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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

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L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

Par Serge Dahan, Président de l'Association Morial

Il y a des villes que l’on continue de traverser longtemps après qu’on les a quittées. Sidi Bel Abbès est de celles-là.

Ville récente à l’échelle de l’histoire, Sidi Bel Abbès naît au XIXe siècle dans le contexte de la conquête française.
Un camp militaire est installé en 1843, au bord de la Mekerra, la ville suit. Officiellement fondée en 1849. Elle est dessinée avant d’être habitée : plan en damier, rues tracées au cordeau, larges boulevards plantés de platanes.
Très vite, une présence en structure durablement le fonctionnement : celle de la Légion étrangère, installée pendant plus d’un siècle autour de la caserne Viénot.

Le 14 juillet lors de la célébration de la bataille de Camerone, les légionnaires aux képis blancs et aux épaulettes vertes et rouges défilent le long du boulevard de la République.

On arrive depuis Oran.
Par la route, la plaine de la Mekerra s’étire ; lumière forte, air chargé de chaleur.
Par le train, l’approche est plus progressive. La ligne quitte Oran, traverse La Sénia, Sainte-Barbe-du-Tlélat, marque des haltes, puis atteint la gare de Sidi Bel Abbès, bâtiment simple, fonctionnel. À la descente, la chaleur saisit.

De la gare au centre, une rue droite bordée de platanes. Façades claires, balcons en fer forgé, rez-de-chaussée occupés par des commerces : épiceries, boulangeries, boutiques de tissus.
Plus loin, la place Carnot, bordée de palmiers et d’immeubles coloniaux.
D’un côté, le théâtre municipal; de l’autre le tribunal. Les cafés sont pleins, le Café Alba, les chaises tournées vers la rue, on regarde, on commente, on se retrouve. Les tasses s’entrechoquent, les verres d’anisette, de limonade, d'orangina ou de menthe à l’eau circulent. On joue aux cartes, on observe les jeunes et les familles qui « font » le boulevard de la République.
Entre la rue Prudon et, plus loin, le Petit Vichy et la Patte d’Oie, avec en retrait le lycée Laperrine, s’alignent les principaux commerces de la ville.
Le marché couvert se tient à proximité, prolongé par des étals dans les rues adjacentes.
Le jardin public impose un autre rythme : allées ombragées, bancs, roseraie. Les enfants jouent, les adultes s’installent, les anciens observent, les baigneurs sportifs profitent de la piscine. Tout près petit enclos avec une gazelle et quelque paons

Au-delà des glacis, traversé par le canal, s’étend un quartier de villas. Rue Pierre-Curie, la clinique du docteur Henri Raynal a vu naître de nombreux Bel-Abbésiens.
Les écoles publiques école Paul-Bert et collège Leclerc, structurent les parcours. Écoles de garçons, écoles de filles. Tableau noir, cartes murales, encriers, porte-plumes. On apprend le français, le calcul, l’histoire. L’école impose un cadre, transmet une langue commune.
Le conservatoire et le cours de danse de Madame Pons prolongent cette formation. Et le stade. Le football occupe une place centrale. Les dimanches de match, la ville se déplace. Autour du Sporting Club Bel-Abbès, on se retrouve, on commente. Les rencontres avec Oran ou Alger attirent. Les tribunes se remplissent, on reste debout, les actions se discutent.

La présence des Juifs de Sidi Bel Abbès s’inscrit dans une histoire plus ancienne. Une partie des familles est issue de l’expulsion d’Espagne à la fin du XVe siècle. Après 1492, certaines s’installent au Maghreb, notamment à Tétouan, reconstruite par des exilés andalous. Une langue, le dialecte judéo-espagnol "la Haketia", des rites, des pratiques y sont maintenus.
Au XIXe siècle, ces héritages s’inscrivent dans un espace régional structuré. Tlemcen, Oran, Mostaganem forment un réseau de relations familiales et économiques. Sidi Bel Abbès s’y inscrit.
La synagogue Bedok, rue Lord Byron, est située dans le centre, intégrée à la ville comme les autres institutions.

En 1870, le décret Crémieux accorde aux Juifs d’Algérie la citoyenneté française. Dans les faits, cela modifie les parcours : accès à l’école, aux professions, aux fonctions administratives.
Dans les années 1930, le climat se durcit. Les tensions antisémites s’expriment plus ouvertement dans l’espace public, dans la presse, dans les échanges.
En 1940, le régime de Vichy abroge le décret. La citoyenneté est retirée. Les exclusions sont immédiates : école, fonction publique, professions.
Après 1942, puis en 1943, le décret est rétabli. Les droits reviennent. Mais le doute et la méfiance ne disparaissent pas.
En 1962, avec l’indépendance de l’Algérie, la population française quitte la ville. La population juive fait partie de ce mouvement.

Ce texte suit une promenade dans Sidi Bel Abbès, une ville où la vie quotidienne est construite de relations, de partage et transmissions.
Avec le temps demeure une mémoire, transmise par ceux qui l’ont vécue, une mémoire qui continue de circuler, bien au-delà de la ville elle-même.

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