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TALITH, LE VETEMENT ROYAL D’ISRAËL

      טלית           

                             Par Charles Baccouche

Le taleth ou talith on le sait, est décrit benoitement, comme un châle de prière, en laine ou en soie, en réalité il ne s’agit pas d’un Châle ou d’une écharpe au sens commun, mais d’un grand carré de tissu, doté de tsitsits à ses quatre coins.


Les tsitsits sont des franges qui devraient contenir un fil bleu. Comme il s’agit d’un objet destiné exclusivement aux juifs, les difficultés commencent.

 Les difficultés, les juifs, ils connaissent.

De quelle sorte de bleu, s’agit-il ?

En effet, cette couleur bleue est spéciale, dite Théhlet, pas le Kakhol qui est la couleur bleue traditionnelle courante, Théhlet serait d’un bleu, ni bleu ni blanc, en un mot un bleu qui n’est pas de ce Monde, puisque nul ne l’a trouvé ou retrouve, cette impossible couleur devient notre grande interrogation, (L’interrogation constitue l’activité normale d’un juif moyen), elle restera donc, inconnue jusqu’à la venue du Messie et ce n’est même pas sur.

Pourtant, l’injonction faite à Moïse notre Maître, est parfaitement claire :

« L'Eternel dit à Moïse: Parle aux enfants d’Israël, dis-leur de se faire des « Tsitsits », (une frange ?) aux ailes de leurs vêtements dans toutes leurs générations et ils donneront un fil bleu azur  "Ptil thélet" sur ces tsitsits sur l’épaule (l’aile).

Et vous aurez ce tsitsit, vous le regarderez et vous vous souviendrez de tous les commandements d’ACHEM et vous les ferez, et vous ne poursuivrez pas les passions de votre cœur et de vos yeux qui vous pervertissent .

Afin que vous vous souveniez et que vous fassiez tous mes commandements, et vous serez saints pour votre Dieu. Je suis ACHEM, votre Dieu, qui vous ait fait sortir d'Egypte pour être votre Dieu. Je suis ACHEM votre Dieu." Nombres, 15:37-41.

Il ne faut pas sous estimer l’importance de ces injonctions ! Il s’agit tout de même de la troisième strophe du SHEMA ISRAËL.

Ne perdons pas de vue cette couleur bleue azurée qui n’est pas vraiment bleue, mais qui fait partie des commandements d’ACHEM, elle est donc bien de ce Monde, mais par facilité coupable, nous la déclarons étrangère à notre condition, hors de notre portée en quelque sorte.

Il faut chasser ces prétextes fallacieux, indignes de ce revêtement royal que l’on revêt pour la gloire du Ciel et la dignité de l’Homme,

Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à chercher (Chercher constitue une autre intense activité du juif, qui s’y précipite avec un enthousiasme surprenant)

Cette première difficulté loin d’être résolue, voilà que surgit tout de suite après, un délicat problème : 

Comment s’envelopper dans ce talith?

Ce n’est pas une chemise, car il n’a pas de boutons et il n’a pas de col, ce n’est pas un tee-shirt, il n’a ni encolure ni manches.

Ne portant pas d’échancrure pour passer la tête, ne s’enfilant pas pour passer les bras, dédaignant la ceinture, on comprend immédiatement, combien il lui sera difficile de se maintenir autour de son porteur.

Le Juif à la synagogue, pendant l’office, enveloppé du Talith, semble pour un observateur étranger, habité de divers mouvements incontrôlés, voire dénués de signification, mais surement causés par ses vaines tentatives de stopper la fuite du Talith pendant les modulations de la prière.

Si bien que vus de loin, l’homme et son surprenant vêtement sont agités de mouvements convulsifs et incongrus, qui pourraient faire croire à un étrange ballet silencieux ou au combat intérieur d’un pénitent, ou à une soudaine démangeaison, alors qu’en réalité ce n’est ni un ballet ni la lutte intérieure à l’âme d’un supposé pécheur, ni même une éruption cutanée.

Une onde de Taliths parcourt en vagues successives et dans un désordre chatoyant, l’assemblée des fidèles. Le Talith roule et s’enroule, se déroule s’emmêle autour des épaules de celui qui poursuit sa prière, feignant d’ignorer cet habit fuyant qui se dérobe sans cesse, comme s’il était animé d’une vie indépendante et facétieuse.

Pourtant, une observation plus attentive amènera des conclusions bien différentes.

Les grands Taliths se portent toujours à la synagogue et seulement durant les offices quotidiens et parfois l’après midi ils ne sont pas obligatoires, ils se portent aussi durant les célébrations familiales, durant les fêtes religieuses toujours à la synagogue. Sauf  cependant, lors de Rosh Hodesh (le nouveau mois) ou l’on sort dans la rue pour la "Birket halévana" (Bénédiction de la nouvelle lune), parce que le Maitre de l’Univers en corrige en tout temps, la forme changeante de la blanche lune.

Le talith ne se justifie que par ses quatre coins ornés de leurs franges pour, dit le commandement, les regarder afin de nous souvenir de tous les commandements que la Thora prescrit et de ne pas oublier de pratiquer les 613 commandements, or la valeur numérique du mot Tsitsit est de 600, à laquelle s’ajoutent les 8 fils et les 5 nœuds composant chaque Tsitsit, ce qui aboutit à un total de 613, CQFD puisque nous devons respecter 613 Mitsvots.

                               

Mais pourquoi connaitre et pratiquer les commandements? Tenez vous bien Pour être «Saints comme je suis Saint, Moi votre Dieu » pas moins. Voici donc, l’assemblée d’Israël promue et déclarée sainte à l’Instar de son Créateur, maitre du Monde, notre Père notre Roi.

Un commandement connu mais non pratiqué devrait être considéré comme une faute, une "avera", ce qui est grave pour un juif dont la vocation est de faire et ensuite seulement, d’entendre, d’écouter les mitsvot, avec le risque de déchoir de ce statut de sainteté particulièrement enviable, car la Sainteté dont seul le très Haut connait les secrets, répand à coup sur, la bénédiction, cela on le sait.

Cependant, il faut convenir que la situation est loin d’être aussi lumineuse et que beaucoup de membres du Peuple élu, (d’ailleurs souvent en ballotage) ne pratiquent pas les commandements (Mitsvot) ou partiellement, ce qui doit immanquablement disqualifier toute cette Communauté, nos ennemis et les jaloux qui convoitent cette position éminente de l’Election, ne manquent pas de nous rappeler (Voir la Chrétienneté ou l’Islam)

En dépit de tout, ce peuple fidèle à l’Alliance que le Tout Puissant a conclu avec ses Patriarches, confirmée au Sinaï, renouvelée à chaque naissance par la Mila, dispose de voies de recours ;

D’abord la Tsédaka, faite d’un cœur entier fait "que celui qui la pratique est comme s’il faisait toutes les mitsvot". Ouf voila que l’élection est sauvée.

Ensuite, la Téshouva, "celui qui fait téchouva est comme s’il avait fait toutes les mitsvot".

L’élection est derechef, confirmée, car tout le monde fait ou bien la Tsédaka ou bien la Téchouva, et beaucoup font les deux.

Il n’est pas facile de comprendre la Tsédaka qui est à la fois justice et  équité (ces termes sont presque incompatibles en Droit positif)

Il est encore plus délicat de définir la Téchouva qui est retour, remord, regret et autre chose encore. Un Midrash dit par Manitou Léon Ashkénazi, Maitre éminent de la pensée juive : Moshé rabbinou monte de ciel en ciel pour recevoir la Thora, mais les anges de feu indignés de cette incursion d’un être de chair et de sang, l’empêchent de passer en brandissant leurs épées de feu.

Moshé se plaint auprès du Maitre du Monde, comment pourrait il combattre les êtres spirituels, serviteurs du Dieu tout puissant ?

Doit-il renoncer et retourner les mains vides au camp des hébreux? Hachem le console et lui donne une clé : Tiens toi à un pied de mon trône et " tahzir lahem téchouva" (Renvoie leur une réponse)

Quelle réponse que dit l’Eternel ?

Moshé comprend alors, qu’il doit rappeler à ces anges récalcitrants, ce que dit la Thora :

"Faites vous Shabbat vous les Anges ? Non vous êtes toujours en Shabbat, respectez-vous votre père et votre mère ? Non vous n’en avez pas, faites vous des fautes ? Non vous êtes impeccables.

Hachem nous a donné la Thora qui n’est pas destinée aux Anges, mais qui est donnée aux Hommes pour qu’ils puissent faire Téchouva, car rien ne plait plus à L’Eternel qu’un Homme qui faute et qui se repend sincèrement avec l’intention irrévocable de ne plus fauter"

Détenant le trésor de la Téchouva le peuple juif peut sans crainte, se hisser vers la Sainteté et croire que l’Alliance entre Dieu et lui, se maintient et se poursuit malgré le malheur des temps et les éclaircies de l’Histoire.

Le Talith constitue le signe matériel de l’élection divine grâce aux Tsitsits qui nous rappellent qu’en les regardant, nous nous souviendrons de tous les commandements, toutes les Paroles de la Loi, pour les pratiquer et alors "Vous serez saints pour votre Elohim".

Le Talith nous ramène de même, à la liberté acquise grâce aux miracles du Très Haut qui nous a fait sortir d’Egypte "D’une main forte et d’un bras étendu".

Ce carré de tissu orné de ses franges aux quatre coins serait selon certains commentateurs un uniforme, dont les tsitsits seraient les insignes. Nous ne partagerons pas cette courte vue, le Talith est un vêtement royal qui nous révèle par des routes aérées les Exploits de l’Eternel "Gvourot Hachem" c'est-à-dire l’unité des Valeurs.

Manitou, le Maitre incontesté, a enseigné que la notion dite "l’unité des valeurs" entend que vont ensemble sans se combattre, l’amour et la Justice, la bienveillance et la rigueur, l’égalité et la fraternité, la royauté et la République, sans heurts, sans cris, sans guerre, seulement avec l’union des cœurs, le "Ihut halévavot" (deux bets pour dire que s’accordent le cœur de l’intelligence et le cœur de la passion)

Les taliths témoignent que ces Vérités si grandes soient elles, sont sur nos lèvres et dans nos cœurs, pas au Ciel, pas au-delà des mers, pas même dans la seule bouche des érudits et des sages, mais  sont proches de tout homme qui n’oublie ni son identité, ni son origine céleste.

Ils s’envolent légers les taliths dans l’air des synagogues, ils planent et se rabattent au dessus des têtes de l’Assemblée, ils les recouvrent pendant la bénédiction des Cohanim.

Ils bruissent au rythme du balancements des fidèles, ils s’écartent et se rejoignent pour former un cortège riant, aux rouleaux de la Thora qui elle, tourne autour de l’Autel, Ils s’élèvent les tsitsits que les mains tendent pour la saluer lorsqu’elle s’élève, portée au bout des bras d’un élu qui l’ouvre sur la Paracha ou la Sidra de la semaine, à la vue toujours émerveillée de l’assemblée d’Israël (la Kéhila)


Le Talith élève le juif vers les hauteurs, arrête le temps et l’invite à se joindre aux anges qui célèbrent la gloire de l’Eternel, comme l’oiseau sur la plus haute branche, comme l’insecte dans la rosée du matin, comme les humains qui auraient renoncé à la guerre et au meurtre.

Le Talith représente l’alliance double de Dieu avec son peuple et du peuple avec son Dieu, il dit que l’alliance (la Brit) est inaliénable, que jamais nous n’y renoncerons même lorsque le Tout puissant semble détourner sa face.
 

Nous sommes dit-on, un peuple à la nuque raide, apparemment ce n’est pas un compliment, mais cette ténacité signe l’Election d’Israël, fidèle à son Dieu, fidèle à sa Loi, fidèle à sa Terre, fidèle à son Histoire et fidèle à son Livre.

Le Talith témoigne de cette mémoire du passé, mais aussi convoque la mémoire du Futur dont Israël sait, que la nuit la plus noire est porteuse de l’aube qui vient (Cf. Edmond Fleg)

Que la lumière d’ACHEM attend son peuple, sur les chemins de l’Espérance et de la fraternité humaine retrouvée, afin de croire avec le prophète "qu’un peuple ne  lèvera plus l’épée contre un peuple et qu’ils n’apprendront plus la guerre"

28 novembre 2017

                                                                                  Charles BACCOUCHE

 
 
 

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