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 Les Mères juives, gardiennes d’Israël !                                                                    

                              Par   

           Charles BACCOUCHE                 

 

         

Hava la mère des vivants, émerge toute fraiche à côté d’Adam, qui n’est pas encore l’Homme, mais une étrange créature faite d’argile et que l’esprit divin a doté d’un souffle de vie :

Aleph est âme de l’esprit et Dam-sang qui est l’âme du corps. A-DAM

Adam est sans inquiétude (il ne sait même pas ce que cela signifie), c’est l’Etre de l’en soi, il va heureux, dans un Jardin enchanté, sans Histoire et donc sans avenir, puisque au jardin d’Eden, le temps n’a pas de prise.

Adam l’innocent absolu, donne leurs noms aux animaux, et ne parle qu’au Tout Puissant qui seul, connait le secret de la Création- Il est le Créateur, c’est bien normal.

Appelant les animaux par leurs noms, Adam pas plus bête qu’un autre, évidemment il est seul, s’aperçoit qu’ils vont par couple. Lui seul serait sans compagnie ?

Il se plaint au Maitre de l’Univers qui ne lui refuse rien (pas encore) et le voilà à l’issue d’un lourd sommeil doté d’une compagne, a-t-il le pressentiment que le temps de l’innocence est terminé, à cause de ce caprice?

Elle c’est Eve ou Hava ou Haïa, qui est une partie de lui, mais une partie qui est contre lui (Ezer quénegdo). Contre lui pour l’amour et contre lui pour le semoncer lorsqu’il chute.

Pour Adam, l’époque de  l’innocence est révolue, mais aussi celle de l’insouciance. Il entre avec sa compagne dans le temps, dans l’Histoire et dans les ennuis.

Chassés de l’Eden pour des broutilles, mais désormais gardé par un ange de feu.

En effet, ils ont goûté à un arbre qui leur était interdit, et l’on sait combien est attirant ce qui est refusé. Ils ont appris à cause ou grâce à cet arbre, que l’Eden débouchait sur le vaste Monde dont ils feront la conquête à travers les péripéties pas toujours drôles, de l’Histoire.

Mais Adam tout seul est une âme en peine, sans Savoir, perdu dans l’immensité de l’espace qui s’ouvre devant lui, sauf que maintenant, il est uni à Eve dont le nom sera Haïa-la mère des vivants.

Ils vont procréer et lancer le temps de l’Homme dans le sillon du temps de Dieu.

Hava est la Femme capable de soutenir le Monde sur ses épaules pourtant pas si solides. Elle enfante et se révèle plus qu’une épouse, une Mère qui va surplomber l’avenir des humains et la destinée d’Israël. 

                                                               *

                                                           *      *                                                                                 

A l’orée de l’Histoire dans la protohistoire d’Israël, les hommes sont dotés d’une belle musculature et d’hormones mâles qui leur donnent un net avantage sur les femmes sans muscles puissants et qui sont dotées d’Hormones femelles qui manifestement, les défavorisent dans la lutte pour le pouvoir au sein du clan et contre les autres clans.

Le mâle est une créature guerrière par excellence, la femme est ravalée en gardienne du foyer et de nurse pour enfants.

Toutes choses étant égales, le clan de Chem, dont descendront les Hébreux, n’est pas au départ, plus reluisant que ses concurrents. Les rivalités se règlent dans la violence, par le meurtre et par la guerre sempiternelle.

L’Histoire d’Israël commence par deux vieux nomades qui s’aimaient Abram le haut père, et Saraï sa princesse. Ils vont poser les fondations de la vocation juive qui est une vocation morale. Ils ouvrent leur tente et quiconque peut y entrer se nourrir, et étancher sa soif. 

Ils sont capables d’entendre la Voix du Tout Puissant, tout le monde n’a pas cette capacité, il faut une totale rectitude morale pour en percevoir l’écho.

Cette Voix ordonne de quitter la maison de son père, de quitter sa maison et sa patrie pour aller vers une destination inconnue. 

Les voilà partis sur une route qui les mène vers le pays que le Maitre du Monde à décidé de donner à leur descendance. Quelle descendance ?

En effet changeant de lieu, ils changent de noms et de destin, cela reste d’actualité selon notre tradition (Mi méchané makom méchané mazal) et alors ? Alors les Hébreux seront issus de Sarah et d’Abraham et voici comment :

 

Il devient Abra-h-am, elle devient Sar-ah, il gagne un Hé, elle perd un yod et gagne un Hé,

Ils intègrent chacun la Lettre Hé qui est deux fois dans le Nom ineffable.

Cette lettre deux fois donnée par la grâce du Très Haut, enracinera leur généalogie dans la vie éternelle.

Qui se voit attribuer cette Lettre du Nom, voit sa descendance s’étirer à l’infini.

Dans ce dessin, Marc Chagall nous raconte en lithographie un autre chapitre de la bible qu’il a sélectionné avec soin. L’œuvre se réfère à la Genèse 18, 1-21. Les messagers de Dieu apprennent à Sarah, la femme d’Abraham, qu’elle allait donner naissance pour la première fois. Malgré son âge avancé, elle doit donner vie à un fils.


- De Sarah, naitra Isaac, et seulement Isaac,

- D’Isaac et de Rivka naitront Esaü et Jacob, mais leur mère Rivka donnera sa préférence à Jacob,

- De Jacob qui deviendra Israël pour avoir pu (Yakhol) affronter les Puissances célestes et les Puissances terrestres naitront les 12 tribus d’Israël, par les femmes exceptionnelles que furent Léa et Rahel, c'est-à-dire treize, en comptant Dinah leur sœur.

On sait (les juifs décidément ne font rien comme les autres qui honnissent ce nombre) que le nombre treize compose la moitié du nom du Très Haut.

Souvent l’Histoire de ce peuple petit et tenace, hésite entre la chute et le salut, engagé sur le pont étroit qui relie l’épopée d’Abraham et de Sarah aux tribulations des juifs en leurs longs et douloureux exils.


A la stupéfaction des Nations ils reviennent blessés et vivants dans leur pays, de lait et miel qui fut donné jadis à leurs pères pour qu’eux-mêmes en fassent leurs délices.

De fait, l’Histoire se bloque ou s’engage dans un cul de sac, jusqu’à ce que des Femmes surgissent et étendent leur foi et leur courage sur les communautés d’Israël, et la relance vers l’espérance d’un avenir de paix et de sérénité.

 

Tamar est la femme qui enfantera les futurs rois d’Israël, presque à l’insu de Judas qui s’égare dans des calculs de courte portée, pour soustraire son fils restant Chela à Tamar, la délaissée.

Par sa ténacité et son intelligence, Tamar lui donnera deux fils, dont l’un sera l’ancêtre de David, le roi d’Israël pour l’éternité. "Elle est plus grande que moi" dira Judas.

Puis viendra Myriam la grande sœur de Moshé, le Maitre incomparable, elle qui saura le faire adopter par la fille même du Pharaon. Myriam la prophétesse qui entraîne le puits d’eau vive derrière les hébreux durant leurs quarante années d’errance dans le désert hostile. Le puits de Myriam, se tarit à la mort de cette prophétesse, mère nourricière. Ils en seront marris et se révolteront encore.

On ne peut omettre Tsiporah, fille de Yétro que Moshé épouse lors de sa fuite d’Egypte.

Elle la bergère, sans grandes connaissances, va voir mieux que le plus grand des prophètes. Elle va conjurer la mort qui les attend dans un petit motel, parce que Moshé a oublié de circoncire son fils, avant d’entreprendre l’immense mission que Hachem lui a confiée, de faire sortir les enfants d’Israël d’Egypte, la Maison d’esclavage.

Tsiporah comprend immédiatement le sens de l’agression divine, circoncit elle-même leur fils Guershon, et jette le prépuce entre les jambes de son époux imprévoyant lui disant : "Tu es un époux de sang pour moi".

Moshé l’Homme de la Providence, le futur Guide d’Israël, lui qui "parlera avec Hachem face à face comme deux amis conversent ensemble", est sauvé par la droiture et l’intelligence de son épouse, dont l’acte intrépide sauve l’Histoire juive en le sauvant aussi. 

Les femmes fortes qui relient Israël à sa vocation, lorsque l’Histoire vacille, sont nombreuses :

- Les filles de Celophad : Avant l’entrée en terre de Canaan, Moshé doit procéder à la répartition du pays entre les Tribus selon leur taille.

Les affaires avancent sans difficulté, lorsque les cinq filles de Celophad, cet homme mort naturellement sans laisser de fils, s’approchent et se tiennent debout bien campées sur leurs jambes, devant Moïse, et Eléazar le Cohen et toutes la Communauté d’Israël

Elles interrogent : Pourquoi l’héritage de notre père serait il distribué à d’autres, alors que notre père ne s’est pas joint à la révolte de Korah qui lui et sa clique qui furent engloutis vivants ? 

Cette fois, Moshé le Serviteur de l’Eternel, ne sait pas.

Il s’en va interroger Hachem qui dit "OUI- Ken" ont parlé les filles de Celophad, oui elles ont raison, désormais toute famille dont le père meurt en ne laissant que des filles, son héritage leur reviendra. Nos Maitres et la tradition voient dans cet évènement la création de la Thora orale, du droit hébraïque, de la Halakha et le Talmud qui régissent jusqu’à nos jours la vie des juifs.

Rachi leur rend hommage lorsqu’il enseigne «heureux l’être humain qui voit le Tout Puissant en accord avec lui »

- Ruth la Moabite tient une place essentielle dans le cours de notre Histoire, elle la pauvre femme étrangère, qui a perdu son époux mais fidèle, elle suit Naomie sa belle-mère, et ainsi, rejoint le peuple hébreu, se convertit, et suivant les conseils de sa belle-mère, épouse Boaz le généreux de la lignée de Judas.

Ce Couple sans défaut, lancera la lignée messianique des rois d’Israël qui passe par David et Shlomo.

Ces deux femmes ont élargi la vocation juive à l’ensemble de l’Universel humain. (Manitou)

Hanna la femme qui nous a appris comment se tenir droit et prier en silence devant le Maitre de l’univers, lorsqu’elle lui demandait de la rendre féconde pour qu’il lui donne un fils. Elle fut exaucée et fit naitre Shmouel le Prophète inespéré, qui fut l’équivalent de Moshé Rabinou lui-même

D’autres femmes nombreuses, dans la lumière et souvent dans l’ombre, ont influé sur la destinée des hébreux

- Déborah la Guerrière-Prophétesse,

- Judith l’héroïne qui trancha la tête du terrible roi des Amalécites

 

Pourquoi ne pas intégrer des femmes modernes qui participent à la poursuite de l’Histoire juive qui, n’en déplaise à nos ennemis, est une histoire éternelle ?

 

 

 

 

- Golda Meïr,
- Les héroïnes modernes,
- Les pilotes,
- Les soldates de Tsahal.

 

 

 

 

Et toutes les mères d'Israël qui tremblent mais uqi bénissent leurs enfants qui s'en vont aux frontiéres toiser et vaincre l'ennemi.

Ce sont ces mêmes femmes dont l’action et l’enracinement au sein de leur peuple assurent la pérennité (Netsar) d’Israël.

Grâce à elles, le Tout Puissant qui ni ne dort ni ne sommeille, étend la tente de sa paix sur nos têtes et couvre son Peuple de sa Providence tant dans le malheur des temps que dans les bonheurs du jour.

 

Charles Baccouche