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De Simon DARMON - Contes et Récits des Juifs d'Algérie

Quand il était jeune, il n’attachait aucune importance aux rêves, il s’en moquait même. Plus tard, en Espagne, il en fut sensibilisé et sur le tard de sa vie, on ne peut pas dire qu’il en était détaché ; disons qu’il trouvait une vague influence sur la vie de tous les jours.

Un peu avant les événements de 1391, en Espagne, un certain Salomon Mathias (Mathias, c’était bien son nom et non un nom de lieu comme d’aucuns ont pensé) vint trouver Ribach pour lui demander de décréter un jour de jeûne public.

Pourquoi ? Parce qu’il avait rêvé que quelqu’un lui était apparu en songe, lui annonçant qu’un incendie allait se déclarer dans la maison du rabbin.

Ribach ne fit aucun cas ni de l’homme ni de son sinistre augure. Malheureusement, peu après, le feu embrasa sa maison, détruisant une bonne partie de son contenu. Ribach en fut contrarié, mais surtout changea d’attitude quant aux rêves.

Bien des années plus tard, alors qu’il se trouvait à Alger, un homme du nom de Kakou Benabu, vint le voir et lui dit qu’en rêve un homme lui a demandé de faire en sorte que toute la communauté jeûne trois jours : les lundi, jeudi et lundi, pour enrayer une calamité qui était sur le point de s’abattre sur la ville.

Ribach, immédiatement décréta les jeûnes. Mais la plupart des gens de la communauté passèrent outre l’ordonnance de Ribach, connaissant le genre de personnage qu’était Benabu.

Rachbats écrit dans ses Responsa (II, 128) que Ribach avait eu de grandes difficultés à réunir un Minyane de gens en jeûne pour la prière de Minha; Rachbats rajoute que Ribach avait regretté d’avoir consenti à décréter ces jeûnes.