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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

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L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

Par Serge Dahan, Président de l'Association Morial

Dans la tradition juive, le temps n’est jamais neutre. Il est travaillé, compté, habité. La période de l’Omer en est une illustration particulièrement exigeante : durant quarante-neuf jours, du lendemain de Pessa'h jusqu’à Chavouot, chaque soir, un jour est nommé, énoncé, compté. Mais ce décompte n’est pas arithmétique. Il est spirituel. Chaque jour porte un message, une qualité à travailler, une dimension de l’âme à affiner. La tradition mystique y voit une progression intérieure : on ne passe pas de la libération à la révélation d’un seul élan, mais par un cheminement patient.

Cet itinéraire, pourtant, n’est pas linéairement lumineux. Il est traversé par une mémoire sombre, associée à Rabbi Akiva. Les sources talmudiques rapportent qu’une épidémie frappa ses disciples durant cette période, « parce qu’ils ne se comportaient pas avec respect les uns envers les autres ». La formule est brève, mais elle inscrit au cœur du calendrier une exigence simple et radicale : l’élévation spirituelle ne peut se construire sans justesse dans la relation à autrui.

La tradition ajoute à cette mémoire collective celle du destin du maître lui-même. Rabbi Akiva vécut sous domination romaine, à une époque de tensions extrêmes, notamment après la révolte menée par Simon Bar Kokhba. Il continua d’enseigner malgré les interdictions, fut arrêté, puis exécuté sauvagement. Le récit de sa mort, rapporté par la tradition, le montre récitant le Shema Israël jusqu’à son dernier souffle.

C’est dans cette tension que s’inscrit Lag BaOmer. La journée ne renvoie pas à un événement unique, mais à un point de bascule. Selon la tradition la plus ancienne, la mortalité qui frappait les disciples de Rabbi Akiva aurait cessé au trente-troisième jour. La joie serait alors celle d’un apaisement, d’un arrêt du malheur. Non un miracle spectaculaire, mais une inflexion du cours des choses.

D’autres lectures évoquent un arrière-plan historique, celui des violences de l’époque romaine. Lag BaOmer porterait alors la mémoire d’un répit, d’un souffle dans une période troublée.

Avec le temps, la tradition a donné à ce jour une autre tonalité en l’associant à la disparition de Rabbi Shimon bar Yochaï. La transmission qu’il incarne est pensée comme une lumière. Le jour de sa mort devient un moment de célébration : non une fin, mais un passage.

Partout, à la tombée de la nuit, des brasiers sont allumés. Le geste est simple, mais chargé de sens. La flamme dit la lumière qui se transmet, ce qui circule d’une génération à l’autre. Elle peut aussi évoquer des usages plus anciens : rassemblements, le feu, ici, relie.

Ce rituel appartient à tous. Les enfants, les familles, se rassemblent, ramassent le bois, préparent les bûchers, attendent la nuit. Le feu se construit, il se veille, il se partage. Il devient un centre autour duquel on se retrouve.

À cette pratique s’ajoute celle des hilloulot, ces pèlerinages joyeux sur les tombes de sages, célébrés à la date de leur disparition. Lag BaOmer est ainsi la hilloula de Rabbi Shimon bar Yochaï. En Israël comme dans d’autres communautés, on s’y rend, on chante, on allume des bougies. La mémoire y est vécue comme une présence.

Dans les communautés d’Algérie, ces pratiques ont trouvé une expression particulièrement concrète. La fête s’inscrivait dans un moment de l’année où la nature elle-même invitait à sortir. Les soirées devenaient plus douces, les espaces extérieurs plus accueillants. Les familles se retrouvaient dans les jardins, les champs, sur les hauteurs. Les enfants collectaient le bois, construisaient les feux ; à la nuit tombée, les flammes éclairaient les visages, les conversations se prolongeaient. La dimension religieuse n’y était pas absente ; elle était simplement intégrée au geste, au rythme, à la relation.

Lag BaOmer demeure une célébration singulière : une pause habitée de sens au cœur d’un cheminement exigeant. Lag BaOmer ne rompt pas le décompte de l’Omer. Dès la tombée de la nuit, le compte reprend.

Ainsi, Lag BaOmer demeure une étape essentielle : un point d’équilibre entre mémoire et joie, une halte qui ne suspend pas le temps, mais qui permet de le traverser autrement.

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