logo_transparent1.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

e-mail : morechet@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous partiperez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

Rejoignez nous
sur FACEBOOK !

 

Connexion

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Médiathèque

 

Et la paix se fera : poème de Marie Adomi Israël

Poème récité par l'auteur, lors de l'hommage rendu à André Chouraqui le 27 novembre 2016 au Collège des Bernardins.                  

Le tableau, sur soie richement galonné qui mesure 2m50 x 1m45 trône à l’entrée de l’hôpital avec un texte traduit en anglais, en hébreu et en arabe             

                                         Hôpital Hadassa à Jérusalem - Marie Adomi Israël

Regarde ton ennemi dans les yeux sans haine
Et la paix se fera
Tends ta main vers celui qui en a besoin
Et la paix se fera
Donne ton cœur sans regarder la couleur de celui qui le prendra
Et la paix se fera
Oublies toi un peu pour que vive l’autre                                                                          Et la paix se fera

Padovani Plage, à Alger de Fernande Stora

 
Les photos d’Alger sont prises par Jean-Pierre Stora et lui appartiennent.
 
            Etablissement Padovani
 
Quatre heures de l’après-midi,
Le soleil est encore brûlant sur la plage.
L’odeur du varech.
Des enfants nagent.
Rochers à fleur d’eau.
Barques à voiles de toutes couleurs à l’horizon.
Que la mer est belle !
Elle borde le sable et le cisèle.
Écume blanche festons d’argent.
Là un pêcheur a planté sa ligne
Il attend.
Une légère brise marine
Caresse mon visage.
 
        Fernande Stora
 
Les danseurs de Padovani, peinture de Armand Assus
 
 
 
 

William-Israël Benichou : En souvenir de Colomb-Béchar

En souvenir de Colomb-Béchar

 
En souvenir de Colomb-Béchar
Comme d’un morceau d’histoire
D’un destin partagé
D’une France qui a oublié
Qu’à la porte du Sahara
Ses soldats et ses paras
Se sont battus et sacrifiés
Pour que notre drapeau flotte
Jusqu’au-dessus des grottes
Au vent de la liberté,
Celle qu’on doit aux  légionnaires
Aux  képis blancs légendaires

Qui, après chaque opération,
Venaient rue Lieutenant Ferrand
Ou à la sortie des écoles
Nous porter sur leurs épaules.

 
Colomb-Béchar est loin derrière
Enfouie dans nos mémoires,
Nous qu’on appelait pieds-noirs
L’avons gardée dans nos prières.
 

Ces reflets de notre communauté
Sont pour nous et nos familles
De toutes lignées de pères en filles
Un  petit brin de cette fierté
D’avoir été dans ce désert
Parmi nos vaillants militaires,
Dans cette oasis d’éternité
Des artisans  de cette France
Qui a bercé notre enfance
D’espoirs et d’amitiés.

 
Je pense à nos synagogues
Où s'apprenait le décalogue
Et chaque semaine la torah,
Sa Paracha, son Haftara,
Où se fêtaient des bar-mitsvas,
Avec l'odeur du vieux  papier
Des livres saints de cuir reliés.

Quel  Bécharien peut oublier
Sans risquer de se renier
La cuisine de ses parents
Où tout est fait maison,
Mouton  gras et beaux  pigeons
Le couscous et la loubia
Méchoui et calentica
Sans oublier la téhala,
Salade cuite et boulettes
Et les abats  en brochettes,
Les tomates bien juteuses
Aussi rouges que pulpeuses,
Les pains ronds du Shabbat
Pétris dans une bonne pâte,
L'incontournable dafina
Dont on fait tout un plat
Qu'on va chercher au four banal
Comme on se rend au bal
Dans  la chaleur de midi
Au milieu des marmites
Où aucune famille n'oublie
Son symbole de pâte cuite,
Car emporter le plat d'un autre
Serait offense à ses hôtes.


Voici pastèques et melons
Dont les graines décortiquées
Etaient un vrai passe-temps
Sur les trottoirs  où s'alignaient
Nos sœurs et nos mamans
Et leurs jeunes enfants,
Les samedi après-midi
Pendant la sieste des maris,
En sirotant bruyamment
Du bon thé chaud à la menthe
Et parler abondamment
De la famille et de ventes,
Car le commerce faisait partie
De notre passé, de notre vie,
Ou papoter tout simplement
Des pluies rares et du beau temps,
Ou attendre qu’Isaac ficelle
Nous apporte les dernières nouvelles.

 
Ah ! Les bouquets de menthe fraîche
L'écorce des oranges qu'on sèche,
La coriandre et le cumin
Qui  exhalent leurs parfums
A chaque repas ou festin,
Comme le vin et l'anisette
Servis chaque jour de fête
Et nos grosses gargoulettes
Où l'on conservait l'eau
A l'ombre des terrasses là-haut.

 
Et que dire des promenades
Des courses et des ballades
Dans les allées bordées
De roses, jasmin, palmiers
Des vacances à Oran
Et des plages du Cap Falcon
Des bancs publics du P'tit Vichy
Pour y rêver loin des soucis
Des séances de cinéma
Avec bonbons et chocolats
Des jeux  de billes multicolores
Avec tirages au sort
Et de noyaux  d'abricots
Dans de vieux  sacs en tricot
De cow-boys et d'indiens
Place de l'église dimanche matin,
Où chacun s'amusait
A libérer des prisonniers,
Ou faire partie d’une bande
Qui mettait tous à l’amende.

 
Et toi place des chameaux,
Aux  blanches arcades
Ils t'aimaient les coloniaux
Qui venaient par myriades
Acheter du beau bétail
Et des balles de coton,
En gros comme au détail
Toiles de jute et de nylon
Ou simplement flâner
Dans la poussière ocrée
Que le désert apportait
Dans ses vents chauds d'été,
Pendant que les tailleurs
Assemblaient des sarouals,
Des vareuses de tirailleurs
Et de belles robes en voile.

 
Qui oubliera les youyous endiablés
Que nos mères entonnaient,
Et leurs chants colorés
De tristesse, de gaieté
Au son des mandolines,
Des violons et derboukas,
De musiciens en chéchias
Et aux  voix  de praline.

 
La famille Benichou
Et ses prestigieuses lignées
De grands rabbins et penseurs
Juges éclairés et bienfaiteurs
Par ces lignes comprendra
Que les valeurs sont un tout
Et l’union notre destinée.
Je n'oublie pas les Benitah
Les Bensimon, Abihssira
Les Hayoun et Benayoun
Sans omettre les choukroun
Les Hazout et Benhamou
Les Assouline et les Abbou
Je crois aussi des Zenou
Les Amouyal et Benzekri
Les Aboukrat et Dubarry
Les Dahan et les Teboul
Les Benchetrit et les Melloul
Les  Sebban et Azeroual
Les Amar et les Attal
Les Benaroche et les Atlan
Les Layani et les Nezri
Et bien sûr les Cohen et Lévy
Et le doyen Maman ici présent.
Que tous ces noms soient bénis
Comme leurs surnoms et quolibets

Si beaux  reflets de leurs attraits.
Pardon pour ceux oubliés
Dans leur exquise diversité
Colomb-Béchar était un tout,
Ils sont maintenant partout
Dans une Europe mondialisée
Où leur mémoire s'est enlisée.
Ils sont nombreux  en Amérique
Au Canada et même l'Afrique,
Comme en France et Israël
Où revivre n'est pas que miel.
Beaucoup sont au Paradis
Et ne méritent pas l'oubli.

 
Avec mon cœur de Bécharien
Et un inconsolable destin
Je prends plaisir à vous offrir
Ces tranches de souvenirs,
D’une enfance partagée
Dans l’insouciance et la gaieté
Béchar si loin à l’horizon
Mérite une place dans notre présent.
 

A nos familles de là-bas,
De belles pages de Jacob Oliel
Comme un rayon de soleil,
Un coin de notre Saoura
Où, entre palmiers et siroccos
Se raconte une belle histoire
Faite de douloureuses mémoires
De petit lait, dattes et gâteaux,
De juifs, arabes et chrétiens
Qui se sont donné la main
Jusqu’à lier leurs destins,
Et que les dunes ont engloutis
Dans l’amour comme dans l’oubli.

 
Restons les gardiens de cette mémoire
Nous, anciens de Colomb-Béchar,
Nous sommes les fruits d’une sagesse
Forgée dans le labeur et l’allégresse,
Dans les legs de nos parents,
Dans notre chair et notre sang.

 

William-Israël  Benichou, Né à Colomb-Béchar
 

 

Je dédie ce poème à tous les juifs de Colomb-Béchar ainsi qu’à leurs enfants et petits-enfants.

A celles et ceux  de mes compatriotes avec lesquels j’ai eu le bonheur de partager  la journée du dimanche 20 mars 2016 autour d'un déjeuner typiquement bécharien, je veux redire mon émotion et le plaisir de les avoir retrouvés, pour beaucoup d'entre eux  après quelques décennies, notamment des membres de la famille  Benichou.

Et je tiens à rendre  hommage à la Communauté  Israélite de Villeurbanne, à son président et aux  organisateurs,  qui  ont su si opportunément créer  les conditions de cette rencontre  autour  du judaïsme de Colomb- Béchar.  Nous avons eu là une nouvelle démonstration  de la vitalité  de cette communauté  qui a su créer du lien  en rassemblant, dans une  salle  située au-dessus de la synagogue, près de cent cinquante membres de la communauté  juive  Bécharienne  élargie.  venant , pour  beaucoup d'entre  eux , de loin.

C'est également l'occasion d'adresser tous mes remerciements et mes félicitations  aux  différents  intervenants  qui ont contribué, par leurs témoignages et l'exposé de leurs recherches  sur les communautés  juives d'Algérie  et de Colomb-Béchar, à nourrir et raffermir ce qui doit désormais  être  partagé  et protégé  comme  une  précieuse  mémoire  commune.

Je voudrais aussi saluer l'excellente  prestation  du groupe  de musique  orientale  qui a clôturé  cette  rencontre , à travers un répertoire  de chansons dignes  de nos grandes  fêtes  juives béchariennes,   

Je suis fier d’avoir  pu prononcer  quelques  paroles introductives de réconfort et de bienvenue  en judéo-arabe,  avant la lecture de mon poème,  car  il  s’agit d’un élément fort de notre  patrimoine  linguistique  commun  que  nous  devons  tous  capitaliser et entretenir .

Ce poème, que j’ai eu grand  plaisir à composer, se veut, par-delà ses résonances  nostalgiques, ouvert comme  une fenêtre sur la vie et les générations à venir, à construire, en n’oubliant jamais d’où nous venons, notre  identité, c'est à dire nos racines, notre  culture, nos traditions, les enseignements  du passé et les valeurs transmises par nos parents, pour accompagner  nos enfants et petits enfants sur le chemin de la vie.

Je vous confie  ces vers avec la musique, les couleurs et les saveurs  qu’ils  peuvent susciter en vous et vous invite à les partager en souhaitant  qu’ils  puissent  faire revivre des souvenirs et émotions de notre chère ville de Colomb-Béchar, où étaient venus s'établir parents et grands-parents voilà plus d'un siècle,  cette ville-oasis et garnison militaire  qui nous a vus naître, qui a bercé notre enfance  et notre adolescence  et que nous avons dû, un jour,  quitter…
 

William-Israël  Benichou

 Mars 2016
 

La poésie juive

                               Chagall - Le Cantique des cantiques (3) © MBC, Photo P. Guerin © ADAGP, Paris, 2005

En premier lieu, il y a la poésie hébraïque, la poésie de l’hébreu, et avant tout l’hébreu de la Bible.

La Torah est un livre de poésie :

- Le Tanakh, qui comprend la Torah,

- Les Nevi’im – Prophètes – et

- Les Ketouvim – Écrits – n’est qu’un long poème.

il y a toujours dans le chant hébraïque un espoir immarcescible qui perdure à travers les âges, et un amour de la vie, qui s’épanouit, par exemple, dans le Cantique des cantiques et dans certains Psaumes.

Le Cantique des Cantiques – Chir Ha-Chirim -, Chant des Chants, est un poème amoureux, rapportant les amours parallèles d’un roi et de sa reine, d’un berger et de sa bergère.

Chagall a peint cinq toiles sur ce thème, il réussit à en rendre sensible les trois dimensions : musicale, sacrée et charnelle.

Pour en savoir plus :

http://www.terredisrael.com/infos/albert-deborah-bensoussan-poesie-juive/

http://www.modia.org/tora/nakh/chirachirim.html

MORIAL - Association loi de 1901 - Le nom MORIAL est déposé à l'INPI © 2011 Tous droits réservés
Site réalisé Avec joomla Conception graphique et développement : Eric WEINSTEIN