Paracha KI TAVO : 18 Eloul 5777 / 9 septembre 2017

LECTURE DE LA TORAH : Deutéronome 26:1 - 29:8 

REMERCIER POUR CE QUE NOUS AVONS
Par Caroline Elisheva REBOUH

Le shine à quatre branches

Vers la fin de l’été, à l’époque où tout Juif se prépare à rendre des comptes, et à dresser un bilan de ses actes pour l’année qui s’écoule, arrive la parasha de "Ki Tavo".

Cette sidra est un peu redoutable à cause des "malédictions" qu’elle renferme.  Elle est redoutée à tel point que dans certaines communautés en Afrique du Nord on demandait à une personne âgée  de lire ces trois chapitres.

 

Comparativement  aux  péricopes  précédentes, celle-ci ne contient que peu de commandements  mais dès le début de ce vingt-sixième chapitre du Deutéronome nous trouvons un commandement  concernant les "bikourim" désignés dans le texte par le mot "reshit". Cette mitsva de présenter les prémices des cultures au Temple dans un panier s’accompagne d’un autre acte qui n’est stipulé pratiquement que lors de la présentation des prémices : la prosternation.

La prosternation est aussi un commandement s’adressant à Moshé, Aharon et ses fils et aux 70 "zekenim".  La prosternation fait partie du rituel de kippour.

D’après le midrash Tanhouma, Moïse avait "vu" par prophétie que les Temples seraient détruits et que, par conséquent, toutes les offrandes et tous les sacrifices n’auraient plus lieu, il instaura le devoir de prier 3 fois par jour. La Guemara nous rappelle pourtant que les trois patriarches avaient eux-mêmes prié trois fois par jour : Abraham, le matin, Isaac  à midi ou l’après-midi et Jacob le soir.  Alors, qui a la primauté de ces trois prières quotidiennes ? En suivant le commentaire du Rambam sur le traité de guemara "houline", nous apprenons un principe important : c’est que l’on n’observe pas de mitsvoth d’après l’exemple des patriarches mais parce que Moïse nous a ordonné de le faire !

Le mot "bikourim" n’est pas employé dans ce texte mais il est écrit : "réshith" ראשית. L’on pourrait alors s’interroger sur cette différence d’appellation mais, Maïmonide nous éclaire judicieusement : "les prémices du blé, du vin et de l’huile" sont importants car, de même que l’homme consacre au service pontifical son premier-né ou prémices de ses forces,  lorsque l’homme fait de la pâte avec la farine du blé il doit prélever la "hala", il doit consacrer le vin et l’huile pour le culte. Une partie de ce qui est récolté doit être offert à D. De cette manière l’homme publie de façon on ne peut plus officielle le fait qu’il reconnaît la Suprématie du Créateur sans les bontés duquel l’homme ne pourrait vivre. D a donné des règles à suivre pour pouvoir profiter largement de l’abondance accordée par le Créateur.

Tout de suite après cette mitsva des bikourim, apparaît un autre commandement : "Etre joyeux pour tout ce que l’Eternel te donne". En effet, nous, pauvres êtres humains, ne songeons pas toujours à remercier D pour ce que nous recevons de Lui, sans doute parce que parfois cela nous semble naturel comme marcher, parler, voir ou entendre mais si nous nous donnions la peine de réfléchir et de regarder autour de nous : certains ne peuvent se mouvoir, bouger, voir ou s’exprimer et alors, nous devons être heureux et nous réjouir pour ce que nous possédons et que d’autres rêveraient d’avoir !!!

Dans un peu plus de deux semaines, nous accueillerons une nouvelle année et nous devrions nous montrer empressés de nous efforcer de mieux adhérer à la Torah d’Israël et de faire teshouva.

Cette sidra montre on ne peut plus clairement à quel point le chemin vers le bien, la récompense et la bénédiction est direct si l'homme observe convenablement les préceptes divins, et comment, si ces mêmes préceptes sont méprisés et bafoués l'homme peut recevoir sa part de punition, de malédiction.

Lors des débuts de la vie de l’homme et de la femme, Adam et Eve, pour avoir désobéi à D, le serpent a eu à subir une punition et non des moindres : le serpent était pourvu de pattes, après avoir sciemment induit l’homme en erreur, le serpent a subi sa peine : ramper dans le sable toute son existence. L’homme a subi la sienne : alors qu’il était d’une dimension hors normes dirait-on, il a vu sa taille diminuer.

En s’installant dans ce pays offert par D à Son peuple, les étapes à suivre viennent clairement schématiser le fait que : s'installer dans ce pays doté de principes extra ordinaires  passe par un processus particulier et par le fait que toute action comme toute offrande doit être d'un "parfum agréable" à  l'Eternel. Le peuple  ainsi se sentira chez lui. Pour y rester de façon permanente il devra  se conduire avec aménité vis-à-vis des étrangers car nous devons nous souvenir que nous aussi, avons été exilés en terre étrangère.

Caroline Elisheva REBOUH.