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Par Sidney Saadia  Chouraqui : "Les raisins d'Alger murissent à Jérusalem"

Le Gouvernement décide d'ouvrir la tenue de pourparlers.

- Le 15 juin 1960 : Début à Melun, des premiers contacts officiels entre le GPRA, le FLN et le gouvernement français. Ils échoueront mais ouvriront la voie à des négociations ultérieures.

- 19 décembre 1960 : L'ONU reconnaît le droit du peuple algérien à l'indépendance.

- 22 avril 1961 : L'amorce d'ouverture de pourparlers officiels à Evian avec le G.P.R.A. provoque le "putsch" militaire dirigé par quatre généraux (Challe, Jouhaud, Zeller et Salan). Le Général Challe est à la tête de ce coup de force. Il s'adresse à l'armée:

 

"Officiers et soldats, je suis à Alger avec les Généraitx Zeller, Jouhaud et Salan pour tenir notre serment, le serment de l'armée de garder I 'Algérie. "

Après 5 jours, c'est l'échec. Ils seront arrêtés l'un après l'autre, incarcérés et plus tard condamnés à la peine capitale.

- 5 septembre 1961 : Conférence de presse du Général de Gaulle. Il annonce une politique de désengagement total et des pourparlers avec le FLN.

- Fin 1961 : la violence et la terreur sont à leur paroxysme entre le FLN et l'OAS.

En métropole, les attentats de I 'OAS se succèdent. Le gouvernement français durcit la répression. Le couvre-feu est instauré en France pour protester contre les mesures sévères imposées à la communauté algérienne qui prend ouvertement fait et cause pour le FLN.

Le 17 octobre 1961, un grand rassemblement est organisé à Paris par le FLN (Front de Libération Nationale). La manifestation se veut pacifique. La police, sous les ordres du Préfet Papon, de sinistre mémoire, intervient brutalement contre les manifestants. Des milliers d'Algériens sont arrêtés, deux cents y trouveront la mort.

L'OAS, à Alger, appelle les Européens à manifester, c'est un massacre (70 morts, 200 blessés).

- 18 mars 1962 : Signature des accords d'Evian, suivis d'un cessezle-feu et de la mise en place d'un Exécutif provisoire algérien.

- 26 mars 1962: L'O.A.S appelle les Européens à défiler à la Grande Porte à Alger. Ils sont mitraillés par les tirailleurs algériens commandés par des officiers français. C'est un massacre: 70 morts, 200 blessés.

- 1er juillet 1962 : Le Référendum d'autodétermination donnant une très forte majorité en faveur de l'indépendance met ainsi fin à la guerre d'Algérie. C'est la consternation et l'exode.

- 3 juillet 1962 : La République Populaire Démocratique d'Algérie est proclamée.

Le sort des milliers de musulmans qui restèrent et qui s'étaient courageusement ralliés à la France, subissant de la part du F.L.N massacres et tortures, est tragique. Parmi eux les Harkis.

- 5 juillet 1962: Oran est à son tour une ville martyre. Dans les rues, c'est la chasse aux Européens et les règlements de compte.

Le Général de Gaulle sera l'objet de plusieurs tentatives d'assassinat. Toutes échouèrent.

L'exode général entre dans sa phase décisive.

Les Juifs, en particulier, sont inquiets de leur sort et de l'avenir, dans une Algérie où la France sera absente. Sur une population de 1.200.000 Français, 50.000 resteront en Algérie dont 5.000 Juifs.

Les motivations de ceux qui restent sont diverses : raisons matérielles, raisons politiques ; ceux qui ont cru au mythe d'un Etat algérien démocratique seront vite tirés de leur erreur et de leurs illusions. La communauté juive est représentée par le président du Consistoire M. Rababou, avec les rabbins Gilbert Seror à Alger et Simon Zini à Oran.

C'est la fin d'un passé de 2.000 ans d'histoire juive en Algérie.

 

C'est aussi la fin de 132 années de présence française.

La France laissera à l'Algérie le Sahara, avec les gisements de gaz et de pétrole découverts en 1956.