAND RABBIN DE FRANCE

René-Samuel SIRAT

Gérard et moi allons vous faire une confidence.

Tous deux, nous avions très envie de vous parler de René-Samuel Sirat que nous avons bien connu. Je veux le remercier de m’avoir demandé de le faire, il nous racontera ensuite quelques anecdotes ou pensées qui enrichiront cette esquisse de portrait que je vais tenter d’ébaucher, malgré le peu de temps qui nous reste.

Que dire ? Tout d’abord que c’est vraiment une admiration sans borne que nous lui vouons.

Sa droiture, sa culture, son érudition en matière sacrée.

Comme profane, n’acceptant aucune compromission, sa conscience aiguë de tous les problèmes de société dont il puise la solution dans sa foi, dans sa connaissance de la Bible et dans l’étude de la Thora pour appeler de tous ses vœux à la tolérance et à la paix, sont sans comparaison. C’est un mensch, dirait-on en langage ashkénaze qui place l’étique au dessus des honneurs, et cela mêlé à une grande humilité, une grande modestie et une extrême discrétion comme l’était le Grand Rabbin Naouri en matière de tsédaka par exemple, qui disait-il  souvent, est un acte de justice et non de charité condescendante.

Il est né à Bône, le 13 novembre 1930, il a 88 ans aujourd’hui. Il vit à Jérusalem.

Mon enfance, dit-il, a été marquée par un deuil familial. Mon frère fut tué dans un accident de voiture par un chauffeur ivre près des Champs-Elysées.

A dix ans et demi, des mesures raciales sont appliquées en Algérie. Nous sommes en 1941. Il est au lycée Saint-Augustin de Bône. Par tradition, le lundi matin, le meilleur élève de la classe était à l’honneur pour procéder au lever des couleurs dans la cour du lycée. C’était son tour ce jour là. Mais le surveillant général le convoque pour lui annoncer qu’il ne lèvera pas le drapeau parce qu’il  était « un sale Juif ». Il ne l’oubliera jamais.

Il a la chance ensuite d’étudier avec le Grand Rabbin Naouri. A l’époque, Bône comptait 3 000 Juifs et le Grand Rabbin Naouri était le père spirituel de la Communauté. En 1942, il envoie René-Samuel Sirat à la Yechiva d’Aix-les-Bains avec Emmanuel Chouchena et Saül Naouri, son fils. Car M. Naouri voulait qu’ils aillent étudier ailleurs, avec un autre rapport à la connaissance, dans le monde ashkénaze. Il revient ensuite à Bône, puis va au séminaire de la rue Vauquelin et devient le plus jeune Rabbin de France.

Il passe son examen de sortie avec le Grand Rabbin Schilli, qui avait été un grand résistant et qui régnait par la gentillesse, comme il aimait à le répéter.

En 1951, il est nommé à Toulouse dans une communauté dévastée par la Shoah avec un tout petit miniane à chabbat. C’était avant l’arrivée des Juifs d’Afrique du nord.

Tout était à reconstruire. Puis, il revient à Paris comme aumônier des étudiants Juifs de France et retourne  à l’université où il passe le diplôme d’étude en hébreu.

Ensuite rencontre providentielle à Strasbourg avec André Neher qui a créé en 1962 une chaire d’hébreu en France. Maîtrise et doctorat à Strasbourg, il étudie avec Manitou Levinas et Neher et se familiarise avec la philosophie et l’histoire du judaïsme qui n’est pas enseigné dans les yechivot.

Il obtiendra, plus tard, de l’inspection générale, une charge de cours de la chaire d’hébreu à l’INALCO, où il dirigea la section d’études hébraïques de 1968 à 1996 (28 ans).

Il voulait que l’hébreu devienne la « lingua franca » des Juifs. Langue cultuelle et culturelle. Il sera Rabbin pendant 62 ans. En 1981, il est élu Grand Rabbin de France, jusqu’en 1988 et ne voulut faire qu’un seul mandat. Son programme en 3 points :  « l’éducation juive, l’éducation juive et l’éducation juive »

Il rêvait d’une centaine d’écoles juives nouvelles et en fonda 111.

Pour l’anecdote, c’est lui que de De Gaulle appellera pour faire la traduction simultanée de ses discours quand il reçut Levi Eshkol, premier ministre d’Israël,

Mais son maître, son mentor, a toujours été le Grand Rabbin Rahamim Naouri. Il disait souvent : « A Bône, on était Juif comme on respirait : naturellement et simplement. L’existence juive s’épanouissait et se révélait à travers ces traditions spécifiques que j’ai essayé d’illustrer tout à l’heure ».

La structure familiale était de nature patriarcale et il y avait un grand amour entre grands-parents, parents et enfants.

La plus grande valeur du judaïsme, c’est la transmission. Il a toujours milité pour la paix, pour le dialogue interreligieux avec les Chrétiens, mais aussi les musulmans. Et pourtant, il  perdit un autre de ses frères Edmond Baruch en  janvier 1962, tué à Constantine par un terroriste  du FLN, en sortant d’un office de vendredi soir.

L’étude, par ailleurs disait-il, devait aussi s’appliquer aux filles qui en étaient frustrées en Algérie, car elles étaient cantonnées à la maison tandis que les garçons allaient au Talmud Thora. Il fonda avec le Rabbin Claude Sultan, l’université juive européenne dont j’ai été l’élève et où il avait pu obtenir les meilleurs professeurs dans chaque spécialité : philosophie, littérature hébraïque, grands textes  du judaïsme. René-Samuel Sirat a aussi été très fier d’avoir fondé avec Madame Zerbib, l'association Naguilah,  pour redonner de la joie aux aveugles.

Il obtient, pour s’occuper des personnes aveugles de la communauté et du Consistoire central, des subventions destinées à imprimer des livres de prières et de Pentateuque en braille.

Il a aussi fondé l’institut Rachi de Troyes, a participé aux secondes rencontres d’Assise en 1986 avec le Pape Jean-Paul II et a aproché récemment le Pape François, en mars 2018.

C’est un infatigable militant pour la Paix. Elève du Rav Kook, il porte un amour absolu à l’humanité toute entière au nom du judaïsme et de ses principes.

Et je reprendrai pour le définir, le titre de l’un des ses livres : « La joie austère », joie de l’espérance humaine habitée aussi par les épreuves qui l’ont façonné de tout temps et spécialement par l’expérience de la Shoah.

Et aussi le verset 56 du livre d’Isaïe : «Je les amènerai sur ma montagne sainte, je les réjouirai dans ma maison de prières, car ma maison sera appelée une maison de prières pour toutes les nations »

 

 

 
 


GRAND RABBIN Emmanuel CHOUCHENA

 

 

 

 

Je suis très heureuse de vous parler maintenant du Grand Rabbin Emmanuel Chouchena que j’ai connu jeune à Bône bien sûr et dont j’ai gardé en mémoire le sourire avenant, chaleureux, d’une humanité rare.

Emmanuel Chouchena naît à Constantine le 17 janvier 1928, le 24 tevet 5 688. Son père, le Rabbin Yaacov Chouchena est rabbin et choret dans  la « ville des ponts suspendus ».

Il est l’époux de Noura Guedj, fille du Grand Rabbin de Constantine. Reouven Guedj, de l’illustre Famille Guedj et sa lignée de Rabbins.

Emmanuel Chouchena racontait d’ailleurs un souvenir amusant concernant la première année de mariage de ses parents. A leur premier Pessah, le père d’Emmanuel, Yaacov demande à son épouse de leur préparer du riz que certains s’interdisaient en Algérie.

La jeune femme le fait, mais va voir son père en lui disant : "tu m’as mariée avec un goy, il mange du riz à Pessah ! Et le Rav Guedj répondit en riant : « oui, mais un goy Kaddoch", drôle !

En 1931, son père devient Grand Rabbin de Bône. La famille Chouchena et la famille Naouri deviennent amis. Ils habitaient d’ailleurs au palais "Loucheur" dans le même immeuble, où ils installaient une souccah pour la fête des cabanes, au bout du cours Bertagna.

Mais Yaacov meurt prématurément et c’est son successeur et ami le Grand Rabbin Rahamim Naouri qui prend sous son aile, le jeune Emmanuel, l’élève et lui a servi de guide.

Déjà Emmanuel fait preuve d’une ingéniosité fantastique et d’une habilité manuelle peu commune. C’est ainsi que le Grand Rabbin Naouri l’envoie à la Yeshiva d’Aix-les-Bains pour des études rabbiniques plus poussées. Ce sera d’ailleurs toute sa vie sa marque de fabrique.

Quelques années plus tard, Emmanuel est admis à l’école rabbinique de Paris pour y suivre des études de rabbin. Après avoir obtenu brillamment son diplôme,  il se marie en 1951 à Bône avec la fille du Grand Rabbin Naouri, Monette, fille de son maître et tuteur.

Avec humour, il disait, comme ils habitaient à un étage de différence : "Le Talmud dit : « monte une marche pour choisir un ami, descends une marche pour choisir une femme". Il a descendu quelques marches de plus et il l’a épousée. Ils eurent 7 enfants qu’ils élevèrent dans l’amour, la foi et l’étude.

Optimiste et malgré une précarité financière constante, il disait : "l’essentiel est d’avancer et on ne conduit pas en regardant constamment dans le rétroviseur".

Il est d’abord affecté à Lille, puis est rappelé pour quelques années en Algérie, entre les années 1956 et 1962 pour être aumônier de la jeunesse.

Il y excelle dans cette tâche, par le biais des mouvements de jeunesse, des camps de vacances. C’était un passeur de savoir et de sagesse qui donnait aux jeunes l’envie d’approfondir l’étude et même de devenir Rabbin.

Pétri de culture générale, il connaissait l’hébreu, l’arabe, l’anglais et même l’araméen, le yiddish qu’il avait appris à Aix-les-Bains. Son Humour était incomparable et une formidable chaleur rayonnait en lui.

A son retour en France, en 1962, il est nommé à Massy puis prend la tête de la Communauté de Belleville de 1966 à 1977.

Il arrive à un moment où de nombreuses discordes déchirent la communauté. Il y met bon ordre en « rabbin pompier » et créé une ambiance de convivialité, de prières et d’étude. A la tête de ce petit monde de Don Camillo, Emmanuel créé un lien avec la communauté d’origine tunisienne, parle arabe avec les fidèles et beaucoup d’entre eux l’appelaient Manu.

Il disait : "ils m’ont converti en me trempant dans un mikvé de boukha, cette belle eau de figue, boisson nationale des juifs tunisiens".

Et exactement comme le Grand Rabbin Naouri plus tôt, il put empêcher que les manifestations anti juives de Belleville, en 1968, atteignent leur paroxysme ; comme vous l’a dit Gérard pour le grand rabbin Naouri. En lançant un appel au Conseil général de Tunisie en France. Les musulmans aussi le respectaient beaucoup, ils visitent le quartier côte à côte.

Il ne s’est pas contenté de s’occuper de ses fidèles, il donna des cours aux jeunes avec lesquels il eu toujours un contact très chaleureux grâce à son don d’élocution, son érudition et son approche souriante de la Thora.

Ses conférences dans le cadre des mouvements Tikvatenou et Bné Akiva attiraient tous les jeunes qui venaient l’écouter.

Il fut aussi très actif au sein du Beth Din, à Paris, à côté de son beau-père qui en était le Président. Et, bénévolement, Il pratiqua des milliers de circoncisions car il était Rabbin, Mohel, Shohet, Sofer et même de Hazan.

En 1977, il amorce un tournant dans sa carrière rabbinique et prend la direction du séminaire après le décès d’Ernest Gugenheim. Il forma remarquablement les Rabbins et sera toujours très proche d’eux.

Douze ans plus tard, lorsqu’il quitte son poste, il réalise son rêve sioniste et monte en Israël. Il donne des cours, mais son état de santé se détériore et se consacre à ses petits enfants et à ses amis.

Il se caractérise par sa gentillesse, son optimisme sans faille, son humour et son respect de l’autre. Avec beaucoup d’actions parfois peu connues car il était très modeste et fuyait les honneurs.

Il a été "le premier chimiste" du consistoire et la fameuse liste permettant aux Juifs de manger de la nourriture non interdite dans les réseaux  commerciaux classiques vient de lui.

C’est lui aussi qui, dans les années 1980, instituera un office à Deauville pour chavouot qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui. Il défendit toujours le judaïsme séfarade qu’il ne supportait pas d’être considéré comme le parent pauvre du judaïsme ashkénaze. Et sa curiosité et son acuité intellectuelle étaient proverbiales.

Il voulait toujours apprendre à "apprendre", que chacun cherche et comprenne par lui même. Il disait avec malice : d’abord Rochi "ma tête", après Rachi… .

Penser, réfléchir, comprendre par soi-même, son leitmotiv était qu’un maître avait constamment du lait et du miel sous sa langue et qu’il devait protéger avant tout, l’éthique, le respect de la Thora, dans une ouverture au monde extérieur, d’une grande humilité, en même temps qu’une rigueur absolue.

Il mourut à Jérusalem le 24 juillet 2008, le 21 tamouz 5768, le même jour, à trois décennies d’intervalle que le Rav Rahamim Naouri, son beau-frère Zal, parallélisme de destins.

Il fut le lien entre le judaïsme algérien et le judaïsme français, entre l’ancienne génération et la nouvelle, entre ceux qui étaient  proches de la synagogue et ceux qui étaient éloignés. Il était aimé de tous pour son charisme, sa noblesse et sa modestie.

Il n’était jamais dans le jugement, nous prenions le petit déjeuner ensemble sur une nappe recouverte, au fil du temps, de ses commentaires dit de lui le Rav Azoulay. Erudition, partage, simplicité, voilà l’image que laisse le Grand Rabbin Emmanuel Chouchena.

 

 

 

 

 

 

La Ghriba

Fêtes et traditions

 

La renommée de cette synagogue de Bône, la « Ghriba », était due à une bible miraculeuse, gardée spécialement en raison de propriétés prodigieuses qu’on lui attribuait.

C’était une maison mauresque à l’emplacement de la maison Salfati, à l’angle des rues du 4 septembre et Saint Augustin.

Quelle est donc la signification du mot "Ghriba" ? C’est un terme qui veut dire "étrangère" en arabe.

On pense tout de suite à celle de Djerba. C’est inexact. Il y avait 5 ou 6 « Ghriba » dans plusieurs endroits d’Afrique du Nord. 2 en Lybie, 2 en Algérie, à Bistra et à Bône, 3 en Tunisie dont celle de Djerba réputée être la plus ancienne et qui accueille encore aujourd’hui des milliers de personnes à Lag Ba’Omer.

Mais revenons à Bône. On l’appelait aussi "la miraculeuse" ou "la merveilleuse" et l’on disait que les vœux que l’on y faisait étaient toujours exaucés. Notre Communauté, dit le Grand Rabbin René-Samuel Sirat, venait de toute l’Algérie pour y prier, mais y venaient aussi beaucoup de musulmans qui lui vouaient un profond respect.

Cette ferveur était due à un sefer thora, un rouleau de la loi, visiblement très ancien et d’une superbe calligraphie.

On dit qu’il avait été sauvé de façon fort étrange. La légende voulait que ce sefer thora datait du 2ème temple, mais plus généralement qu’il était arrivé avec les Juifs exilés d’Espagne en 1492, d’autres encore qu’il datait du 18ème siècle.

Je vais vous raconter celle que j’ai toujours entendue dans ma famille :

Il y a plusieurs années, un Maure, un musulman de Bône entreprit, selon la prescription de l’Islam, un pèlerinage sur la tombe du Prophète.

Puis, il s’embarqua à Alexandrie, afin de retourner dans sa patrie. Sur le bateau au nombre des passagers, il y avait un Juif également de Bône, revenant de Jérusalem, porteur d’une bible qu’il avait reçue d’un Grand Rabbin et qu’il avait enfermée précieusement dans un petit coffre. Une tempête s’éleva, le bateau fit naufrage et seul le musulman put se sauver à la nage. Rentré à Bône, il raconta le naufrage du bateau et la mort du Juif, son compatriote. Quelques jours après l’attention d’une sentinelle turque fut attirée par un objet qui venait vers le rivage, poussé par les vagues.

Le caïd fit envoyer des hommes pour prendre le coffre mais chaque fois qu’ils voulaient le prendre, le coffre s’éloignait d’eux. Ils se rappelèrent alors le récit du Maure avec le Juif de Bône et sa bible. Le Caïd fit venir des Juifs et leur ordonna de s’emparer du coffre. Et le petit coffre s’avança rapidement vers eux. Ils le prirent et sortirent ce rouleau de la Thora, très ancien, en pur parchemin.

Ce miracle fit une telle impression que le Maure qui avait fait le voyage avec le Juif naufragé fit élever à Bône, à ses frais, un édifice pour y déposer cette bible. C’est là l’origine de la Synagogue de Bône qui jouit auprès des Musulmans aussi, d’un respect tel qu’ils venaient y faire des prières et y formuler des vœux.

Le soir de Kippour, on sortait ce rouleau à Kol Nidré.

Le jour de la hiloula du Rabbi Shimon bar Yohaï, on venait de loin pour avoir le bonheur d’embrasser ce sefer, devenu un objet de grande dévotion.

A son départ d’Algérie, en 1962, le Grand Rabbin Naouri l’emporta à Paris, puis l’emmena avec lui à Jérusalem, dans la yeshiva    Chaare Rahamim, où on peut aller le visiter encore aujourd’hui.

Quant à la synagogue de Bône, elle a été transformée après l’indépendance en bâtiment militaire. D’autres disent, en mosquée "Salah Eddine El Ayoubi".

En 1881, selon le Rabbin Joseph Stora, la communauté juive comptait environ 1 200 membres. Ils étaient 4 000 en 1962, au moment de partir.

En 1963, il en resta 100 au plus. Les Juifs étaient partis, en majorité en France,  quelques uns en Israël.

Les Juifs habitaient en grande partie dans la vieille ville, mes grands-parents dans cette rue Louis-Philippe qui montait vers la Place d’Armes, aux environs de la Synagogue.

C’est avec émotion que je revois ma grand-mère assise sur un petit tabouret bas rectangulaire, devant un kanoun, ce petit four de terre cuite à 3 pieds, petit braseiro  installé dans la cour mauresque attenante à sa cuisine.

Avec ma tante, elle faisait « des feuilles », comme elles disaient, des feuilles de brick qui cuisaient sur une sorte d’ustensile bombé en métal où elles étendaient une fine couche de pâte. Il fallait que la pâte soit très fine, comme disaient ces agrégées de cuisine.

Elles en faisaient des bestels, des cigares au miel, des bricks à l’œuf.

Je me souviens de la fête de la mimouna avec la table couverte de pâtisseries, de poissons avec la tête, de levain, de miel, d’herbes et de grandes fèves fraîches.

Je me souviens de Pourim où ma mère mettait, pour chaque enfant, une petite table avec, au milieu, une orange dans laquelle elle plantait une bougie, entourée des fameux blancs avec de l’anis étoilé en grains sur le glaçage immaculé, des petits paniers aux amandes que j’allais apporter aux voisins.

Je me souviens de l’abattage des poulets dans la petite cour des grands-parents avant Kippour, avec des plumes qui volaient partout, cérémonie qui m’effrayait tant, et du Seder de Pessah en hébreu, judéo-arabe, et français avant la libération qui, pour moi, était l’arrivée sur la table du délicieux msoki.

C’est bien là que je ressentais que Pessah était vraiment la fête de la liberté : "le driut au msoki".

C’était interminable, mais j’adorais écouter mon père et mon grand-père réciter les prières qui m’ont marquées à jamais.

Toutes ces fêtes avec leur cortège de fastes, d’abondance, de couleurs, de mets variés et typiques, de musique et d’odeurs.

Jamais je n’oublierai ce remue-ménage, ces préparations exaltantes et joyeuses.

Ni, ce fameux verre d’eau pas typiquement bônois certes mais qui, dans ma famille, était un rite absolu.

Ce fameux verre d’eau au moment des départs que je n’ai jamais cessé de lancer à chaque départ, à des gens que j’aime. C’est comme ça. Cela a toujours été comme ça ; signe de bénédiction et pour être sûr que l’être aimé reviendra.

Et je continue à allumer mes lumières de Chabbat chaque vendredi dans un grand verre (3/4 d’eau, ¼ d’huile par dessus, sur laquelle deux petites veilleuses flottent et maintiennent la flamme jusqu’au samedi soir).

Je me souviens aussi qu’avant d’aller au lycée, les vendredi après-midi d’hiver où la nuit tombait tôt, je passais quelque fois à la Synagogue où, dans l’entrée à droite, il y avait une petite pièce où les femmes pouvaient allumer des veilleuses posées sur de l’huile et j’ai encore en mémoire le visage de cette dame, un peu gardienne du temple, Hannah qui nous accueillait dans ce vestibule, illuminé par ces veilleuses qui brûlaient de notre ferveur.

C’est vrai, il y avait une grande ferveur dans ce judaïsme bônois, peut être grâce à ce livre saint, sauvé des eaux comme Moïse et, comme Moïse, honoré du don des miracles, comme le disait le Rabbin Joseph Stora en 1881.

De Bône à Annaba

Introduction

Monsieur le Rabbin Malka, Cher Monsieur,

Monsieur le Président de la Communauté de Berith Chalom, Cher Sam

Monsieur le Président de Morial, Cher Serge

Chers Charles, Hubert, Francine et Margareth

Chère Colette

Chers Amies et Amis,

 

C’est avec beaucoup d’émotion que je vais essayer ce soir, dans cette merveilleuse synagogue Berith Chalom, qui était celle de mes parents, où je me suis mariée, de mettre un éclairage sur Bône, ma ville natale que Gérard et moi avons la fierté de vous présenter ce soir.

Nous allons donc tenter de faire revivre et de rallumer toutes les pépites de notre mémoire pour illustrer le charme et la particularité de cette ville portuaire, tout à l’est de l’Algérie.

Bône est la troisième ville côtière après Alger, la capitale, et Oran à l’ouest.

Bône, ville de mon enfance et de notre jeunesse, peut être moins connue et pourtant si riche de son passé et de sa beauté.

Arrêt sur image, donc et souvenirs un peu en vrac, au fur et à mesure que reviennent en nous les paysages, les personnalités, les émotions.

Plutôt un kaléidoscope de clichés sepia ou en couleur, une évocation impressionniste pour moi. Gérard a des souvenirs plus précis et se souvient même de tous les noms des rues, de toutes les dates d’histoire ; c’est un plaisir de travailler avec lui.

Bône, c’est Annaba maintenant.

C’est la ville des jujubes. El Annabe est un substantif pluriel en arabe qui signifie « Les Jujubes ».

Bône dite "La Coquette", alias Hippone, alias Hippo Regius, alias Bonna, alias Bona, comme l’appelaient les Chrétiens car, disaient-ils, "c’est le meilleur et le plus fertile pays de toute la Barbarie", alias "la Cité des Jujubiers", à cause de la grande abondance de ces fruits en cet endroit.

La gloire de Bône, c’est d’avoir eu pour évêque Saint-Augustin au tournant des 4ème et 5ème siècle de notre ère, le Père de l’Eglise romane.

C’est Hippone dont Gérard va vous parler dans un instant.

L’atout de Bône, dite "la Coquette", c’était sa situation unique, entre mer et montagne, dans un site magnifique planté de ficus, avec une série de plages, Saint Cloud, Chapuis, Toche et une plage des Juifs que je viens de découvrir sur  Google.

La particularité de Bône, c’était son mélange de populations, majoritairement italienne, mais aussi maltaise, musulmane et juive, bien sûr.

L’Humour de Bône ? Son accent circonflexe et cette façon d’accentuer les voyelles et d’inverser systématiquement la syntaxe : "Le cimetière de Bône, envie de mourir, il te donne". Il s’agit du vieux cimetière musulmane des Caroubiers, qui avait une vue splendide sur le Golfe.

C’est aussi l’exagération comique de cet "esprit bônois" que l’on a souvent rapproché pour sa gouaille et sa truculence de celui de Marseille, en France.

Bône c’était le domaine de la «tchatche», et une très belle ville : l’écrivain Frédéric Musso, la décrit comme "une ville de jardins, adossée à des bois de pins, un morceau d’Italie amarré à la côte africaine".

Le cœur de la ville, c’était une très jolie perspective d’un kilomètre de long, véritable colonne vertébrale de la cité, le Cours Bertagna. C’était nos Champs-Élysées.

Planté de ficus, bordé de cafés et de brasseries, il s’étendait jusqu’au vieux port avec la statue de Thiers et la statue de Jérôme Bertagna, Maire de Bône, dont le nom est lié à la création du port de Bône.

Monumentale, cette statue (2,20 m x 2,50 m) dominait le cours et avait été sculptée par Léon  Sicard.

On peut dire que la richesse de Bône c’était l’activité de son port, un des plus importants d’Algérie pour le transbordement du tabac, des céréales, des phosphates, du fer de l’Ouenza.

Au milieu du cours, un kiosque à musique de forme octogonale, plus loin le jardin de l’hôtel de ville, la cathédrale et le lycée de jeune fille Ernest Mercier, de style néo oriental ou je fis toutes mes études secondaires.

Après la classe nous faisions un crochet par le cours et nous l’arpentions de haut en bas et de bas en haut.

On faisait le cours, selon l’expression bônoise, on s’arrêtait manger un créponnéchez Longo, à l’ours polaire, où on refaisait le monde.

Le cours Bertagna était aussi le centre des grandes fêtes bônoises, de corsosfleuris, de carnavals, de processions, de communions avec les petites filles en jolies robes blanches.

A la Pentecôte, Bône organisait des courses de chevaux. C’était un événement mondain qui se terminait par une "grande fantasia"  colorée et pittoresque.

Pierre Loti note dans un journal intime " la fantasia annuelle de Bône est la dernière survivance des Fantasia algériennes".

C’était en mai 1880. Nous en avons vu de nos propres yeux bien plus tard.

Et avant de commencer à parler de la communauté juive de notre ville, je voudrais évoquer un fait, semble-t-il peu connu.

Au moment de la conquête dans les années 1830, La Mitidja et la plaine de Bône étaient un foyer de fièvres et de paludisme. Il y avait dans les contingents militaires, des morts par dizaines.

C’est un jeune médecin Major, Maillot, qui utilisera la quinine à fortes doses contre le paludisme, véritable fléau en ce temps là. En fait, il venait d’en découvrir le traitement en multipliant par 10 et plus les doses prescrites habituellement.

Honneur aussi à Laveran qui, 50 plus tard en 1880 à Constantine, en découvrit le parasite, l’agent pathogène, ce qui lui valu un prix Nobel en 1907.

Et de prix Nobel en prix Nobel, ne pensez pas qu’une Bônoise passionnée comme moi allait oublier que c’est à Mondovi, petit village à quelques encablures de Bône, 30 kilomètres à peu près, que naquit le neuvième français et le plus jeune à recevoir le prix Nobel de littérature, en décembre 1957.

Je veux parler, vous l’aurez compris, d’Albert Camus.

De "L’étranger" à "La Peste", à "La Chute", impossible ici de citer toutes ses œuvres. C’était un humaniste qui avait en horreur la violence, ce qui lui vaudra sa grande querelle avec Sartre, devenu compagnon de route du parti Communiste.

A cause d’une phrase désormais célèbre et qui créera un malentendu après  le Nobel.

Il n’a pas dit « entre la justice et ma mère, je choisi ma mère », répondant à un représentant du FLN qui l’accusait de ne pas signer des pétitions en faveur des Algériens et de ne pas être juste, mais "en ce moment, on lance des bombes dans les Tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces Tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère".

Nous sommes en pleine guerre d‘Algérie, en 1957. Ce qu’il voulait dire, c’est simplement qu’il dénonçait le terrorisme.

Camus mourra accidentellement en janvier 1960, deux ans avant l’indépendance.

Mais revenons maintenant au sujet qui nous intéresse en premier chef, la communauté Juive de Bône. Elle mérite qu’on s’y attarde pour tant de raisons.

Gérard va vous compter son histoire, mais plus tard au début du XXe siècle, elle a constitué avec Constantine un havre de religiosité au sein d’une Algérie tentée par la modernité et parfois l’assimilation.

Le décret Crémieux nous avait rendus français, pour la grande joie de nos ancêtres, mais il était peut-être dangereux sur le plan de la menace de perdre un peu de notre identité Juive, de nos valeurs ancestrales, de nos valeurs Juives.

Nos valeurs juives, car depuis 1870, date du décret Crémieux, une grande partie de la communauté Juive s’était « francisée », principalement grâce ou à cause de l’école laïque. La jeunesse s’habille à l’européenne.

Les prénoms français remplacent les prénoms hébraïques, l’usage de la langue française se généralise et l’on assistera à une assimilation galopante parmi les Juifs d’Algérie.

On parle de baptême et non de Bar-Mitzva et on devient israélites plutôt que Juifs.

Mais Bône a été avec une série de Grands Rabbins, comme Joseph Stora d’abord et ensuite le Grand Rabbin Naouri, un laboratoire fécond d’où a émergé une pépinière de Rabbins et de cadres communautaires sans précédent.

En particulier, le Grand Rabbin Emmanuel Chouchena et le Grand Rabbin René-Samuel Sirat, futur  Grand Rabbin de France, premier grand Rabbin séfarade de 1981 à 1988.

L’esprit de résistance de ces Rabbins a pu changer et inverser le processus.

Ces Rabbins de Bône ont été des fers de lance, des remparts contre l’assimilation. Après 1962 et l’exode massif des Juifs d’Algérie, le Grand Rabbin Naouri contribuera à une véritable renaissance et un retour vers la pratique religieuse en France, en donnant un grand élan à la spiritualité Juive.

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

Au musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ), un album relié dans un coffret assorti présente 42 pages de photographies annotées des événements de Constantine de 1934.

Ses dimensions sont de : H. 19,3 - L. 15,0 cm - Ep. 3,5 cm

Pour feuilleter les 42 pages de  cet album de photographies annotées, cliquer sur :

https://www.mahj.org/fr/decouvrir-collections-betsalel/les-evenements-de-constantine-53075

Peu de témoignages subsistent sur cet événement. Cet album constitue une pièce exceptionnelle.

Il rassemble 84 photographies recueillies et soigneusement légendées par la personne qui l'a constitué, sans doute Angèle Bottini Coutayar, qui fut contemporain des événements et dont le nom est inscrit sur la page de garde.:

Ses dimensions sont de : H. 19,3 - L. 15,0 cm - Ep. 3,5 cm

L’événement

Pendant l’été 1934, Constantine est le théâtre de fortes tensions entre les communautés juive et musulmane. Ces affrontements culminent lors des émeutes antijuives du 5 août, un épisode sanglant qui intervient sur fond de crise économique, de revendications nationalistes musulmanes et de campagnes de presse antisémites.

Les forces de police et l'armée tardent à intervenir et à rétablir l’ordre.

Le bilan, outre les pillages et les destructions, s’élève à 23 morts et à plus de quatre-vingts blessés. L’événement plonge la communauté juive dans la peur et l’atterrement.

Cet album retrace le déroulé de ces journées tragiques, comme en attestent les titres manuscrits sous les images :

«- Les émeutiers commencent à démolir les magasins israélites ;
- Les incendies ravagent les magasins Sebbah, Lalloume ;
- Pompiers luttant contre les incendies ;
- La troupe barre une rue du quartier israélite ;
- La troupe prend possession de la rue Nationale devant des magasins dévastés, on voit sur la chaussée l'amas de marchandises ;
- Vues des rues du quartier israélite où les magasins furent entièrement saccagés ; intérieurs des bureaux, magasins et appartements saccagés ainsi qu'un salon de coiffure ;
- Un coffre fort descellé d'un mur et entièrement cassé ;
- Lieu où les familles Halimi et Zerdoun furent assassinées ;
- Corps de plusieurs victimes ;
- Lamentations juives devant les cercueils. »

Certaines photographies, de format 11,5 par 17,5 cm, ont été réalisées par un professionnel, M. Lauffenburger, dont le tampon figure au dos ; les autres clichés, plus petits, sont des tirages contact d’images vraisemblablement réalisées par un amateur.

L’origine de l’album n’est pas connue. Il proviendrait des descendants du propriétaire originel.

Informations pratiques

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ).
Hôtel de Saint-Aignan 71, rue du Temple 75003 Paris
www.mahj.org

01 53 01 86 65
info@mahj.org

https://www.mahj.org/fr/decouvrir-collections-betsalel/les-evenements-de-constantine-53075

Manuscrit : 5 août 1934 Angèle Bottini-Coutayar

 

 

Yohann Taïeb  propose à des débutants et faux-débutants un panorama culturel et linguistique de la vie juive arabophone du Moyen Âge à nos jours, à travers l'étude de plusieurs pays.

L’enseignement porte sur l’histoire, la conversation et l’apprentissage du judéo-arabe avec des textes, des films et des chansons, dans lesquels seront évoqués les plus grands auteurs médiévaux de la traditon juive (Saadia Gaon,Maïmonide, Yehouda Ha-Lévi, etc…) ainsi que des artistes contemporains qui  posent la question de la revivification de la culture judéo-arabe.

Pour en savoir plus

Centre Medem – Arbeter Ring
52 Rue René Boulanger 75010 Paris
Tél: 01 42 02 17 08
 http://www.centre-medem.org/

La Grande Guerre 1914 - 1918
Les Juifs de Tlemcen morts pour la France
Nom et Prénom date de naissance décès corps
date lieu pays
AICHOUN Abraham 19/12/1886 8/9/1918 Vauxallon Aisne 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
AKNIN Simon 16/6/1892 17/10/1918 Foudrain Aisne 80e Régiment d'Infanterie (80 RI)
AMAR Abraham 9/11/1883 10/101/14 Roclincourt Pas de Calais 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
AMSELLEM David 18/4/1898 30/9/1918 Romain Marne 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
AMSELLEM Léon 8!3/1899 22/7/1919 Guercif Maroc 8e Groupe d'Artillerie de Campagne d'Afrique ((8 GACA)
ATTUIL Jacob 8/10/1886 21/11/1916 Florina Grèce 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
ATTUIL Maklouf 1/6/1897 5/3/1918 Carlepont Oise 4e Régiment de Zouaves de  Marche (4e RZM
AZIZA Messaoud 7/7/1886 11/11/2016 Silvica Serbie 2e Régiment de Zouaves (2e RI)
BEDDOK Nessim 6/11/1886 5/10/1914 Thélus Pas de Calais 2e Régiment de Zouaves (2e RI)
BEN ARROUCH Chaloum 18/4/1896 16/10/1916 Negocanii Serbie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
BEN AYOUN Messaoud 8/10/1887 24/10/1917 Fort de la Malmaison Aisne 8e Régiment d'Infanterie Coloniale (8e RIC)
BEN NATHAN Fredja 30/7/1881 13/7/1915 Dardanelles Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
BENGUIGUI Chaloum 7/8/1888 17/7/1916 Tlemcen (suite blessures) Algérie 20e  section commis et ouvriers militaires d'administration  (20e COA)
BENHAMOU David 14/8/1891 16/8/1918 Conty Somme 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
BENHAMOU joseph 29/12/1881 17/2/1915 Ecurie Pas de Calais 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
BENHAMOU Liaou 25/11/1883 7/12/1915 Rabrovo Serbie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
BENICHOU Abraham 29/09/1888 6/10/1915 Maison de Campagne Marne 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
BENICHOU Abraham 22/9/1880 8/12/1915 Rabravo Serbie 88e Bataillon de Rabat
BENICHOU Chemoul 24/12/1884 14/11/1916 Silvica Serbie 2e Régiment bis de Zouaves d'Orient (2e RbZO)
BENICHOU Haîm 10/8/1884 20/8/1918 Beully Oise 4e Régiment de Zouaves de  Marche (4e RZM
BENICHOU Isaac 21/11/1884 13/7/1915 Gallipoli Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
BENICHOU Israël dit Isidore 04/03/1897 1/9/1918 Jaulzy Oise 6e Régiment de Marche de Tirailleurs Algériens (6e RTMA)
BENICHOU Jacob 2/7/1890 9/12/1918 Abbecourt Somme 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
BENICHOU Mimoun 22/6/1892 4/8/1914 Philippeville Algérie victime du bomdardemnt du croiseur allemand Goeben
BENICHOU Mouchi 10/7/1885 31/8/1916 Bizerte Tunisie 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
BENICHOU Saoud 8/4/1889 26/8/1914 Montigny St Christophe Belgique 330e Régiment d'Infanteriie (330e RI)
BENICHOU Saoud 17/10/1884 21/12/1914 Tracy le Mont Oise 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
BENICHOU Simah 30/8/1886 13/121915 Roclincourt Pas de Calais 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
BENKEMOUN  Moïse 29/2/1895 24/11/1918 Oran (Hôpita) Algérie 132e Régiment dInfanterie ( 132e RI)
BENKEMOUN Braham 1/7/1886 6/4/1918 Breteuil Oise 4e Régiment de Zouaves de  Marche (4e RZM
BENKIMOUN Elie 18,86 9/8/1915 Houlgate Calvados 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
BENKIMOUN Mimoun 2/3/1889 6/4/1918 Roclincourt Pas de Calais 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
BENSADOUN Jacob 2/12/1895 13/7/1915 Gallipoli Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
BENSADOUN Mardochée 24/2/1885 8/11/1915 Limey Meurthe et Moselle 341e Régiment d'Infanterie (341e RI)
BENSADOUN Saïd 14/1/1881 11/5/1915 Neuville Saint Vaast Pas de Calais 8e Régiment de Zouaves de  Marche (8e RZM)
BENSAID Isaac 5/3/1888 25/12/2017 Alger (Hôpital) Algérie 1e Groupe d'Artillerie de Campagne  (1e GAC)
BENSAID Isaac 11/9/1893 22/8/1914 Neufchateau Vosges 23e Régiment d'Infanterie Coloniale (23e RIC)
BENSAID Liaou 29/10/1892 209/1914 Soissons Aisne 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
BENSAID Nessim 25/8/1884 8/11/1914 La Bargette Pas de Calais 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
BENSAID Youna 18/2/1891 24/8/1914 Noers-Languyon Meurthe et Moselle 31e Régiment d'Infanterie (31e RI)
BENSOUSSAN Braham 10/5/1883 27/10/1914 Roclincourt Pas de Calais 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
BENSOUSSAN Chemoul 16/1/1894 4/5/1917 Bezonvaux Meuse 12e Régiment d'Infanterie (12e RI)
BENSOUSSAN Elie 27/10/1897 2/9/1917 Avocourt Oise 328e Régiment d'Infanterie (321e RI)
BENSOUSSAN Joseph 6/8/1882 25/1/1915 Bois Saint Mard Oise 2e  Régiment de Zouaves ( 2e RZ)
BENSOUSSAN Liaou 2/4/1882 30/9/1915 Saint Hilaire le Grand Marne 2e  Régiment de Zouaves ( 2e RZ)
BENTATA  David 19/10/1996 1/6/2018 Coeuvres Aisne 9e  Régiment de Zouaves ( 9e RZ)
BENTATA  Maurice 4/3/1891 3/11/1915 Cajali Serbie 328e Régiment d'Infanterie (321e RI)
BENTATA Maurice Messaoud 4/3/1894 3/11/1915 Cajali Serbie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
BOUAZIZ  Jacob 12/4/1897 25/11/1917 Côte 344 Meuse 2e  Régiment de Zouaves ( 2e RZ)
BOUAZIZ Jacob 8/11/1896 10/6/1918 Carlepont Oise 2e Régiment d'Infanterie du Maroc (2e RICM)
BOUHANICH Chemoul 30/12/1887 12/1/1916 en mer bateau : Sidii Brahim 108e Régiment d'Artillerie Lourde (108e RAL)
BOUMENDIL Moïse 25/3/1894 14/9/1919 Dardanelles Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
BOUMENDIL Youssef 12/11879 6/11/1914 Ypres Belgique 149e Régiment d'Infanterie (149e RI)
CHARBIT David 13/1/1891 22/5/1915 Gallipoli Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
CHARBIT David 26/10/1897 29/9/1918 Boucanville Ardennes 299e Régiment d'Infanterie (299e RI)
CHARBIT Eliaou 20/5/1891 9/11/1914 Filken Belgique 15e Régiment d'Infanterie (15e RI)
CHARBIT Ephraïm 6/11/1886 3/11/1915 Cajali Serbie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
CHARBIT Jacob 26/1/1895 14/11/1916 Silvica Serbie 2e Régiment de Zouaves d'Orient (2e RbZO)
CHARBIT Mardochée 24/12/1888 9/1/1915 Ecurie Pas de Calais 2e Régiment de Zouaves de  Marche (2e RZM)
CHARBIT Mimoun 15/2/1876 2/5/1918 Lyon  (Hôpital) Rhône 14e Escadron du train des Equipagesmilitaires
CHEKROUN Messaoud 13/12/1890 30/11/1914 Ecurie Pas de Calais 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
CHICH Nessim 22/12/1891 22/10/1915 Udovo Serbie 4e Régiment de Zouaves de  Marche (4e RZM)
CHOUKROUN Judas Salem 1/4/1895 22/6/1915 En mer Navire Duguay Trouin 3e Régiment de Marche d'Afrique (3e RMA)
CHOURAQU Ménahem 24/3/1890 10/5/1916 Dugny Meuse 114e Régiment d'Artillerie Mourde (114e RAL)
CHOURAQU Moïse MauriceI 6/2/1896 1/4/1918 Hargicourt Somme 294e Régiment d'Infanterie (294e RI)
CHOURAQUI Eliaou 4/3/1893 14/8/1914 Montcourt Meuse 111e Régiment d'Infanterie (111e RI)
CHOURAQUI Jacob 25/2/1882 18/5/1917 Salonique Grèce 2e Régiment bis de Zouaves de Marche (2e RbZM)
COHEN Aaron 23/6/1880 6/10/1914 Roclincourt Pas de alais 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
COHEN Braham 12/12/1885 26/5/1915 Le Mans Sarthe 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
COHEN Chemoul 21/3/1885 21/8/1918 Montpelllier (Hôpital) Hérault 2e Régiment du Génie (2e GZ)
COHEN Liaou 28/2/1883 9/5/1915 Nieuport Belgique 4e Régiment de Zouaves de  Marche (4e RZM
COHEN Salomon 18/5/1887 22/12/1916 Salonique Grèce 2e Régiment bis de Zouaves de Marche (2e RbZM)
COHEN Simon 28/8/1885 21/8/1918 Montpellie(Hôpital) Hérault 2e Régiment du Génie (2e GZ)
COHEN Yaya 29/7/1882 5/101916 Thélus Oise 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
DAHAN Joseph 1/11/1893 29/12/1914 Lambartzyde Belgique 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
DARMON Maklouf 24/6/1885 27/11/1916 Mehovo Serbie 2e Régiment bis de Zouaves de Marche (2e RbZM)
DARMON Mimoun 10/4/1884 12/5/1916 Avocourt Meuse 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
DARMON Ichoua 14/9/1898 18/8/1918 Ourscamp Aisne 4e Régiment de Zouaves de  Marche (4e RZM)
DJIAN Fredji 19/7/1884 1/101916 Saint Hilaire le Grand Marne 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
DRAY Aaron 2/7/1894 9/8/1915 Gallipoli Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
DRAY Isaac 16/1/1889 31/7/1917 Noordschotte Belgique 32e Régiment d'Artillerie de Campagne (32e RAC)
El  HAIK Chaloum 25/1/1893 3/7/1915 Gallipoli Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
EL BEHAR David 6/3/1886 7/9/191B Barcif Seine et Marne 2e Régiment bis de Zouaves de Marche (2e RbZM)
EL GUERABLI Haïem 3/2/1893 10/5/1915 Neuville Saint Vaast Pas de Calais 2e  Régiment de Zouaves ( 2e RZ)
EL HAIK Chaloum 10/10/1882 6/11/1916 Silvica Serbie 2e Régiment bis de Zouaves de Marche (2e RbZM)
EL SAÏR Aaron 28/10/1891 11/5/1918 En mer bateau : Nerjeva 108e Régiment d'Infanterie (108e RI)
EL SAÏR Moïse 25/12/1889 12/5/1915 Souchez Pas de Calais 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
ETTOUATI Haïem 6/2/1888 15/4/1917 Beaumarais Pontavert Aisne 151e Régiment d'Infanterie (115e RI)
ETTOUATI Mardochée 27/4/1890 5/7/1915 Gallipoli Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
HAGGAÏ Liaou 6/1/1880 16/5/1915 Steenstrat Belgique 1e Régiment Mixte de Zouaves et Tirailleurs (1e RMZT)
KADOUZ (CADOUS) Jacob 29/12/1888 24/9/1915 Verbelli Grèce 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
KARSENTI Isaac 2/10/1881 15/4/1914 Soissons Aisne 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
KORCHIA Eléazar 16/3/1886 16/7/1918 Villesaint Marne 2e Régiment deDragons  (2e RD)
KOUBBI Chaloum 11/7/1889 15/7/1915 en mer à bord Bateau "Canada" 3e Régiment  de Zouaves de Marche (3e RbZM)
LACHKAR Jacob 23//2/1892 17/6/1926 Tlemcen (suite blessures) Algérie 274e Régiment d'Artillerie (274e RA)
LACHKAR Yahia 19/3/1896 15/11/1916 Sailly  Saliselle Somme 2e Régiment de Zouaves de Marche (2e RZM)
LAICK Jacob 9/3/1886 22/4/1915 Longerno Belgique 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
LAIK Judas 1/8/1897 28/8/1918 Dury Somme 8e Régiment de Zouaves (8e RZ)
LAIK Youda 27/12/1890 15/9/1916 Moyart Somme 8e Régiment d'Artillere (8e RA)
LEVY Abraham 26/4/1893 23/4/1917 Cuperly Marne 8e Régiment de Zouaves (8e RZ)
LEVY Chaloum 19/8/1889 3/9/1916 Toulon (Hôpital ) Var 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
LEVY Isaac 4/4/1883 21/12/1914 Tracy le Mont Oise 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
LEVY Liaou 27/1/1893 22/1/1915 Bois Saint Mard Oise 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
LEVY Maklouf 26/3/1885 21/6/1915 Seddul Bar Turquie 1e Régiment de Marche d'Afrique (1e RMA)
LEVY Sadia 4/10/1895 25/9/1915 Massiges Marne 23e Régiment d'Infanterie Coloniale (23e RIC)
LEVY Youssef 9/9/1880 21/8/1916 Salonique Grèce 2e Régiment bis de Zouaves d'Orient (2e RbZO)
MANHEIMER Raphaël 13/12/1885 25/6/1915 Mort Homme Meuse 341e Régiment d'Infanterie"341e RI)
MITTOUT Haïm 9/3/1892 16/3/1915 Le Mesnil les Hurles Marne 2e Régiment Mixte de Zouaves et Tirailleurs (2e RMZT)
NATHAN Isaac 13/8/1897 12/10/1918 Seboncourt Aisne 173e Régiment d'Infanterie (173e RI)
OBADIA  Messaoud 10/10/1893 8/5/1918 Roosbrugge Belgique 143e Régiment d'Infanterie (143e RI)
OBEDIA Menahem 27/1/1890 21/12/1914 Bois Saint Mard Oise 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
ROUFFI Isaac 23/1/1885 24/6/1915 Gallipoli Turquie 2e Régiment  de Zouaves de Marche (2e RZM)
SADOUN Fredja 28/7/1895 21/6/1915 Gallipoli Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
SARDA Paul Jean 28/7/1888 27/9/1915 Saint Hilaire le Grand Marrne 2e Régiment de Marche  de Tirailleurs (2e RZT)
SARFATI Ichoua 24/3/1895 13/9/1918 Laffaux Aisne 8e Régiment de Zouaves (8e RZ)
SEBAN Aaron 28/4/1886 2/12/1916 Lyon  (Hôpital) Rhône 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
SICSIC Aaron Nessim 2/12/1881 27/4/1915 Dunkerke (Hôpital) Pas de Calais 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
SICSIC David 29/10/1888 7/8/1915 Koksidje Belgique 58e Régiment d'Artillere (58e RA)
SICSIC Maklouf 19/12/1888 28/9/1915 Maiso de Campagne Marrne 2e  Régiment de Zouaves ( 2e RZ)
SPORTES David 21/10/1889 18/3/1916 Berry au Bac Aisne 2e Régiment du Génie (2e GZ)
SPORTOUCH Léon Judas 16/1/1897 26/7/1919 Mont Haut Prosnes Marne 330e Régiment d'Infanterie 330e RI)
SULTAN Ephraïm 19/3/1894 5/10/1918 Romillly sur Seine (Hôpital) Aube 5e Régiment du Génie (5e GZ)
SULTAN Haïm 8/4/1886 4/2/1915 Bois Saint Mard Oise 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
SULTAN Maklouf 5/1/1891 14/6/1917 Orléans (Hôpital) Val de Loire 413e Régiment d'Infanterie (413e RI)
SULTAN Raphaël 25/12/1896 20/8/1918 Audignicourt Aisne 289e Régiment d'Infanterie (289e RI)
SURAQUI Emile Abraham 20/5/1891 2/11/1918 Verdun Meuse 82e Régiment d'Infanterie (82e RI)
SURAQUI Isaac Maurice 6/1/1894 23/101917 Lyon  (Hôpital) Rhône 2e Groupe d'Aviation - Dépôt
TAPIERO David 10/4/1895 13/7/1915 Dardanelles Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
TEBOUL  Cheloumo 4/3/1889 3/1/1917 Florina Grèce 2e Régiment de Zouaves "Orient" (2e RZ)
TEBOUL Chaloum 10/4/1896 13/7/1915 Dardanelles Turquie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
TOUATI Chemoul Samuel 5/6/1889 9/9/1918 Roye Somme 207e Régiment d'Artillerie de Campagne (207e RAC)
TOUATI Chaloum 19/10/1879 15/11/1918 Nancy Meurthe et Moselle ,+G137
TOUATI Isaac 28/7/1895 3/11/1915 Cajali Serbie 2e Régiment de Marche d'Afrique (2e RMA)
TOUATI Maklouf 2/7/1885 30/9/1914 Crouy Aisne 3e  Régiment de Zouaves ( 3e RZ)
TOUATI Maklouf 30/8/1888 28/2/1916 Verdun Meuse 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
TOUATI Moïse 30/5/1890 16/5/1915 Steenstraaat Belgique 143e Régiment d'Infanterie 143e RI)
TOUATI Raphaël 27/7/1884 30/9/1914 Crouy Aisne 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
TOUATI Sadia 17/6/1890 23/4/1915 Canal de l'Yser Belgique 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
TOUATY  Louis 10/9/1891 4/7/1918 Sainte Anne d'Auray Morbihan 52e Régiment d'Infanterie Coloniale
ZERMATI Messaoud 10/10/1882 6/11/1916 Silvica Serbie 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)
ZERMATI Messaoud 3/12/1883 5/10/1914 Thélus Pas de Calais 2e Régiment de Zouaves (2e RZ)

 

 

 

La Grande Guerre 1914 - 1918
Les Juifs de Tlemcen morts  sans la mention "pour la France"
Nom et Prénom naissance  
décès lieu pays
CHARBIT Moïse 24/3/1889 17/2/1915 Roclincourt Pas de Calais
EL KOUBI Joseph 16/2/1889 4/12/1914 Ecurie Pas de Calais
AKNIN Chantoub 13/4/1892 20/8/1914 Murwaki Moselle
DARMON Messaoud 4/8/1880 18/5/1915 Ecurie Pas de Calais
BENHAMOU Maklouf 21/7/1885 5/101/1914 Thelus Pas de Calais
BENSAÏD David 13/12/1893 3/11/1914 Tracy le Mont Oise
DJIAN Mardochée 22/10/1888 22/12/1916 Lambartzyde Belgique
SULTAN Ephraïm 1890 1915 Dardanelles Turquie
EL BAHR Ayouch Raoul 9/1/1890 22/8/19/15 Gallipoli Turquie
GUENANCIA Charles Chaloum 9/4/1991 5/5/1912 Boesinghe Belgique
BENHAMOU Aaron 1/2/1887   Compiègne Oise
AMSELLEM Ichoua 9/8/1891 23/5/1915 Gallipoli Turquie
NOUCHI Koutiel 6/9/1894 10/5/1915 Neuville S Vaast Pas de Calais
CHARBIT Moïse 2/4/1892 22/8/1914 Saint Auvelais Belgique
SUTAN Salomon 28/10/1891 24/4/1915 Luzerne Belgique
NOUCHI David 13/12/1884 10/13/1915 Mesnil les Hurus Marrne
BEN NATHAN Yaya 3/3/1883 25/12/1914 Lambartzyde Belgique
BENSOUSSAN Braham 10/5/1883 27/101914 Roclincourt Pas de Calais
BOUMENDIL Moïse 25/3/1894 21/6/1915 Dardanelles Turquie
HAYOUM Simon 24/12/1890 22/4/1915 Langemark Belgique
BENHAMOU Maklouf 21/7/1885 5/10/1914 Thelus Pas de Calais
ATTIA Haïem 27/3/1888 20/2/1915 Les Eparges Meuse
BENHAMOU David 1883 1915 Verdu Meuse
ATTIA Haîm 27/3/1889 20/2/1915 Les Eparges Meuse
BENHAMOU Aaron 12/2/1887 10/3/1915 Compiègne Oise
ACHACHE Aaaron 19/1/1885 13/5/1918 Moulainville Meuse
ATTIA Chlomo 22/12/1882 9/7/1916 Choisy au Bac Oise
DRAY Nessim 24/1/1888 21/101916 Douaumont Meuse
MEDIONI Josaph 7/7/1893 11/5/1917 en mer  
NEPHTALI Judas 23/3/1897 15/5/1917 Auberive s/ Suippes Marrne
SULTAN Maurice Mardochée 25/3/1891 21/10/1918 Chemin des Dames Aisne
SULTAN Emile Haïem 29/10/1895 169/6/1918 ,+D40 Aisne

 

                                                                                                      

  Association MORIAL  Mémoire et Traditions des Juifs d’Algérie         

  111, Avenue Victor Hugo 75784 Paris cedex 16

  Asociation soumise à la loi du 1er Juillet 1901 

 Reconnue comme organisme d’intérêt général  à caractère historique et culturel (articles 200 et 238 bis du CGI)

 

contact e-mail : morechet@morial.fr 

site internet : www .morial.fr       

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