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Entrée du mausolée de Ribach et Rachbats au cimetière israélite de Saint-EugèneNos Rabbanim fondateurs  de la Communauté ont été Ribach (Isaac Bar Chéchat  Préfect, né à Barcelone et décédé à Alger) et son successeur Rachbats (Simon fils de Tsémah Duran, né à Palma de Majorque et décédé à Alger).

À la mort de ce dernier, son fils Rachbach (Salomon né en 1400 et décédé en 1468 à Alger) prend la succession de son père.

Plus tard Rabbi Yehouda Ayache (né à Médéa en 1700 et décédé à Jérusalem à 1760) dirigea la Communauté selon les enseignements de Ribach et  Rachbats, et dans la stricte observance des coutumes ancestrales.

Tous ces Rabbins ont écrit des ouvrages capitaux en matière de halakha, consultés jusqu’à ce jour.

Ribach et Rachbats furent enterrés côte à côte dans le premier cimetière juif d'Alger qui s'étendait alors au bord de la mer, entre le Square Guillemin et l'ancienne gare de Bab-el- Oued. Ce cimetière, dont le titre de propriété rappelait un acte de concession du roi de Tlemcen, fut conservé jusqu'en 1844 bien que les inhumations y eussent cessé.

A cette date, il fut exproprié par arrêté du Gouverneur général, l'Administration ayant décidé d'y faire passer les nouvelles fortifications d'Alger.

Les ossements furent exhumés mais il ne fut pas toucher aux tombes des Maîtres.

La tombe de Ribach fut recouverte par le glacier de la fortification, la tombe de Rachbats pas le remblai du mur d'enceinte. En 1862, la Communauté fit élever sur l'emplacement de la tombe de Ribach, un édicule de style mauresque. Voici la description que nous a laissé Isaac Bloch, Grand Rabbin d'Alger, vers 1885 :

"L'intérieur de cet espèce de marabout dépassant à peine la hauteur d'homme est ornée de verres suspendus au plafond et dans lesquelles brûlent des lumières. Le sol est jonché d'une épaisse couche de sable où sont plantées des bougies allumées. À l'extérieur de chaque côté de la porte d'entrée, se lit une inscription en l’honneur du saint Rabbin ; celle de droite en hébreu, celle de gauche en français ".

Voici la traduction de l'épitaphe hébraïque que l'on peut encore lire sur la pierre tombale de Ribach et qui est reproduiet sur une plaque de marbre à l'entrée du nouveau mausolée.

Le poème est du Rabbin Ibn Kaspi, la traduction d'Isaac Bloch :  

« L'univers a frémi grandement / la fleur précieuse s’est fanée / les astres dans les cieux se sont enveloppés d'un voile de deuil. / Combien est déchue la gloire de l’enseignement / et s’est changée en absinthe le vin odorant  car D. a pis Isaac. / Il aspirait à monter vers les hauteurs. / il méprisait les bien de ce monde / où il pratiqua la vertu./ Il est gravé dans le trône de D./ il est compté à l'égal des anges/ il entend leurs chants / il est assis dans les demeures de gloire/ au Ciel il sourit. »

L'inscription française disait : "Ce monument a été restauré par la communauté israélite d'Alger à l'honneur du Rabbin Isaac Bar Chéchat, né en Espagne, décédé à Alger en 1408, dans sa 82e année".

En 1866, une plaque de marbre portant une inscription en trois langues :

Arabe, français, hébreu - fut apposée sur la partie du mur d’enceinte qui recouvrait les restes de Rachbats.

En 1896, les restes des deux Maitres furent transférés au cimetière israélite de Saint-Eugène où ils sont encore inhumésToute la population juive d’Alger suivit le convoi. 

Source de l'information

CHRONIQUES DES COMMUNAUTES JUIVES D'ALGERIE 
... AUJOURD'HUI DISPARUES (Edition Moriel) 

Pour en savoir plus

http://www.cimetiere-steugene.judaismealgerois.fr/mausolee_des_rabbanim.php