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Le billet d’Hubert Habib



De l'Algérie d'avant 
 

               à

 

 Celle d'aujourd'hui              


 

On peut aimer avec respect notre Terre d'accueil, la France, sa République, et ses Valeurs,

On peut aimer avec mysticisme et passion la Terre Promise, Cannaan, celle d'où se sont exilés hélas nos ancêtres, il y a bien des siècles.

On peut aimer avec  fierté ce nouvel Univers rédempteur, retour miraculeux aux Racines, qu'est aujourd'hui la Terre d'ISRAËL, mais on peut aussi aimer charnellement cette Terre d'Algérie qui fut le berceau de nos éclosions, de nos parcours de jeunesse, de nos rencontres, de nos destinées, de nos Traditions spécifiques, de nos Rites, de notre liturgie, cette Terre qui nous a conduit à connaître des cultures différentes, la berbère, l'arabe-andalouse, et la française, ouverture vers une émancipation déterminante.

Mais ce qui n'est point banal chez les Hébreux d'Algérie, de quelque génération que ce soit, c'est que ce choix de la citoyenneté avec le Décret Crémieux et de la modernité avec l'attachement aux valeurs émancipatrices de la France après l'exil de 1962, n'a pas exigé de nous de dissoudre notre Histoire et nos mémoires dans le gouffre d'une fatale amnésie.

Aujourd'hui, grâce et avec MORIAL et son Site internet, nous pouvons sans complaisance folklorique d'une quelconque "nostalgérie", sans chant du cygne et sans regret aucun, évoquer ces "territoires perdus" non pas de la République (comme dirait Georges Bensoussan) mais de ces immenses espaces qu'ont foulé nos anciens souvent avec difficultés mais parfois avec des parenthèses de bonheur.

Du bleu reposant de la Méditerranée aux sables des oasis du Sahara, des corniches merveilleuses aux montagnes majestueuses et altières des Aurès et de la Kabylie, des vergers verdoyants, des cascades de fraîcheur, des plaines et des forêts, nos aînés se sont parés de ce grand manteau de la Géographie et de l'Histoire de ce Pays à nul autre pareil, cette Algérie flanquée entre la Numidie tunisienne et l'Empire Chérifien.

Comme nous sommes lus de l'autre côté de la Mer, je voudrais vibrer avec l'amertume de beaucoup d'algériens, de tous âges, mais surtout ceux et celles qui ont connu notre voisinage, 

Nous ne pouvons que regretter ce potentiel humain dont certains ont pratiqué avec respect une cohabitation harmonieuse avec les Communautés Juives, et parfois regretté leurs départs. Quel gâchis !

Je cite un ami : "Sans tous les visages chers d'hier, l'Algérie me paraît désormais comme un désert affectif."

J'en profite pour saluer le remarquable dévouement d'un ami constantinois qui met en oeuvre par des actions concrètes la "maintenance " du cimetière de Constantine pour empêcher une seconde mort à tous ces hébreux enfouis dans cette Terre irriguée de leurs sacrifices et leurs douleurs .

Quand on veut raconter notre Algérie, il est difficile d'échapper à ce va et vient méthodique d'une rive à l'autre de la Méditerranée.

Notre désir de "récupérer" nos origines via le détour par l'universel fournit un contre-feu aux incendies des mémoires adverses.

Cela s'appelle l'EXIL.  Encore L'EXIL !

Il aura demain en 2022, l'âge d'un retraité.    

N'oublions surtout pas notre DEVOIR de Transmission.

Il semblerait qu'un vent nouveau, porté d'intelligence et de bienveillance, souffle sur les relations judéo-arabo-musulmanes au Moyen-Orient et au Maroc, souhaitons de voir l'Algérie rejoindre ce groupe fondateur d'un renouveau de cette relation.

 

Hubert HABIB

De Cirta à Constantine