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Sur le journal "L’ECHO D’ALGER" du 28/05/1938

Carte postale du début du XXe siécl. A droite, la synagogue. A gauche, l'école de garçons, En face la porte d'Alger "Bab Dzair" qui aboutit sur l'avenue Cassaigne

Ces fêtes se sont déroulées, cette année, avec un faste tout particulier.

La veille, les nombreux fidèles se sont rendus successivement chez le vénéré grand-rabbin, Haroun Choukroun, où ils étalent reçus par ses enfants, puis au temple Achouche. où ils étaient reçus par M Mardoché Zenou.

 

Le lendemain, une pieuse cérémonie réunissait une nombreuse assistance au cimetière, et les prières pour les morts de la Grande Guerre étaient récitées par les rabbins officieux.

L'après-midi, une kermesse avec vente de charité, était organisée dans le magnifique jardin de la villa Achouche, et les nombreux invités qui avaient répondu à l'appel des organisateurs passèrent d'agréables moments tout en contribuant à une belle œuvre.

Nous félicitons le comité, et particulièrement son actif président, M. Brimat Cherqui ; M. Messaoud Layani, président du Consistoire, et MM. Albert Choukroun et Mardoché Zenou.

Jacob Lalou (Né le 10 décembre 1871 à Laghouat - Décédé le 27 février 1963 à Boulogne Billancourt)

En 1925, Jacob Lalou, âgé de 52 ans et connaissant les traditions religieuses des diverses communautés de Laghouat, a été élu chef du conseil municipal.

Il a occupé ce poste jusqu'en 1947, en partie grâce au soutien des chefs des tribus nomades musulmanes locales et aux ordres soufis. Lorsque le commandant militaire local a essayé de le dépouiller de son rôle, selon les règles de Vichy, les dirigeants musulmans locaux sont intervenus pour préserver sa position. 

Jacob Lalou, qui possédait un Coran en hébreu et une Torah en arabe, a créé la deuxième synagogue de la ville sur l'avenue principale du centre-ville, dans une grande maison achetée à la famille Achouch. 

Un jeune rabbin de la yeshiva de Ghardaya a été recruté pour diriger la synagogue. À la Pâque et à Chavouot, certaines prières ont été récitées par des membres en judéo-arabe. 

Jacob Lalou est resté à Laghaout jusqu'au début de 1963 avant de partir pour une banlieue parisienne. Dans son testament, il a légué des fonds aux services sociaux d'Alger et de Laghouat, soutenant avec des paiements égaux les services sociaux pour les musulmans, les chrétiens et les juifs. Bien que la majorité de la communauté juive de Laghouat ait quitté la ville pour Israël ou la France,


Jean-Claude Lalou, petit-fils de Jacob, précise qu’alors âgé de de 6 à 10 ans, il se souvient des hiloulot de Rabbi Chimon bar Yohai et de Rabbi Meier baal ha ness, qui  se déroulaient dans la famille des enfants du Rabbin Abraham Choukroun .

Toute la nuit des Piyoutim étaient chantés par les participants assis par terre dans une pièce éclairée par des bougies. Les  chants étaient harmonieux, pleins de douceur et très émouvants.

Jean-Claude Lalou précise qu’il a gardé cette image de toutes les générations plongées dans une ambiance de forte spiritualité et joie ; et, que la solennité chaleureuse et affectueuse de nos fêtes avec la musicalité singulière et douce des chants a laissé une trace forte chez ceux qui l’ont vécue et également une nostalgie bien compréhensible.