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ABRAHAM ou L'ART DE LA NEGOCIATION (Genèse 18, 1 - 22, 24)

Caroline Elishéva REBOUH

Voici qu'Abraham a opéré le commandement d'Hashem sur lui-même. Il craint que cette circoncision ne l'empêche de s'approcher des autres personnes membres des autres nations, alors que cette "marque" ne sera visible que par D et non aux yeux des hommes.

Cependant D va montrer au patriarche qu'en accomplissant la circoncision il s'est rapproché de D qui va se révéler à lui alors que la souffrance de l'homme est à un point culminant et qu'il fait une chaleur insupportable. 

 

 

Malgré cela, le patriarche s'assied à l'entrée de la tente car il ne peut malgré tout s'empêcher de pratiquer l'accueil d'hôtes de passage.

L'on dit d'ailleurs que cette tente comportait quatre ouvertures (une ouverture à chacun des points cardinaux) pour éviter à un hôte de passage d'avoir à faire quelques pas de plus pour pénétrer dans la tente.

Abraham est un homme saint et simple. D vint lui rendre visite (c'est d'ici que l'on apprend d'ailleurs qu'on ne rend visite à un malade qu'à partir du troisième jour de maladie) et puis, la souffrance ayant rendu Abraham insensible au monde extérieur, D va déciller les yeux du patriarche qui va apercevoir ses trois visiteurs qui ne sont autres que des messagers divins.

C'est d'ici aussi que nous apprenons par le truchement de Rabbi Binyamin cité par le midrash rabba : "אמר רבי בנימין הכל בחזקת סומין עד שיבוא הקב"ה ויפקח את עיניהם" c'est-à-dire : Rabbi Binyamin a dit tout est comme s'ils étaient aveugles jusqu'à ce que le Saint Béni Soit-Il vienne et décille leurs yeux –ségoula pour trouver un objet perdu.

Apercevant donc ses futurs hôtes, Abraham prend congé de D en Lui signifiant que se présentent des voyageurs qu'il se doit d'accueillir. Abraham est si simple qu'il s'adresse à D comme s'il avait parlé à son semblable. Il s'empresse malgré sa souffrance pour accueillir ces hôtes prestigieux et leur laver les pieds pour les rafraîchir de la chaleur de la route et leur permettre de se sentir plus à l'aise sans la poussière du chemin.

Cette parasha est très riche en enseignements surtout en ce qui concerne la conduite de l'homme vis-à-vis de ses semblables même si dans ce cas précis Abraham ne sait pas encore que ces hôtes sont divins.

Il prie sa femme de préparer un repas et il aperçoit (là encore ses yeux se décillent) un veau qu'il juge convenir aux invités. Le veau s'éloigne, Abraham le poursuit et il rejoint la jeune bête en un lieu précis d'où il sentit s'échapper des senteurs particulières et il comprit qu'il se trouvait à l'entrée du jardin d'Eden. Il se promit d'acquérir plus tard ce "terrain" et c'est en fait ce terrain même qu'il acquit plus tard d'Efron ben Tsohar pour 400 sicles d'argent afin d'y enterrer Sarah.

Comment sait-on qu'il s'agissait du Gan Eden ? Car il est écrit dans le Zohar : "Lorsqu'HaKadosh Baroukh Hou entre dans le Gan Eden pour rendre visite aux tsadikim les arbres délivrent des parfums délicieux" (Zohar parashat Lekh Lekha 77).

Lors de cette sidra, Abraham va se livrer à des négociations pied à pied avec le Créateur pour tenter de défendre ses semblables et c’est à un véritable marchandage qu’il se livre avec HaShem pour donner des chances d’être sauvées à des villes où l’immoralité faisait force de

loi en essayant de mettre en balance les mérites supposés de certains pour le rachat d’impies.

C'est aussi dans cette parasha que l'on va assister à l'épisode du renvoi de Hagar et de la Akedat Itshak. Mais, auparavant, Sarah donne le jour à Itshak. Et là on va se poser la question de savoir pourquoi cette naissance est miraculeuse.

Nous savons depuis la fin de la parasha de Noah que Sarah était stérile et Rahel aussi était stérile pourquoi ? La réponse classique est que D aime recevoir la prière des Justes mais en ce qui concerne Sarah, il y a plusieurs raisons et l'une d'elles est que D a voulu que le cycle qu'elle avait, comme toutes les femmes, fût complètement tari pour qu'il y ait une scission complète avec ce qu'elle fut avant et la civilisation à laquelle elle appartenait pour donner naissance à un enfant saint né par la grâce divine et pour que le peuple soit saint parce que cette naissance est véritablement miraculeuse puisque le texte précise que Sara n'avait plus le tribut des femmes.

La Âkédaou ligature d’Itshak est en elle-même un sujet sur lequel on pourrait disserter très longuement, mais on ne peut parler de Vayéra sans parler de ce thème. En demandant à Abraham de sacrifier son unique fils, D va éprouver l'amour de cet homme pour son D. Le lieu (מקום) désigné pour cet acte d'entière dévotion est le Mont Moriah, l'endroit où le Temple sera construit.

Cet endroit, ce lieu en hébreu "makom" est le lieu où réside la Shekhina puisque dans certaines occasions on désigne D comme "makom" mais aussi le mont Moriah va être appelé certaines fois le mont de la Vision car il est écrit dans notre sidra qu'Abraham a "levé" les yeux qui est une expression biblique pour signifier qu'il s'agit d'une vision prophétique et cet endroit fut désigné par Abraham par ce nom "HaShem Yéraé" D Se montrera.

C'est à la suite de ce "sacrifice" que seront institués par la suite les sacrifices du matin et du soir (Abraham le matin ou midat' hahessed et le Soir Itshak ou midat' hadin' la prière de l’après-midi est en rapport avec Jacob).

A la question de connaître la finalité de cette ligature d’Itshak nous développerons à part ce sujet.

Caroline Elishéva REBOUH