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De Hubert Zakine

Cet ouvrage broché de 79 pages est paru le 20 mai 2020 chez l’éditeur "Les Presses du Midi". 

Chez moi, c'était la maison du bon Dieu. Du bon Dieu et de ma mère !
Ma mère la pauvre ! La pauvre ou raïbah dans le langage judéo-arabe de la casbah d'Alger et de toutes les femmes de la famille.

Elle était pas du genre à s'arracher la figure mais presque. Y faut dire que la vie elle l'avait pas gâtée. Veuve à 36 ans avec trois chitanes en bas âge ! Alors, obligé, elle a été mon père et ma mère, la pauvre ! Chez moi, c'était pas grand mais n'allez pas me faire dire ce que je veux pas dire, c'était quand même pas mesquine.

Trois pièces, cuisine, salle de bains avec douche s'il vous plait, un grand couloir et un balcon. Purée, j'ai trouvé ma voie, agent immobilier, ce sera mon métier quand je serai grand !

À Bab El Oued, c'était pas tous les appartements qui avaient une salle de bains avec la douche et tout ! Chez moi, la douche, elle servait à rien parce que, ma mère, la pauvre, chaque sou, c'était un sou.

 Alors, macache, la douche quand on a la mer Méditerranée qui était en bas de la maison. Eh ouais, il faut pas exagérer, quand même. Ma mère, la pauvre, elle s'escrimait pour qu'on mange à notre faim tous les trois (ah ouais, elle avait trois morfales à la maison) alors, le gaspillage très peu pour nous.

C'était pas les deux orphelines mais les trois orphelins.

Pour en savoir plus
http://hubertzakine.blogspot.com/2019/06/ma-mere-la-pauvre-ou-raibah-ma-mere-de.html

http://www.morial.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=199:ma-mere-juive-d-algerie&catid=66&Itemid=462