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Par Lucien Alezra                                                                 

A 100 km d’Oran; on arrivait à Mascara par la route Crève-Coeur (!). Elle culminait, en lacets, à 700 m d’altitude pour redescendre, 200m au-dessous, à l’entrée de la ville.

Débouché agricole de la plaine d’Eghris, on y cultivait surtout la vigne -et ses vins étaient réputés; longtemps on y a fabriqué du vin cachère.

Population juive de près de 4000 âmes, dont une partie avait quitté la ville pour s’installer à Oran ou en France déjà en 1939, à la faveur de la mobilisation.

La communauté disposait d’un cimetière et de 4 synagogues toutes situées dans la même rue, au centre de la ville. Superposées, 2 par 2 et de part et d’autre de la même rue, elles ont longtemps fonctionné; puis l’émigration aidant, elles ont été réduites à 3 puis à 2.

L’une était affectée aux Tétouanais, et les autres à la population locale.

Deux de ces synagogues avaient été offertes par la famille Bénadi. Depuis le début du siècle dernier, on avait connu les rabbins Bensoussan, Aaron Benhamou, Amsellem, Aziza, Salomon Alezra, Zini, Melloul, Benzaken, Joseph Marciano, Pinhas Touboul et Tordjman.

Les derniers présidents avaient été Isaac Bensoussan, Moïse Nahon et Joseph Bensadoun.

Il y avait cinq boucheries cachères tenues par des Juifs. La communauté disposait d’un four pour la fabrication des matsot.

Il y avait une adjudication annuelle pour ravitailler en matsot, à part la ville, Saïda, les alentours (pas Oran) et le Sud -notamment Laghouat, Ghardaïa et Aflou qui étaient clients.

On ne peut manquer d’évoquer ici le célèbre Rav Mordehaï Darmon (Mascara 1740 -Tlemcen 1810), mandataire officiel du Bey de Mascara dans les domaines politique et économique. Savant en Tora, il est l’auteur du Maamar Mordehaï, commentaire sur la Bible et le Talmud. Possesseur d’une grande fortune, il était bienfaiteur, soutenait les yechivot de Terre Sainte, les institutions caritatives de l’Oranie. Il fit construire de ses propres deniers la synagogue rue de Ratisbonne d’Oran et qui portait le nom de sa famille.

Source de l'information

CHRONIQUES DES COMMUNAUTES JUIVES D'ALGERIE 
... AUJOURD'HUI DISPARUES (Edition Moriel)