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Par Dan Atlan

Le Rav Ichoua Arouss (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Ichoua Arouss est né à Tanger en 1825 et est décédé à Blida en 1927, à l'âge de 102 ans. Dans son jeune âge, il était guide de caravanes et chamelier. A 20 ans, à peu près, il vint à Alger, puis s'installa à Blida où il fut cordonnier. II se maria et eut 5 enfants. Un jour, il fit un grand pèlerinage à Jérusalem - ce dont il rêvait depuis toujours. On raconte qu'il entra à Jérusalem à dos de cheval.

Dès son retour, il entreprit des études rabbiniques : il devint un Rabbin important de la communauté de Blida. Il perdit son épouse et se remaria à l'âge de 80 ans.

Chaque année, à la date de son Azguer, de nombreux fidèles venaient se recueillir et prier sur sa tombe, arrivant de tout le département et surtout d'Alger où un service d'autocars était organisé à cette occasion.

En effet, il s'était avéré que les voeux de plusieurs fidèles se réalisaient dans l'année même, surtout pour la fécondité soudaine de nombreuses femmes stériles.

La fille aînée du Rabbin Arouss, Léa, suivit les traces de son père ; elle épousa Baroukh Boukebza. Cette famille très pieuse, à Alger, fréquentait la Synagogue de la rue Boutin, puis celle de la rue Sainte.

(Ces propos nous ont été transmis par Mme Nicole Touboul qui est la  petite-fille de Léa et l'épouse de Sidney Touboul, notre ami et administrateur à Brit Chalom – la Synagogue algéroise de la rue Saint Lazare de Paris).
 

* * *


J'avais 10 ans quand ma mère Emilienne Léa Attlan née Nacache, native de Blida, m'amenait chez sa grand-mère Mémé Léa Boukebza qui habitait rue Randon à Alger.

On passait l'après-midi dans un grand appartement habillée à l'européenne avec son chapeau à plumes, Mémé Léa fasait grande impression sur tous ceux qui la côtoyaient, et surtout sur les enfants que nous étions ; elle parlait un français châtié, sans accent pied-noir, qui retenait toute notre attention. Elle avait deux fils, Albert et Raphael ; ce sont ces deux oncles qui ont élevé ma mère, ses parents étant décédés.

Mon grand oncle Albert organisait les départs depuis Alger pour le pèlerinage sur la tombe de notre ancêtre, le Rabbin Arouss : l'autocar nous amenait directement au cimetière de Blida.

Ce pèlerinage avait lieu tous les ans sur la tombe du Rabbin et réunissait toute la famille, les amis et les fidèles qui l'avaient connu. Après l'Azguer, c'est mon grand oncle encore qui organisait une seouda dans un espace en plein air à Blida.

Ma cousine Claudette Draï-Echet (aujourd'hui à Achdod) et mon oncle Lolo Nacache de Cannes s'en souviennent encore.

Source de l'information

CHRONIQUES DES COMMUNAUTES JUIVES D'ALGERIE 
... AUJOURD'HUI DISPARUES (Edition Moriel)