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Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

Par Danielle MORALI

Né le 4 août 1909 à Alger, Simon Morali est issu d'une longue lignée de rabbins et de savants.

Le Grand Rabbin S. Morali et MM. Attiach et Guedj, ministres officiants à la Synagogue des Tournelles (Paris, 1974)

Son père est le rabbin-dayane Isaac Morali, poète réputé, grammairien, enseignant, auteur de poèmes patriotiques et de plusieurs ouvrages dont la traduction en français de la Dissertation homilétique de Saadia Gaon et de la révision du Mahzor de Roch-Hachana et de Kippour dans lequel la traduction des pioutim (hymnes) a été effectuée par Simon Morali de 1942 à 1952 sous sa direction.

Par sa mère, Simon Morali descend du rav Enkaoua de Tlemcen, vénéré de tous depuis le XIVe siècle.
L'itinéraire du rabbin Simon Morali le conduit d'Alger à Paris où il fait ses études secondaires et rabbiniques au Séminaire Israélite de France, rue Vauquelin, de 1928 à 1934, puis à Constantine le temps de son service militaire.

 Formé aux idéaux de progrès et de paix de cette période, il nouera des relations durables avec ses maîtres et ses condisciples confrontés aux évènements majeurs du Judaïsme du XXe siècle, la Shoah, la renaissance de l’Etat d’Israël et la fin du judaïsme d’Algérie.

 

Son premier poste est à Lunéville (1936-38) où il fait connaissance de la Lorraine où il exercera la majeure partie de son ministère. On relève déjà sa sociabilité, sa culture et ses initiatives à l'égard des jeunes « la bonté et la compréhension se lisent sur son visage ». A la veille de la déclaration de guerre, en poste à Epinal (1938-39) il est confronté aux vagues d'immigrés fuyant l'Allemagne et la Pologne. Il organise avec le concours de la Communauté et des spinaliens des centres d'accueil. A la Libération, Jules et Marie Pécheur, Antoinette Goût seront décorés de la « Médaille des Justes » de l'Etat d'Israël. La guerre le contraint à rejoindre l'Algérie et la Tunisie (1939-40) puis de nouveau la Tunisie en 1943-44 où il est nommé Capitaine-Aumônier. Appliqué le 3 octobre 1940, le statut des Juifs de Vichy l’exclut de l’armée. Il est alors chargé des Eclaireurs Israélites d’Algérie auprès de qui il est Aumônier provincial et totémisé Rossignol érudit (1940-1942).

Durant la campagne d'Alsace (1944-45) il est Capitaine-Aumônier de la 1ère Armée sous le commandement de De Lattre de Tassigny.

A la Libération, encore militaire, il est appelé à Nancy par le Président Simon Behr, où il succède au Grand rabbin Paul Haguenauer déporté avec 700 coreligionnaires de Nancy. Comme tout rabbin au lendemain de la guerre, Simon Morali s'attache à reconstruire, à donner force et courage, à forger une nouvelle identité aux Juifs. Les doutes et les interrogations assaillent ceux qui ont survécu aux épreuves. Homme de foi et de dialogue, le rabbin Morali consolide la cohésion communautaire et favorise les contacts et les débats avec tous ceux qui se reconnaissent comme juifs quelles que soient leurs options politiques ou religieuses.

Il établit des liens solides avec des membres d'autres confessions, en particulier au sein des Amitiés Judéo-chrétiennes. Attaché aux valeurs de la Bible et des prophètes, il a à cœur de souligner les convergences entre les hommes et s'efforce de transmettre l'héritage spirituel et le message moral du judaïsme. Sa vaste culture philosophique et religieuse en fait un interlocuteur apprécié.

La résurrection de l'Etat d'Israël en 1948 le conforte dans ses convictions, tout comme l'élan partagé par tous après la guerre des Six-jours en Juin 1967.

Il y voit la continuité de l'histoire et des promesses faites au peuple juif. Cette vision s'allie à un réalisme profond et s'appuie sur une philosophie humaniste et morale où l'homme s'affirme comme le collaborateur de Dieu. La joie, adossée à la piété, c'est-à-dire à la connaissance et au respect, constitue une valeur essentielle à ses yeux.

Comme tout rabbin dans les structures communautaires françaises, Simon Morali doit se partager entre de multiples tâches. Dépositaire du savoir, des textes et de leur interprétation, le rabbin est aussi un homme d'action.

Il doit organiser le culte, instituer et maintenir les associations locales ou nationales, enseigner, former, être l'interlocuteur et le représentant de la communauté auprès des pouvoirs civils, régionaux ou nationaux, des autorités religieuses, fonctions qu'il lui arrive de partager avec les membres laïcs du consistoire. L'action sociale, éducative et culturelle de Simon Morali est considérable et se déploie autant auprès des institutions que des particuliers.

Il sait s'entourer de membres actifs et dynamiques et est largement secondé par son épouse, Sylvia Morali. Evoquant le « médecin de famille » on a dit de lui qu'il avait été entre autres « le rabbin des familles ». Son enseignement dans les lycées, les cercles d'études, ses conférences ont profondément marqué les auditeurs, fascinés par son enthousiasme et ses engagements pour le droit et la justice.

Homme d'écrit et de communication, il a relancé la Revue Juive de Lorraine dont il a été le rédacteur de 1948 à 1969 ; il a collaboré à Nice de 1969 à 1973 au journal de l'Arche-Côte d'Azur où il crée « la chronique religieuse », enfin il a créé à Paris Les Tournelles de 1973 à 1979. Reflet de la vitalité des communautés, ces revues constituaient un lien supplémentaire entre le rabbin et ses fidèles, notamment avec les centres dispersés de la région où le rabbin Morali se rendait régulièrement. De nombreux auteurs réputés ont apporté leur collaboration à ces revues. Simon Morali poursuit sa carrière à Nancy jusqu'en 1969 où il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1955. Maintes fois sollicité, notamment pour Paris, on lui propose en 1959 le poste de Grand rabbin d'Alger qu'il doit refuser compte tenu des événements d'Algérie.

 

L'arrivée des Juifs d'Algérie en France pose des problèmes de structures et d'encadrement aux dirigeants nationaux de la communauté.

On se tourne vers Simon Morali, issu de la culture séfarade pour prendre la tête de la communauté de Nice et de sa région, qui depuis 1962 a vu croître ses effectifs. En 1969, lorsque Simon Morali accepte, cette dernière compte près de 25 000 personnes. Il y restera jusqu'en 1973. De fait, son sens du dialogue et de la compréhension des situations contribuent à faciliter l'insertion sociale, culturelle et religieuse de ces communautés transplantées. Sa double culture, comme celle de bien des Juifs d'Algérie, fait de lui un médiateur entre les différents groupes sociaux appelés à se rencontrer.

Ses compétences s'avèrent précieuses aux yeux des dirigeants de la communauté parisienne des Tournelles qui font appel à lui en 1973, poste qu'il occupera jusqu'en 1979. Il prend alors sa retraite à Nancy il s'éteint le 3 Décembre 1984 (10 Kislev 5745).

En hommage, sa dépouille sera conduite à la synagogue de Nancy, puis il sera enterré avec un Sepher Torah. Sur sa tombe, figure cette inscription « Tous ceux qui se confient en Toi se réjouiront » (Ps. V, 12). La presse locale évoque le rayonnement de cette grande figure du judaïsme. Dans les discours d’adieux aux communautés de Nice et des Tournelles (Paris), les présidents relevaient « le talent exceptionnel de cette personnalité dont la science et la volonté d’union se conjuguaient avec la bienveillance et la générosité et dont les discours apportaient réconfort, apaisement et encouragement ».

Lors de la cérémonie à la Synagogue des Tournelles, en présence des autorités religieuses, consistoriales, des amis, des fidèles, le président Tenoudji déclarait : « […] Parmi tous les sentiments que les fidèles et moi-même avons éprouvés à son égard, j’hésite entre le respect et l’admiration, et aussi, pourquoi ne pas le dire l’amitié et l’affection. C’est que loin d’avoir été ce rabbin intransigeant, distant, sévère, rigoureux, décourageant, il a été au contraire pour nous un guide souriant, tolérant, libéral dont l’esprit, la ferveur et l’intelligence ont animé cette Communauté, maintenant sa cohésion et son originalité. Dans vos discours, Monsieur le Grand rabbin, nous avons apprécié votre science, votre connaissance de la Torah et de ses commentaires, nous avons trouvé souvent l’explication ou le réconfort que nous recherchions. Vous avez été pour nous un Pasteur dans le sens le plus noble du terme, celui qui, sans laisser transparaitre le moindre dogmatisme, ni la moindre rigueur, sait diriger ses ouailles dans le chemin de la connaissance, de la vertu et du respect de nos valeurs morales et spirituelles […] Je ne voudrais pas terminer sans évoquer l’action qu’a menée auprès de vous, votre Chère épouse dont la foi, l’énergie et l’ardeur ont étonné. Le club Nathanya des Tournelles qu’elle a créé, a accompli sous sa ferme direction, une œuvre remarquable, efficace, dont nos enfants ont grandement bénéficié et qui a aussi profité à cette belle Ville de Nathanya que nous avons en quelque sorte, ici, adoptée […] ».

 

De son vivant, Simon Morali avait publié dans les revues citées précédemment un certain nombre de ses sermons et conférences. Il a laissé un nombre impressionnant de textes que son épouse et sa fille s'efforcent de publier. Un ouvrage biographique retraçant de fait l'histoire locale et régionale des communautés où il a exercé est en cours.

Il faut également rappeler sa contribution importante à la traduction du Mahzor de Roch Hachana et Kippour du rite algérois sous la direction de son père. Sa première traduction est publiée dans l'édition de 1932, puis de 1942 à 1952 il traduit l'ensemble des hymnes contenus dans cet ouvrage. Par modestie et par égard pour son père, il ne fera pas paraître son nom sur cet ouvrage. Et pourtant il est l'auteur de ces traductions reprises dans les éditions postérieures, comme l'attestent de nombreux documents, dont ses propres manuscrits.

Simon Morali avait épousé Sylvia Guenassia en Octobre 1938 à Alger.

Ils eurent six enfants, dont le dernier, Sadia, après des études de droit, devint rabbin et exerça en Lorraine puis à Lausanne (Suisse) avant de s’installer en Israël. Profondément croyante, Sylvia Morali seconda efficacement son mari et poursuivit son action sociale et culturelle au sein de très nombreuses associations. Elle créa et donna une nouvelle impulsion à la Société des Dames Israélites en 1951 à Nancy, puis institua à Nice (1970) et à Paris (1974) le Club Nathanya, du nom de la ville jumelée à Nice, associations féminines de solidarité. Elle créa à Nice la «Journée biblique », concours ouvert aux jeunes, et organisa dans les Maisons de retraite à Nancy et à Nice lors des fêtes religieuses des manifestations récréatives toujours attendues.

Elle fut présidente de France-WIZO. Passionnée d'histoire et voulant transmettre aux jeunes générations l'histoire d'une communauté disparue, elle publia en 1991 une Histoire de la vie juive à Alger saluée par la presse et rééditée plusieurs fois. En 1992, elle crée à Nancy le Club Nathanya, cercle culturel et amical, dont les conférences ont été rassemblées dans l'ouvrage Regards sur la judéité (Nancy, 2001) et assure la présidence du KKL. Ils surent transmettre à leurs enfants la passion de l'étude et de l'action au service du judaïsme et des hommes. Engagés dans les domaines de l’éducation, du rabbinat et de la médecine, ces derniers sont impliqués dans de multiples activités associatives.

 

En 1973, avant de quitter Nice, le KKL avait tenu à inscrire le rabbin Morali et son épouse au « Livre d'Or » du KKL. Enfin, en septembre 1986 eut lieu à Kyriat Shmona, ville jumelée à la Ville de Nancy, et auprès du Kibboutz Shaalvim où résidait alors sa fille Arièle, l’inauguration de bosquets portant son nom, symboles de son amour d'Israël et de la nature qu'il n'avait jamais cessé d'affirmer.

Son charisme et sa bonté naturelle avaient fait du rabbin Morali un guide spirituel reconnu et recherché dans ces temps troublés du XXe siècle.

 

Danielle Morali

Nancy, 2004

Mis en ligne sur CALAMEO 

 

https://fr.calameo.com/search#search-editions%20morali%20nancy/books

 

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