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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

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L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

De  Yossef CHARVIT : "Le Judaismes Algerien - Réflexion"

La vague de violences qui submergea l'Algérie avant et après la conclusion des accords d'Evian n'épargna pas la communauté juive.

A l'automne 1961, plusieurs personnalités juives furent les victimes-symboles de I'O.A.S. et du F.L.N. A Alger, I'O.A.S. assassina William Lévy, le secrétaire général de la S.F.I.O. locale, dont un fils avait été tué en 1956 par le F.L.N. L'O.A.S. fut responsable également du meurtre d'un médecin constantinois, le Dr Cohen, suspect de sympathies F.L.N. Mais ce dernier- assassina le président de la communauté juive de Sétif, l'avocat David Zermati. Son meurtre fut le prélude au départ de nombreux Juifs de Sétif.

Le F.L.N. assassina également le frère du futur grand rabbin de France, René-Samuel Sirat, Adolphe Lévy, président des Anciens Combattants de Constantine, le célèbre chanteur judéo-arabe Raymond et bien d'autres.

Désirant fuir les Juifs se heurtaient aux commandos de tueurs de I'O.A.S. qui avait interdit sous peine de mort les départs vers la métropole. Pour avoir négligé cet avertissement, Moïse Choukroun, vice-président de la communauté de Maison Carrée, fut assassiné.

A Alger, le meurtre, le 14 mai, dans des circonstances atroces, de deux enfants juifs provoqua une panique et une vague de départs. En juin 1962, à la veille de l'Indépendance, 60.000 Juifs avaient déjà quitté leur terre natale, prenant d'assaut les bateaux et les avions. Le mouvement s'amplifia après l'Indépendance.

Fin 1962, 120.000 Juifs avaient quitté l'Algérie et la communauté locale ne comptait plus que 25.000 membres dont 6.000 à Alger. En 1963, il ne restait plus que 3.000 Juifs dont 1.500 à Alger.

En 1963, il ne restait plus que 3.000 Juifs dont 1.500 à Alger et 800 à Oran.

Leur nombre continua à décroître au fil des ans et les quelques dizaines de Juifs vivant encore aujourd'hui en Algérie sont les restes ultimes d'une communauté autrefois florissante et emportée dans le tourbillon de l'histoire. Commentant cet exode, A. Chouraqui écrit avec raison: 'En fait, sept ans et demi de guerre avaient amené chacun des protagonistes à l'extrême limite de la résistance nerveuse. Chacun avait dans l'esprit les visions d'horreur des derniers mois: des cadavres mutilés au coin de chaque rue, le morne défilé dans la morgue des hôpitaux pour découvrir le corps d' un mari, d'une mère ou d'un ami, le bruit des explosions, les incendies apocalyptiques des centres pétroliers ou des usines à gaz; chacun souffrait de l'anarchie et du chaos qui régnaient partout, allant jusqu'à provoquer la désorganisation complète du pays, de son ravitaillement, de son hygiène. Sur la population juive particulièrement émotive, ces événements furent ressentis d' une manière telle que seul le choix du départ semblait lui être ouvert".

Chassés de leur patrie ancestrale, les 150.000 Juifs algériens partirent pour la France, Israël, le Canada ou l'Espagne dans des proportions variables.

Quelques Juifs d'Oranie s'installèrent en Espagne, d'autres plus nombreux, partirent pour le Canada où les avaient précédés des Marocains. Environ 15.000 partirent pour Israël, un chiffre très nettement inférieur aux espoirs nourris par le gouvernement israélien. La faiblesse numérique de l'alyah algérienne par rapport aux alyot marocaine et tunisienne a été très diversement interprétée. Certains ont cru y voir la conséquence de l'attitude de l'establishment israélien envers l'immigration marocaine ou tunisienne dans les années cinquante.

Une telle interprétation constitue une lecture historico-rétrospective et omet le fait qu'il est impossible de considérer d'une même manière les Juifs d'Algérie, de Tunisie et du Maroc. Certes, ces trois pays d'Afrique du Nord furent confrontés dans les années cinquante et au début des années soixante au problème de la décolonisation. Leurs statuts différents faisaient toutefois que les conséquences de celle-ci sur l'existence de leurs communautés juives ne pouvaient être que dissemblables. N'ayant pas bénéficié d'une mesure analogue au décret Crémieux et pour beaucoup peu francisés, les Juifs de Tunisie et du Maroc partirent pour Israël car ils n'avaient pas d'autre choix.

Tel n'était pas le cas des Juifs algériens qui, français depuis 1870, optèrent massivement en 1962 pour le rapatriement en métropole cette dernière constituant leur seule référence politique. Français et pour beaucoup fonctionnaires français, les Juifs d'Algérie constituaient une communauté qui si elle n'avait pas oublié le judaïsme, était très largement assimilée.

En 1953 déjà, un rapport déplorait l’indifférence d' une importante fraction de la population juive, particulièrement de la bourgeoisie dont l'intérêt pour le patrimoine spirituel juif et pour ses activités temporelles ne cesse de décroître jusqu'à, pour certains, côtoyer l'assimilation, prélude à la désertion". Parce qu'il s'était voulu français jusqu'au bout, le judaïsme algérien ne cessa pas de l'être en 1962, se contentant de quitter des départements français pour d'autres départements français, une situation unique dans l'histoire de la décolonisation et qui montre bien la spécificité du cas algérien.

120 des 150.000 Juifs algériens s'installèrent en métropole à l'issue de la guerre d'Algérie. Leur arrivée massive, en même temps que celle de plusieurs centaines de milliers de pieds-noirs, bouleversa profondément la physionomie du judaïsme français. Les organisations juives furent

largement sollicitées par le gouvernement pour faire face aux problèmes sociaux et de tous ordres posés par l'arrivée des rapatriés. Représentant 15% des rapatriés, les Juifs algériens s'installèrent essentiellement à Paris et en région parisienne (environ 60.000) et dans le Sud de la France.

Beaucoup étaient en effet arrivés entre la conclusion des accords d'Evian et l'Indépendance de l'Algérie, donc avant l'adoption par le gouvernement, en 1962, de mesures visant à interdire aux rapatriés l'installation dans les Bouches-du-Rhône, l'Hérault, le Var, les Alpes-Maritimes et l'Aude.

Certains furent dirigés autoritairement dans l'est de la France. Ce fut le cas des Juifs du M'zab rapatriés par l'armée et installés dans les montagnes vosgiennes d'où ils furent ensuite dirigés vers Lunéville et Strasbourg.

On comprendra mieux les conséquences de cet afflux si l'on sait que les communautés juives organisées passèrent de 128 à 300 et que des villes qui n'avaient plus eu de communauté juive depuis 1306 virent des communautés se recréer à l'aube de la décennie 60 du XXe siècle.

En moins de dix ans, le judaïsme français ou plus exactement le judaïsme métropolitain s'enrichit de 230.000 nouveaux membres, une croissance démographique sans précédent qui explique la place désormais occupée par la France dans le monde juif.

 

Patrick Girard, Pour le meilleur et pour le pire, Vingt siècles d'histoire juive en France, édition Bibliophane, Paris, 1986, pp. 473-476.

Pour en savoir plus

 

 

 

 

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