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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

Par Charley Goëta

Le Rabbin Chalom Guedj , poster en tenue Civile

La population de Sétif avoisinait les 100.000 habitants (80% de Musulmans et 20% d'Européens, comme on nous appelait là-bas).

Nous formions une communauté juive de 400 familles gravitant autour de deux Synagogues :

- La Grande Synagogue à l'architecture classique avec une galerie élevée pour les dames et
- La Petite Synagogue formée d'une grande salle carrée.
Dans la Grande Synagogue, nous avions la chance d'avoir de nombreux rabbins (Rabbi Nessim Laloum, Chalom Guedj, Allouche, Haïem Halimi, Guy Hadjadj) qui, par la complémentarité de leurs talents, organisaient des offices magnifiques.         

 ⇰ Collection de l'album familial du Grand Rabbin René Guedj(Photos 1- 3 - 4 . 5 - 6)

En accord avec le Rabbin René Guedj, notre Ami Jacques NAKACHE de l'Association des Juifs Originaires du Constantinois ( AJOC) m'a transmis ces photos. Reproduction interdite.


Dans la Petite Synagogue officiait le Grand Rabbin de Sétif, . Ce dernier avait créé une fabrique de Matsot — pains azymes — pour la fête de Pessah et qui arrivait à fournir toute la région et le Rabbin Sion Benolliel (1882-1951).

Le Talmud Torah était adossé aux deux Synagogues. Quand je revois son organisation, cela interpelle fortement l'enseignant que je suis devenu, car on ne respectait pas du tout les rythmes de l'enfant. On s'y inscrivait dès l'âge de 6 ans, l'année du cours préparatoire et on y terminait ses études à 13 ans, après la bar-mitzva. Nous n'avions pas de journée de repos (ce qui peut paraître étonnant). Tous les jours de la semaine étaient pris : cinq jours à l'école laïque et deux jours au Talmud Torah (jeudi et dimanche matin et après-midi).

 

Et pourtant, je conserve un souvenir ému et une reconnaissance infinie à tous ces Rabbins qui, dans leur diversité ont su construire en nous un judaïsme et une foi authentiques empreints de ferveur et de passion. On commençait à découvrir l'aleph-beth avec Grand-Joseph, grand gaillard à la moustache gauloise ; puis nos textes et nos premières prières étaient découvertes et ressassées avec le Rabbin Nessim Laloum, beau vieillard à barbe blanche. 

Chalom Guedj en compagnie de membres de la communauté juive de Sétif

Quand nous avions acquis une lecture courante, nous étions dignes de suivre les cours du Rabbin Allouche. Ce dernier était étonnant, nerveux, très exigeant et ne edaignait pas les châtiments corporels pour obtenir des résultats. C'était un pédagogue très moderne pour l'époque. Il avait intégré la notion d'emploi du temps et alternait les différentes disciplines.

Il nous faisait traduire la Sidra de la semaine dans un français très recherché (j'entends encore sonner "le sacrifice propitiatoire"), il nous enseignait la grammaire (je n'ai pas oublié « le vav conversif et il terminait la journée par le récit d'un épisode de l'Histoire Sainte, notre moment préféré.

  Chalom Guedj en compagnie de membres de la communauté juive de Sétif

 

Le Rabbin Chalom Guedj , poster en tenue militaire

Aux approches de la bar-mitzva, nous étions admis dans la dernière classe, celle que nous attendions avec impatience, comme récompense, car le Rabbin qui la dirigeait avait une aura et un prestige qui nous impressionnaient et nous attiraient. C'était le Rabbin Chalom Guedj. Je le revois assis sur une de ses jambes rep rée, tirant sur un reste de cigare à moitié éteint, faisant tourner entre deux doigts son nerf de bœuf et réfléchissant à la question que l'un de nous venait de lui poser. Ce que je retiens de son enseignement, c'est la traduction du Livre d'Esther, de la Haggada et de quelques autres textes, en arabe, (dernier vestige de la langue parlée de nos récents ancêtres) et surtout la découverte des commentaires du grand Sage médiéval Rachi. Il nous entraînait à nous interroger, à développer notre esprit critique à l'égard des textes que nous lisions et traduisions.

Quand il trouvait pertinente l'une de nos questions, d'un geste auguste et solennel, il tirait de la poche de son gilet des pièces de monnaie pour nous récompenser. Mais notre plus grande récompense, c'était la lueur de jubilation que nous lisions dans son regard. Fort souvent, Rachi s'était déjà posé la question et son commentaire en était la réponse. Ce Rabbin avait aussi une. très belle. voix et était très exigeant pour nos prestations publiques quand nous lisions la Sidra et la Haftara le jour de notre bar-mitzva. Il avait inventé un moyen de fréquentation ré ère de la Synagogue, surtout pour l'offce du matin par les grands froids de l'hiver : grâce aux dons des fidèles, il avait créé un fonds (demé haminyane) qui permettait de rétribuer (personnes âgées ou jeunes désargentés) ceux qui avaient assisté à tous les offices de la semaine. Ainsi, par tous les temps, la Synagogue ne manquait jamais de minyane.

Je voudrais maintenant évoquer quelques personnalités qui font partie de notre mémoire collective.

Tout d'abord, Me David Zermati, avocat réputé, homme racé et de grande classe qui fut l'un des derniers présidents du Consistoire de notre communauté. Quand il prenait la parole la Synagogue, les jours de fêtes, il nous fascinait par la qualité de son discours, par son amour de la belle langue, de la fraternité. Sa fin tragique, car tué dans un attentat terroriste, a sonné l'heure du départ pour bon nombre de Sétifiens : on venait d'assassiner un homme de paix.

Mani Zemmour fait partie de nos bons souvenirs. Il avait une telle joie de vivre qu'on ne peut l'évoquer qu'à travers ses éclats de rire et ses bonnes blagues, un verre d'anisette à la main, derrière comptoir où défilaient ses amis, une grande partie de la population. C'était aussi un homme de devoir et même du 'dernier devoir".

Il avait réussi à entraîner la jeunesse juive dans une organisation pour le terrassement des tombes et pour le port à dos d'hommes lors des inhumations. Je crois que mon grand-père, Haï Goëta, fait partie de ces personnages. C'était un beau vieillard à la belle barbe fleurie, mi-Charlemagne mi-Père Noël, respecté de toute la communauté. A la tête de sa grande famille, il symbolisait l'autorité du patriarche. Il avait participé au développement du Talmud Torah, de la Hébra Kadicha. Collecteur acharné de fonds pour Israël bien avant la naissance de l'Etat d'Israël (pour Hébron, Jérusalem, le KKL.. .). Ses conseils de sagesse étaient écoutés et il avait contribué à de nombreuses réconciliations. Je pourrais en citer beaucoup d'autres mais qui a oublié notre "idiot du village", notre benêt, notre "Quasimodo des temps modernes", Tito, qui nous harcelait pour nous arracher une petite pièce alors que nous sacrifions aux interminables palabres sur les terrasses ensoleillées, et qui nous gratifiait de grimaces simiesques, de ricanements et contorsions dignes des pauvres bougres de la Cour des Miracles.

 

   Le Rabbin Chalom Guedj assiste au mariage de sa fille Le Rabbin Chalom Guedj assiste au mariage de sa fille.

 

Rabbin Rahmim Hadjadj en compagnie de Norbert Gouzland sont les deux beaux frères du Grand Rabbin René Guedj. Le Rabbin Rahmim Hadjadj en compagine de Norbert Gouzland (les deux beau frère du Grand Rabbin Rene Guedj

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

Photos du cimetiére de Sétif

(Cliquer sur les images pour les agrandir)

Ces photos ont été prises en 2015 par Serge Benhaim lors de son voyage en Algérie pour faire le recensement des cimetières Juif afin de faire le regroupement des petits Cimetières dans les cimetières des grandes villes. Photos que m'a adressé notre ami Jacques Nakache de l'association des Juifs Originaires du Constantinois ( Ajoc)

 

Cimetière de SétifCimetière de Sétif

 

Cimetière de SétifCimetière de Sétif

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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