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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

Par Serge Dahan, Président de l'Association Morial
La présence juive en Algérie s’inscrit dans un temps long, d’une continuité exceptionnelle. Elle remonte à près de deux mille ans, bien avant les conquêtes arabes, ottomanes puis françaises. Des communautés juives vivaient déjà à Alger, Constantine, Tlemcen ou Oran, enracinées dans les villes et les campagnes, participant aux échanges économiques, aux savoirs et aux cultures du Maghreb. Cette présence, jamais interrompue, a traversé les siècles en s’adaptant aux pouvoirs successifs, jusqu’à devenir l’une des plus anciennes diasporas juives.

La période française, ouverte en 1830, a profondément transformé le statut des Juifs d’Algérie, notamment avec l’accès à la citoyenneté française en 1870. Mais cette intégration n’a jamais effacé l’ancrage algérien de leur histoire. L’Algérie n’était pas seulement un lieu de résidence : elle était une terre de mémoire, de rites et de transmission.

C’est pourquoi le départ de 1962 a revêtu une signification singulière. Comme l’ensemble des Français d’Algérie, les Français juifs ont connu l’exil, la précipitation des départs, l’abandon des biens et le traumatisme du rapatriement. Mais à cette épreuve commune s’est ajoutée une rupture plus profonde : celle de la fermeture définitive d’une histoire commencée près de deux millénaires auparavant.

En quittant l’Algérie, ils ne perdaient pas seulement un lieu de vie. Ils quittaient une terre où leur histoire collective s’était déployée sans interruption. Ils savaient qu’aucun retour n’était envisageable. L’exil de 1962 ne fut pas seulement un déplacement géographique : il marqua la fin d’un monde ancien, la disparition d’un judaïsme enraciné dans cette terre.

Le rapatriement s’est effectué dans des conditions matérielles souvent éprouvantes. Départs en bateaux ou en avions militaires, attentes interminables, valises réduites à l’essentiel. À l’arrivée, souvent par Marseille, il n’y eut pas le sentiment d’un refuge retrouvé. Les structures d’accueil faisaient défaut, l’hébergement était précaire, l’indifférence parfois palpable.

La reconstruction s’est alors appuyée sur des réseaux familiaux et amicaux, sur le regroupement dans certains quartiers et autour des synagogues, devenues des lieux d’ancrage et de continuité. Ce regroupement n’a jamais été un repli : il a constitué le socle d’une nouvelle intégration.

Pour les adultes, l’installation en France a souvent été celle du déclassement. Quitter l’Algérie signifiait abandonner une maison, une position sociale, des repères. Il fallut, dans l’urgence, trouver un logement, inscrire les enfants à l’école, accomplir les démarches et gagner sa vie sans délai. Les compétences acquises ne trouvaient pas toujours d’équivalent ; ouvrir un commerce supposait d’affronter des règles nouvelles, sans réseaux et souvent sans appuis. Cette épreuve fut vécue dans un silence fait de travail et de renoncements.

C’est aussi dans la relation aux enfants que l’exil s’est transformé en projet. Cette centralité de l’école s’enracine à la fois dans la tradition juive du savoir et dans l’idéal républicain de l’école laïque, perçue comme espace d’émancipation et d’égalité. Après 1962, l’éducation est devenue le principal ascenseur social accessible aux familles rapatriées. Les études, les diplômes et la réussite professionnelle ont été investies et sont ainsi devenues un rempart face aux ruptures de l’histoire.

La mémoire de l’exode des Juifs d’Algérie n’a jamais été plaintive. Elle rappelle que l’intégration n’est jamais définitivement acquise. Dans le contexte contemporain, marqué par la montée de l’antisémitisme et des violences visant les Juifs, cette mémoire résonne avec une force particulière. Elle rouvre, dans certaines familles, la question de l’avenir, et parfois celle d’un nouvel exode.

C’est dans cet esprit que s’inscrit le travail de l’Association Morial. En recueillant les récits, en préservant les lieux et en transmettant cette histoire, elle inscrit la mémoire dans le présent, non pour s’y enfermer, mais pour éclairer les responsabilités d’aujourd’hui et maintenir les conditions d’une vie juive confiante, visible et pleinement assumée.

 

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