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Ouvrage broché, édité le 1 juillet 2019 aux Editions L'Harmattan
Présentation par Norbert Bel Ange

Yves Maxime Danan, en un peu plus de 220 pages, retrace ces années 1940-1944. Années capitales pour Alger.
Alger qui devient l’une des capitales du 
Monde Libre.
Yves Maxime Danan, malgré son jeune âge au moment des faits, fut un témoin digne d’intérêt. Il faut rappeler que son grand-père maternel était le professeur de médecine Henri Aboulker. Au domicile de celui-ci, il a pu vivre et comprendre tous les tenants et aboutissants des préparatifs du contrôle d’Alger par environ 400 jeunes juifs. Son oncle maternel était le fameux José Aboulker.

Ce contrôle d’Alger a permis aux troupes américaines d’entrer à Alger, quasiment l’arme à la bretelle.

Un exploit. C’était le 8 novembre 1942
Alger, en ces temps-là, est encore sous le contrôle de Vichy. Pour l’auteur, "Alger est la citadelle du Vichysme".

Cette première partie fait écho, en quelque sorte, au livre d’Alfred Salinas "Pétain, l’Algérie et la revanche", éditions l’Harmattan, paru fin 2018.

Le livre d’Yves Maxime Danan comporte un index des noms de personnes. Cela permet de mieux revenir sur le nombre impressionnant de personnalités, politiques ou militaires, qui ont foulé le sol algérois. En voici quelques noms : les généraux Giraud, Juin, de Gaulle, Eisenhower, Patton, Marshall…

Des politiques comme Winston Churchill, Antony Eden, Robert Murphy, Pierre Mendes-France, les frères d’Astier de La Vigerie tantôt militaires, tantôt hommes de l’ombre.

Très vite, l’auteur s’attelle à décrire minutieusement les préparatifs de cette opération du 8 novembre 1942 : la constitution des groupes, les objectifs à atteindre pour chacun des groupes, les moyens, les armes au demeurant fort dérisoires, les itinéraires.

Le quartier général de cette organisation est le 26 rue Michelet, en plein cœur d’Alger, la demeure du docteur Henri Aboulker. Une règle absolue : le secret, la discrétion.

Pour les Aboulker et leurs amis, la suite du 8 novembre 1942, fut moins heureuse. Le général Giraud les fit arrêter. Il a fallu que certains Américains s’en émeuvent et le pire fut évité.

Ce n’est pas pour autant que le régime de Vichy fut moins combatif. Le décret Crémieux fut à nouveau aboli en mars 1943.

L’arrivée du général de Gaulle à Alger le 30 mai 1943 ne résout rien dans l’instant.

Il a fallu tous les talents de de Gaulle-et il n’en manquait pas- pour écarter Giraud du pouvoir.

Pour les Juifs d’Algérie, il a fallu attendre la fin octobre 1943 pour que, en toute discrétion, le décret Crémieux soit rétabli et que les Juifs retrouvent la plénitude de leurs droits et leur statut de citoyens à part entière.

La reprise des combats s’était déjà amorcée dans les armées régulières.

Les camps d’internement réservés aux soldats juifs avaient  été fermés.

Les élèves et étudiants juifs avaient repris le chemin des classes et des facultés.

Il reste à écrire, selon moi, une sorte d’épopée du "26 rue Michelet à Alger", un roman. Et dans le livre d’Yves Maxime Danan, il y a matières et imbroglios à souhait.

Norbert Bel Ange le 22 octobre 2019