logo_transparent1.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

BÔNE : De l’Antiquité jusqu’à la fin de la période coloniale

Au tout début, vers -1200, c’est un comptoir phénicien. Les phéniciens ont choisi cet endroit pour deux raisons:

•       C’est un des mouillages les plus sûrs de la côte algérienne,

•       et juste derrière, une grande plaine fertile permettant de se ravitailler.

-       1200, c’est l’époque de la sortie d’Egypte; les phéniciens, ce sont des sémites, des cananéens venus du Liban actuel.

-       Que des juifs se soient joints à eux pour commercer en Méditerranée est loin d’être invraisemblable…Ces phéniciens n’étaient que les voisins des tribus d’Asher et Nephtali installés au Nord d’Israël.

1.           La période carthaginoise

•       Toujours est il que lorsque Carthage est créée vers - 800 et qu’elle étend son hégémonie sur les villes phéniciennes, Hippone devient une ville royale:  Hippo Régius; et on constate déjà une présence juive importante à Hippo Regius et sur toute la côte algérienne.

•       Vers -250, c’est l’époque des guerres puniques qui vont opposer Carthage à Rome. Hippone a choisi le camp des romains; elle ne retrouvera la paix qu’en -146, à la destruction de Carthage.

2.           La période romaine (-146; + 430)

La région d’Hippone devient la province la plus opulente de l’Empire romain. Elle ravitaille l’Empire en exportant des céréales, de l’huile, du vin,…

Après la destruction du 2ème Temple (+70) et la révolte de 135, la présence juive se développe sur la côte algérienne et si l’on examine les écrits chrétiens du 4ème siècle, ils attestent de l’importance de la communauté juive à Hippone. Une lettre d’un des docteurs de l’Eglise, Jérome de Stridon, affirme que les colonies juives forment une chaine ininterrompue, depuis la Mauritanie jusqu’en Egypte.

A la fin du 4ème siècle, un des personnages les plus éminents de l’Eglise romaine devient évêque d’Hippone : Augustin, Le Saint Augustin dont Michèle parlait il y a un moment.

Augustin, c’est un berbère né à Souk Arhas (354 - 430). Il acquiert à Carthage la formation des romains lettrés; Il se convertit au christianisme en 386 et devient l’évêque d’Hippone en 392. Il le restera jusqu’à sa mort en 430.

A cette époque, l’Eglise romaine est dans une phase de prosélitisme. (L’Eglise est depuis peu religion officielle de l’Empire romain) et Augustin aura avec la communauté juive d’Hippone de nombreuses conversations pendant près de 40 ans.

Or, cette communauté, elle est très nombreuse, et elle est animé  d’une réelle combativité .

Les juifs d’Hippone convertissent les gens venus du paganisme et même des paiens ayant fait un stage dans la foi chrétienne.

En fait, dans ses entretiens avec les juifs, Augustin est gêné. Il a en face de lui une religion élaborée (1500 ans d’existence, les Prophètes, la Thora depuis près de 1000 ans, la Mishna et la Guemara: Le Talmud de Babylone est terminé en 427).

Le Christianisme, lui, est travaillé par des schismes (arianisme: opposition au dogme trinitaire, le donatisme, les manichéens: refusent toute valeur à l’Ancien Testament,…au total toute sorte de sectes hérétiques).

Augustin va devoir positionner la doctrine de l’Eglise:

•       par rapport aux schismes,

•       et par rapport aux juifs.

Augustin désespère de convertir les juifs d’Hippone d’abord et donc bien entendu les juifs de la Diaspora. En attendant, il faut protéger les fidèles chrétiens contre l’attraction exercée en retour par le judaisme. Il fera un livre « Contre les Juifs » dans lequel il développera la doctrine chrétienne de l’Eglise : Notion du peuple témoin.

•       Pour Augustin: « La loi de Dieu, vous la portez partout comme preuve mais vous ne la comprenez pas. C’est le signe de votre abaissement. Et il faut que vous soyez dispersés car l’Eglise qui se trouve partout a besoin que vous soyez témoins des prophéties prédites sur le Christ »

Cathédrale de Strasbourg, de Metz, de Vienne, de Chartres.

Verus Israël :

•       « Les vrais juifs, c’est nous. L’Ancien Testament est la promesse, le Nouveau Testament est l’accomplissement.»

•       « Celui qui imite Abraham, c’est lui le fils d’Abraham tandis que celui qui s’est éloigné d’Abraham par l’esprit, n’est plus de la descendance d’Abraham. »

3.           La période Vandale puis la période byzantine

En 430, les vandales assiègent Hippone. C’est la fin de l’empire romain. Augustin meurt de faim pendant le siège.

La période vandale va être une période de tranquillité pour les juifs; elle dure un siècle . Elle est suivi pendant un siècle et demi d’une période byzantine.

Et puis, vers la fin du 7ème siècle, les troupes Ommeyades arrivent à Hippone et signent l’arrivée de l’Islam.

4.           La période arabe puis la période ottomane (7ème au 19ème siècle)

La ville antique est restaurée. elle est adaptée au mode de vie orientale et s’appelle maintenant « Bona », plus facile à prononcer que Hippone pour les musulmans.

A partir du 16ème siècle, c’est l’époque ottomane et la ville s’appellera « Medinet el Annab », la ville des jujubes ce qui donnera Annaba.

De cette époque ottomane, il reste à Bône un très bel exemple de l’architecture ottomane, la mosquée « Salah Bey » qui trônait dans  l’un des endroits les plus connus de Bône : "La Place d’Armes".

        5.   La période coloniale (1830 - 1962)

Avec l’arrivée de la France, la communauté juive va croitre très vite.

Au premier recensement, celui de 1843: 450 juifs; celui de 1850: 850;

celui de 1880 : 1200; et enfin en 1960, on trouve à Bône entre 3000 et 4000 juifs. Jusqu’à la fin du 19ème, ils sont tous concentrés dans la ville arabe où est située la synagogue. Et puis, dans la première moitié du 20ème siècle, ils immigreront dans les extensions européennes de la ville.

La population juive s’est accrue très vite par suite d’immigrations importantes de leurs corrélegionnaires. Ils viennent surtout de Tunisie, de Tripoli, d’Egypte. Ce qui le attirent c’est ce que la France apportent en Algérie: La sécurité et l’entrée dans la modernité…et effectivement, en moins d’un siècle en partant du décret Crémieux (l’espace de 3 générations), les juifs vont faire un saut de 1000 ans.

Bône : La 1ère bombe de 1914- 1918

 

6.           La communauté juive dans les années 50

A Bône, pour une petite communauté de 3 à 4000 personnes, l’équipe rabbinique était composée d’une demi douzaine de rabbins.

Il y avait bien sûr, différents niveaux: Apprentissage de la lecture, ta’am sgher, ta’am kber, niveau supérieur: la classe du Grand Rabbin Naouri)

Dans un premier temps, c’était l’étude de l’hébreux et de la lecture;

Puis on étudiait les textes lithurgiques; on les récitait par coeur et on les chantait ( Haggadah pour Pessah, les commandements pour Chavouot et tout cela non seulement en hébreux mais aussi en judeo arabe,….).

 

CHANTER

Mais tout cela, c’était au prix d’un emploi du temps d’enfer. Pendant la période scolaire, alors que le jeudi et le Dimanche étaient des jours de repos, nous, nous étions au Talmud Thora. Et pendant les grandes vacances, nous étions tous les jours au Talmud Thora. 

C’est dans cet état de tension que nous avons passé toute notre jeunesse :

"Assimiler la culture que la France dispensait sans y laisser son identité".

 

Rahamim Naouri

Il fait partie de ces quelques rabbins dont la réputation dépassa les limites de Bône. Ce qui s’imposait au premier abord, c’était son autorité naturelle, souriante. Le grand rabbin Naouri était par ailleurs, quelqu’un de très accessible et disponible.

C’est en 1938 qu’il remplace le grand rabbin Yaacov Chochana. Il restera Grand rabbin de Bône jusqu’en 1962 date de départ de toute la communauté.

Il a façonné toute une génération par ses qualités humaines, son érudition et son action.

Son érudition

C’était un pédagogue et un formateur. Il dirigeait la classe supérieure du Talmud Thora et enseignait aux enfants de la communauté. Mais une fois par semaine au moins, il réunissait l’équipe rabbinique pour approfondir certains textes et développer les connaissances de ses rabbins. Et je revois très bien cette salle à l’entrée de la synagogue sur la gauche où il réunissait toute cette équipe.

Ses qualités humaines

La tsedaka, cette valeur fondamentale de l’éthique juive, Rahamim Naouri la pratiquait avec une extrême discrétion. Chaque semaine, il se rendait dans le hangar d’un de ses amis pour distribuer aux plus pauvres de l’argent destiné au préparatif du Chabbat.

Et cette Tsedaka, toute la Communauté la pratiquait sans s’en rendre compte de façon assez naturelle: Tous les vendredi par exemple, lorsqu’on ramenait du four le pain du shabbat, je descendais un pain à la synagogue…et je n’étais pas le seul.

Le grand rabbin Naouri mit en place également plusieurs associations financées par les dons de la communauté pour aider les pauvres dans certaines circonstances de la vie: mariage, naissance, assistance aux malades et à leurs familles.

Son action

A Bône, les colonies de vacances à Bugeaud (R. Sirat, Paul Rotman)

participe à la création de l’école Rabbinique d’Alger

Dans les années 1950, sa renommée est telle qu’on lui propose le poste de Grand Rabbin d’Israël. Il va refuser.

•       Ne pas abandonner sa communauté dans des moments difficiles

•       Pas de politique (« Politique et Religion ne font pas bon ménage »)

 

En 1934, un pogrom causa des dizaines de morts à Constantine. Ce drame marqua profondément les populations juives du Constantinois, mais aussi de toute l’Algérie. Le Député Maire de Constantine, Emile Morenaud, qui était loin d’être étranger à ces évènements, était parti « en vacances » pour ne pas être dans sa ville au moment du drame.

Ce pogrom risquait d’embraser tout le Constantinois et pourtant il ne s’est rien passé à Bône. Le grand rabbin Naouri avait eu le courage de se promener dans les rues juives et musulmanes de la ville, accompagné de son ami le mufti.

Et l’histoire va se répéter lorsqu’en 1968, à Paris, au lendemain de la guerre des six jours, des tensions se manifestent à Belleville, c’est son gendre le grand rabbin Chouchena, son gendre et futur Directeur du Séminaire Israélite, qui se promènera dans le quartier accompagné du Consul de Tunisie. Aucun incident n’aggrava la situation.

Après 1962, il rentre en France. Il emporte avec lui le Sefer Ghriba de Bône et l’installe dans le petit office qu’il avait aménagé dans son propre appartement, rue Richier. A cette époque, de passage à Paris, nous souhaitions le voir. Il nous avait invité à passer chez lui pour l’office de Chabbat et nous avons lu la sidra de la semaine dans le Sefer Ghriba.

 

Il sera nommé  très vite Av Beth Din (Président du Tribunal Rabbinique). Il transforme radicalement cette institution, lui donne l’efficacité et la compétence indispensable pour répondre aux besoins culturels d’une communauté religieuse forte de plus de 300 000 membres, enrichie par l’arrivée massive de familles juives d’Afrique du Nord.

Il mettra en place une cacherout unique et accessible à tous, sous l’autorité d’un seul Beth-Din. Grâce à son action, les juifs purent manger casher; plus facilement et à un prix raisonnable.

 

Le souvenir qui m’en reste, c’est sa foi, son sourire, sa détermination et son dynamisme.

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

MORIAL - Association loi de 1901 - Le nom MORIAL est déposé à l'INPI © 2011 Tous droits réservés
Site réalisé Avec joomla Conception graphique et développement : Eric WEINSTEIN