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ASSUS André - Le 8 novembre 1942 à Alger

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Témoignage d'André ASSUS
Témoignage d’André ASSUS (médecin) établi sur la base d’une conférence.
« Le 8 novembre 1942 à Alger »
Les prémices de l’insurrection
J’ai pris part à un acte essentiel de la « Résistance», le 8 novembre 1942 à Alger, et je voudrais rapporter la façon dont je l’ai vécue et ressentie.
Bien étrange époque que nous avons dû vivre durant cette seconde guerre mondiale… Nous nous en sommes sortis indemnes, perspective qu’aucun d’entre nous n’envisageait. Nous étions entrés clandestinement dès que ce fut possible dans ce qu’on appela par la suite la « Résistance ». En janvier 1941. 21 mois plus tard nous participions à l’action qui permit le débarquement américain en Afrique du Nord.
Le « putsch » des résistants français, puisque c’est ainsi qu’on appela ce coup d’état que nous avons exécuté le 8 novembre 1942 à Alger, fut le facteur décisif du succès du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord.
Il fut nommé par les français « opération Torche » : ce fut le tournant de la guerre contre l’Allemagne, et même le tournant de la seconde guerre mondiale.
La communauté française d’Algérie faisait preuve d’une adhésion totale à la collaboration avec l’Allemagne. L’Algérie baignait toute entière dans le marais de cette collaboration. Le maréchal Pétain et le gouvernement de Vichy ne trouvèrent nulle part ailleurs qu’en Algérie une adhésion aussi totale à leurs options.
Au printemps 1942, Pierre LAVAL prononça à la radio une phrase nette et sans équivoque : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne »… La « résistance » algéroise dont je faisais partie, et qui ne comprenait que de 350 à 400 résistants (377), fut l’actrice du 8 novembre 1942. Le secret et le silence étaient nos outils principaux.
La préparation du débarquement allié
La population civile de l’Algérie était composée, selon Michel Ansky, de 7 millions de musulmans, de 930 000 français et parmi eux de 130 000 français d’origine juive. À Alger même, la proportion des différentes composantes était sensiblement identique.
La résistance algéroise s’était constituée dès 1940-1941. Elle comprenait plusieurs éléments, essentiellement des sujets français, surtout d’origine juive, mais également, surtout dans l’armée, des sujets d’opinion royaliste, anti-collaborationniste comme l’abbé Cordier. Quelques musulmans étaient également avec nous. Les musulmans à cette époque refusèrent toute activité antisémite malgré l’invitation des autorités vichystes. À cette époque…
Notre mission était de constituer à Alger même un groupement de combattants ayant pour mission la neutralisation ou la destruction des commissions d’armistice allemande et italienne.
La collaboration avec l’Allemagne hitlérienne était étroite. C’est l’Amiral DARLAN qui donna à la flotte de Toulon, depuis Alger, l’ordre de se saborder, alors qu’il aurait fallu lui donner l’ordre de relier les forces anglo-américaines. Nous avons travaillé à la création, à l’université d’Alger, d’un groupe d’étudiants résistants, surveillé et protégé par André ACHIARY, le chef de la sécurité.
Avec José ABOULKER, âgé de 22 ans, nous créâmes à l’Université des groupes d’étudiants résistants dont le but n’était pas politique. Il s’agissait uniquement de lancer une insurrection destinée à aider un débarquement américain. Ces groupes comprenaient des jeunes, surtout d’origine juive et également des royalistes. C’est grâce à André ACHIARY, qui était à Alger le chef de la sécurité policière, ainsi que du mouvement du refus de la défaite qu’ils ont pu se constituer.
Il a réussi le recrutement et la composition des groupes, un rôle bien défini et absolument secret étant dévolu à chacun d’entre eux. Les résistants devaient s’exercer à des activités physiques pour s’initier et s’entraîner à la lutte possible contre les collaborateurs. Aussi, durant plusieurs mois nous fîmes de la culture physique et nous apprîmes à nous battre. Nous utilisions pour cela une salle de gymnastique de la Place du gouvernement d’Alger, la salle « Géo Gras », créée par André TEMINE et par précaution, dirigée par un non-Juif.
Parmi les chefs résistants il faudrait citer bien des personnes. Je n’en citerai que quelques unes. Tout d’abord André ACHIARY, décédé en Espagne il y a quelques années, qui fut indiscutablement l’un des plus importants. Il avait 33 ans en 1942.Il était entré dans la police en 1934, puis avait été nommé comme commissaire de police principal en Algérie en 1938 ; il entra dans la résistance en 1941 sous l’impulsion de René CAPITANT, jeune professeur de Droit et fondateur du mouvement « COMBAT » en France métropolitaine. ACHIARY forma avec CAPITANT une ramification du groupe, auquel j’appartins dès le début. Ce groupe « COMBAT » comprenait le colonel TUBERT de la gendarmerie, révoqué de ses fonctions par Vichy pour son appartenance à la franc-maçonnerie… Le colonel TUBERT était en rapport avec les services de renseignement alliés et avec un membre du 2e Bureau, ami d’ACHIARY. Je pourrais aussi vous citer les frères CALVET qui tenaient un magasin de couture, rue d’Isly appelé « Élysée-Couture » où, discrètement, nous pouvions cueillir des renseignements et surtout prendre des ordres. Le soir du 8 novembre, les frères CALVET vinrent au Commissariat Central d’Alger avec nous, où ils prirent en main toutes les communications téléphoniques.
L’opération Torch.
Quelle fut alors exactement notre Action dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942 ? Cette action avait été parfaitement organisée par nous tous, et surtout par nos chefs. Son but : empêcher la garnison militaire vichyste de se mobiliser contre les Américains et contre nous. Les objectifs avaient été parfaitement définis par nos supérieurs et nous mêmes. Il fallait réaliser :
1 – la rupture des communications entre Alger et la métropole ;
2 – l’occupation de tous les points stratégiques de la ville d’Alger ;
3 – l’arrestation des chefs susceptibles d’organiser une résistance au débarquement des troupes
alliées, comme le souhaitait le maréchal Pétain ;
4 – l’occupation des états-majors et de presque tous les commissariats de police d’Alger.
Le Commissariat Central de la ville d’Alger, situé boulevard Baudin, fut choisi comme quartier général de l’insurrection ; c’est à cet endroit que je me rendais. Aux cotés de José ABOULKER, fils du frère Henry ABOULKER, se trouvaient les frères COHEN ditsCALVET, cités plus haut, Bernard KARSENTY, l’abbé CORDIER, Pierre BARRUCAND, ainsi que Jean ATHIAS et moi-même.
Revenons en arrière, et rappelons que faute d’en avoir reçu l’ordre, il nous était interdit tout recrutement. Le silence, et surtout, le secret étaient nos outils et nos armes principales. C’est ce qui nous permit de vaincre les vichystes. Car la règle inflexible était d’ignorer les autres pour être incapable de les dénoncer et être à l’abri d’une dénonciation éventuelle, toujours possible ! Nous portions chacun un brassard marqué « V.P. » qui signifiait « volontaire de la place » mais on faisait croire aux vichystes, rencontrés par mégarde, que cela voulait dire « Vive PETAIN ». Ces brassards permettaient surtout de se déplacer dans la ville malgré le « couvre-feu » instauré durant la guerre, et qui interdisait toute circulation. Je portais cet insigne car je devais me déplacer d’une section à l’autre pour rencontrer nos partisans civils et surtout militaires et les informer.
Avec ma future épouse Marguerite, le 7 novembre nous allâmes, entre autres missions, voir des chefs militaires français dans la banlieue d’Alger. On leur annonçait que le débarquement devait avoir lieu le 8, le 9 ou le 10 novembre, l’un de ces trois jours. En fait nous savions qu’il devait avoir lieu le 8. Tous ces chefs militaires, qui étaient d’accord avec nous, étaient perplexes pour une raison tout à fait compréhensible : la pauvreté des moyens de guerre mis à leur disposition pour le combat par les anglo-américains. Malgré les promesses de ces derniers, il n’y avait que quelques rares vieux fusils, à peine quelques chars d’assaut, quelques canons anciens ; aussi, malgré leur désir de participer à l’action, cela les rendait hésitants.
La ville fut divisée en 3 puis en 5 secteurs à la tête desquels furent nommés des responsables.
Chaque secteur comprenait plusieurs groupes. Le 5e secteur était lui-même divisé, en trois sections dirigées par Jean ATHIAS, Pierre CARDONA, moi-même, et un groupe de jeunes gens. C’étaient des adolescents, des étudiants pour la plupart, dont certains avaient été exclus de la faculté par les lois antisémites. La réunion des chefs eut lieu à 18 heures, à Alger, 26 rue Michelet, chez José ABOULKER, fils du Frère Henry ABOULKER dans la zone du secteur où j’étais affecté. J’y ai donc participé.
La résistance comptait moins de 600 hommes au lieu des 800 prévus initialement, mais plus tard le chiffre exact, précisément calculé, fut encore réduit à 377. Pourquoi ce nombre réduit ? Parce que nous n’avions pas les armes automatiques prévues qui avaient été promises par les anglo-américains. Nous disposions d’à peine quelques vieux fusils Lebel, pas de mitraillettes, 8 chars d’assaut seulement au lieu des 70 annoncés. C’est JOUSSE qui décida du mot de passe qu’il nous transmit lui même : ce fut « Whisky Soda ». Le soir précédant le 8 novembre, emportant quelques armes de fortune dont je savais à peine me servir, je me rendis au Commissariat Central avec mon groupe commandé par JOSE : c’est de là que nous dirigeâmes l’action.
Notre action était essentielle. Elle consista principalement à la neutralisation du dispositif militaire et civil en place. Il était destiné par PETAIN à empêcher le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord. Il était composé aussi bien d’éléments appartenant à l’armée, au nombre de 11 000, que d’hommes plus ou moins collaborateurs de Vichy et des puissances de l’Axe, au nombre de 20 000.
Pour parvenir à cette neutralisation, les différents groupes agirent simultanément dans les différents points de la ville. L’amirauté d’Alger fut également occupée. L’un de mes cousins par exemple, Edmond ALBOU, faisait partie du groupe A2. Son action consista à prendre successivement avec quelques armes, d’abord la grande caserne PELISSIER, laissant sur place un détachement de résistants, puis le commissariat de police du 1er arrondissement dans la basse casbah, laissant sur place un second détachement, enfin le QG du général JUIN au Palais d’hiver avec le reste de la troupe. Le général JUIN, qui avait 54 ans, avait été nommé par Vichy comme successeur de WEYGAND à la tête des forces armées d’Afrique du Nord en 1941 pour aider l’armée de ROMMEL et la ravitailler en blé, en essence, et en matériels automobile.
Les résistants firent ensuite prisonniers les colonels, les généraux et les hauts fonctionnaires du Gouvernement Général qui, sur convocation, entraient au Commissariat Central pour recevoir des informations, sans pouvoir en ressortir : ils étaient nos captifs. Très vite, le sous-sol du commissariat central regorgea de prisonniers civils et militaires ; nous attendions le débarquement des troupes américaines qui malheureusement arrivèrent avec beaucoup de retard, l’après-midi du 8 novembre.
C’est ainsi que furent emprisonnés à Alger les chefs militaires soutenant l’armée de Vichy et le camp de l’Axe. Parmi eux l’amiral DARLAN et même le général JUIN qui était sur ces positions à l’époque, même s’il devait changer de camp ultérieurement. Rappelons que le général JUIN et le général De GAULLE se connaissaient : ils appartenaient à la même promotion de l’école militaire de Saint-Cyr.
TEMPLE, le préfet d’Alger, ETTORI, le Secrétaire général qui remplaçait le gouverneur général CHATEL, furent tous convoqués et arrêtés.
L’Action des résistants, rapidement engagée se révéla efficace.
Les 377 résistants entrèrent en action. Les câbles téléphoniques entre Alger et Vichy furent d’abord sciés et mis hors d’usage par l’un d’entre nous, tout en respectant les lignes affectées aux communications locales. Le central téléphonique d’Alger fut aussi occupé sans faire couler de sang, ce qui permit l’action des résistants. Le lieu où j’étais regorgea très vite de prisonniers civils et militaires.
Nous nous emparâmes également de tous les points stratégiques de la capitale. Alger était considérée alors comme la « citadelle de la collaboration ».
Cependant les civils et les militaires, y compris les officiers des troupes de choc, avaient pu être tenus dans l’ignorance totale des noms, des plans, et des buts de cette poignée d’hommes qui étaient à la tête de l’entreprise dirigée, nous l’avons dit par le colonel JOUSSE, André ACHIARY, le colonel TUBERT et l’américain Robert MURPHY. DARLAN, qui correspondait directement avec Vichy, avait déjà donné l’ordre à la flotte de Toulon de se saborder au lieu de rejoindre, comme elle l’aurait dû, l’Afrique du Nord. WZYGAND, un pète-sec comme on l’appelait, était également un collaborateur convaincu. Quand au général GIRAUD, qui n’arriva que plus tard, son but tenait en ces mots cités par G. ESQUER : « abattre les communistes, les Juifs et les franc-maçon ». Mais malgré ses engagements, Giraud n’arriva à Alger que lorsque tout fut fini. L’opération était entièrement terminée à 3 heures du matin. Les Américains et les Anglais n’arrivèrent que vers 15 heures, mais l’opération était déjà parfaitement réussie. Rappelons un détail important : parmi les Américains qui débarquèrent, beaucoup, la plupart même, étaient en réalité des Anglais qui avaient revêtu des uniformes américains.
Les jours qui suivirent, la résistance d’Alger commença à se douter qu’elle avait fait l’objet d’un marché de dupes. Au lendemain de la guerre, en 1945, après la capitulation allemande, le C.N.R.(Conseil National de la Résistance) organisa une réunion de toutes les organisations de la Résistance pour aider à résoudre les problèmes gouvernementaux, sociaux et politiques de la France victorieuse et de ses colonies. Il réunit à Paris, ce que l’on appela d’abord les « États Généraux de la Résistance Française » puis que l’on nomma, sur les instances de De Gaulle, les « États Généraux de la Renaissance Française ». Chaque groupe de résistants y envoya des délégués. Je fus nommé délégué de la Résistance d’Afrique du Nord. J’appartenais depuis janvier 1941 au groupement Libération Sud. Ces États généraux se déroulèrent à Paris, au palais de Chaillot, pendants 5 jours, du 10 au 14 juillet 1945, siégeant matin et soir. Toutes les régions de France métropolitaine et d’outremer étaient représentées. Les problèmes concernant les territoires d’Outre-mer, les protectorats et régions françaises d’Afrique du Nord, d’Amérique et d’Océanie, devaient être discutés et réglés lors de la dernière matinée du dernier jour, le 14 juillet. Mais ce jour là, les représentants d’Outre-mer et des colonies se trouvèrent presque seuls ; les représentants et délégués de la France métropolitaine, occupés par les problèmes de la métropole, étaient presque tous absents !
Le sort de la France hors métropole ne semblait pas les intéresser ou les concerner… Nous discutâmes donc entre nous, ce qui ne fit pas beaucoup avancer les choses.
Pour conclure, deux points importants doivent être signalés :
1) Le déroulement des événements à Alger même est à la base du retournement de la guerre et de la victoire finale.
2) Le curieux silence historique passé et présent sur ces événements. Ils ne sont pas mentionnés dans les livres d’histoire, les nôtres comme ceux de nos enfants. Il s’agit pourtant d’événements essentiels à la victoire sur l’ennemi nazi et vichyste.La plupart des auteurs des ouvrages historiques sont restés volontairement muets. Ils étaient peut-être dans l’ignorance des événements d’Alger. Lorsqu’on lit les livres d’histoire et que l’on songe aux livres qui nous ont été remis au moment où nous étions étudiants ou lycéens on peut se demander : ces récits, ces traités d’histoire ont-ils un rapport avec la réalité ? Car à Alger, ce sont de jeunes résistants, aidés par des personnalités comme ACHIARY, le chef de la police, le colonel Jousse, le colonel TUBERT, l’américain Robert MURPHY, qui ont été les vrais acteurs du retournement : même Giraud, qui devait débarquer à Alger comme prévu le 8 novembre vers minuit, n’arriva à Alger que quelques jours plus tard, une fois l’opération terminée. Ce n’est pas lui qui prit la parole le soir du 8 novembre, pour annoncer l’évènement mais Raphaël ABOULKER, fils du frère Henry ABOULKER, qui se fit passer pour GIRAUD à la radio.
Les Américains qui devaient débarquer à Alger vers minuit n’arrivèrent eux aussi que le lendemain, après que l’opération de neutralisation effectuée par les quelques 377 résistants a eu lieu. Les Américains débarquèrent en trois endroits de l’Afrique du Nord : au Maroc, à Oran et à Alger. Au Maroc et à Oran ils se heurtèrent à des éléments vichystes et à des membres de l’armée : cela entraîna des milliers de morts dans ces deux régions. Alors qu’à Alger même et dans la région algéroise, grâce à l’action des résistants et à la neutralisation des éléments civils et militaires, il n’y eut que deux morts, le lieutenant DREYFUS et le capitaine PILLAFORT et un blessé, Paul LEVI. De nombreux résistants furent également arrêtés, parmi eux mon cousin germain ; ils devaient être fusillés. Heureusement, comme nous avions déjà pris la ville, cette exécution n’eut pas lieu.
Ce qui ressort aussi, de cette époque, c’est la duplicité de trois hommes, DARLAN, GIRAUD et JUIN, qui ont collaboré avec Vichy, qui ont accepté ses lois et même participé à leur rédaction. Il nous fallait donc définir rapidement ce que devait être le but, le déroulement et le résultat de notre action, puis contourner ces trois personnages qui n’ont pas hésité à déporter certains d’entre nous après le débarquement. Sur les trois, l’un d’entre eux a été exécuté, un second écarté et le troisième pardonné en raison de son attitude ultérieure, lors de la campagne d’Italie et de la libération de la France. Mais cela suffit-il à l’exonérer ses trahisons antérieures ? N’oublions pas qu’il avait rendu visite à GOERING. Que se serait-il passé si notre action n’avait pas eu lieu, et si DARLAN n’avait pas été exécuté ? Comment le trio DARLAN, GIRAUD et JUIN se serait-il comporté ? Comment les Américains auraient-ils pu mobiliser les ressources de l’Empire en se réclamant du seul empêchement du Maréchal ?
En ce qui me concerne, j’ai vécu le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942, tournant de cette épouvantable seconde guerre mondiale, et j’ai participé à son succès. J’avais rencontré DE GAULLE en mai 1942. Nous avions évoqué le régime qui serait celui de la France après la victoire.
DE GAULLE pensait lui aussi, qu’il fallait rétablir la République pour unir à nouveau tous les citoyens français.

Commentaires (2)

1. Georges CARDONA Ven 27 Déc 2013
Pierre Cardona était mon père; il avait 18 ans et demi au moment de sa participation comme chef de groupe à cette action de la nuit du 7 au 8 novembre 1942 à Alger. Je l'admirerai et serai toujours fier de lui pour avoir été l'un de ces quelques dizaines de milliers de français auxquels leur intelligence et leur attachement à la France démocratique et libre ainsi que leur dégoût de la politique collaborationniste en ont fait des hommes et des femmes d'honneur. La complaisance après coup des dirigeants américains envers Darlan et Giraud ont permis à ces derniers de reprendre la main et de pourchasser les jeunes résistants algérois et leurs chefs; mon père fut contraint de quitter l'Algérie et il rejoignit les services de la France Libre à Londres. Georges Cardona

2. Levy Georges (site web) Sam 01 Déc 2012
Merci pour cet intéressant article.
Je pense que le résistant "Edmond Albou", cité comme un de vos parents, doit être Roger (ou Marcel) Albou. Ma famille a bien connu les cousins Roger et sa soeur Nelly Albou. (Nelly travaillait à la célèbre librairie de l'Editeur Charlot, "Vraies Richesses", rue Charras à Alger). Je sais que Roger a participé au coup d'Alger. Il devait être très jeune alors. Je me souviens, mais personne ne le rappelle, que sur le coté droit de la Grande Poste, là où fut assassiné le Lieutenant Dreyfus, avait été apposée assez tardivement d'ailleurs, une plaque en sa mémoire par les "Compagnons du 8 Novembre". Cette plaque a été détruite bien avant 1962, par des extrémistes*, si non par le F.L.N qui effaçât consciencieusement avec leur haine particulière tout ce qui pouvait rappeler la France.
* Ainsi fut abattue la statue de "La France", du sculpteur Bourdelle, érigée face à la perspective du Jardin d'Essai, au Hamma, devant le Musée des Beaux-Arts..

 

Commentaires   

0 # Colette Weinstein 15-12-2014 07:46
Bonjour monsieur georges CARDONNA,
Toujours sur le sujet de l operation TORCH, j ai place sur differents sites PN d alger, pour recuperer des temoignages des enfants de tous ces heros qui ont aide au debarquement des forces allies qui ont investi Alger sans combattre le 8 novembre 1942.
Pour me contacter mon mail.....
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0 # Gozlan Lucien 02-03-2016 05:06
Toujours dans l attente d une reponse de monsieur Georges CARDONNA pour l Action Heroique de son papa pour le rassemblement de tous ses jeunes camarades pour etre presents au soir du 7 au 8 novembre 1942 pour participer a la neutralisation de tous les hauts responsables civils et militaires petainistes de l epoque et de permettre aux Allies de debarquer aux alentours des plages d Alger et d investir la capitale sans combattre.
Rappel de mon
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0 # Assus Juttner 15-11-2017 12:41
Edmond Albou était le cousin de mon père, sa mère était une des sœurs de mon grand père Armand Assus , Roger Albou , ami de mon père n’avait aucun lien de famille , ils portent le même patronyme ils sont tous deux, Edmond et Roger , compagnons de la Libération
Bien à vous
Françoise Assus Juttner
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