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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

Par Serge Dahan, Président de l'Association Morial

William Samuel Sebbah, né à Alger en 1889, est mobilisé en août 1914 et sert au 4e régiment de marche de zouaves. Le 19 novembre 1916, à Sailly-Saillisel, dans la Somme, il est tué. Sur sa fiche figure cette mention : « Mort pour la France ».

Son histoire est celle d’une génération. Les travaux historiques évaluent à environ 13 000 à 14 000 le nombre de Juifs d’Algérie mobilisés pendant la Grande Guerre. Environ 1 700 meurent au cours du conflit.

À Constantine, le rabbin Zerbib écrit à son fils envoyé combattre aux Dardanelles : « On t’a fait l’honneur de t’envoyer à la guerre défendre notre chère patrie. » Et il conclut : « … tu seras digne de porter le nom de Français. »

Depuis le décret Crémieux de 1870, une génération était née française. Pour beaucoup de Juifs d’Algérie, la citoyenneté était devenue bien davantage qu’un statut juridique : une appartenance.

À Alger, au cimetière de Saint-Eugène, la plaque du monument aux morts de la communauté israélite porte 358 noms de Juifs d’Alger morts pendant la Première Guerre mondiale.

Le 7 octobre 1940, le régime de Vichy abroge le décret Crémieux. Soixante-dix ans après leur accession collective à la citoyenneté française, les Juifs d’Algérie en sont privés. Parmi eux, des anciens combattants et les familles de ceux qui étaient morts pour la France.

Plus d’un siècle après, il reste des noms, des photographies, des médailles, des livrets militaires, des lettres parfois oubliées au fond d’un tiroir. Les retrouver, les identifier, les numériser et les transmettre est l’une des missions de Morial.

Cette histoire appartient à l’histoire des Juifs d’Algérie, à l’histoire des Juifs de France, à l’histoire de France.

Mais cette histoire nous interroge aussi sur le présent.

Pendant longtemps, l’expression « heureux comme un Juif en France » disait quelque chose de profond : la confiance dans une France d’émancipation, de citoyenneté et d’intégration.

Cette confiance, nous en avons hérité. Aujourd’hui, elle vacille, et une autre formule vient à l’esprit : « Inquiet comme un Juif en France. »

Inquiet de la progression de l’antisémitisme. Inquiet de l’islamisme radical. Inquiet lorsque l’antisionisme remet en cause l’existence même d’Israël. Inquiet, enfin, de voir s’installer le doute.

Depuis le 7 octobre 2023, les ambiguïtés et les prises de position de responsables de La France insoumise ont nourri une inquiétude parmi les Juifs de France.

Mais il y a aussi les symboles. Le 12 novembre 2023, plus de 100 000 personnes marchaient à Paris contre l’antisémitisme, à l’appel des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Le président de la République, Emmanuel Macron, choisit de ne pas participer à cette marche. Une absence qui, près de trois ans plus tard, interroge encore.

Et aujourd’hui, ce sont aussi les mots qui interrogent. Le 22 septembre 2026, à la tribune de l’ONU, le président Emmanuel Macron affirme : « Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie. » L’affirmation est factuellement fausse. Les réseaux du Hamas en Cisjordanie et ses activités terroristes y sont documentés depuis des décennies.

Le 23 septembre 2026, lors d’un débat politique sur LCI, Ségolène Royal, évoquant la montée de l’antisémitisme, estime qu’il faudrait « plus de voix israéliennes et juives » pour dénoncer la situation à Gaza, parce que cela contribuerait, selon elle, à freiner cette montée. Pourquoi un Juif français devrait-il avoir à prendre position sur Israël ou sur Gaza pour contribuer à faire reculer l’antisémitisme dont il est lui-même victime ?

La lutte contre l’antisémitisme ne peut être conditionnelle.

Et c’est ici que l’histoire de William Samuel Sebbah et du rabbin Zerbib retrouve toute sa force. Il y a plus d’un siècle, un rabbin de Constantine demandait à son fils, parti combattre pour la France, d’être « digne de porter le nom de Français ».

Après les morts, les blessés, les disparus, les sacrifices ; après tout ce que des générations de Juifs ont apporté à notre pays, les citoyens français juifs n’ont plus rien à démontrer. L’Histoire l’a déjà fait.

La question est désormais inversée : la France saura-t-elle rester digne de la confiance que des générations de citoyens juifs ont placée en elle ?

Saura-t-elle permettre à un enfant juif de vivre pleinement son judaïsme et d’affirmer son attachement à Israël sans avoir peur ?

Car lorsqu’un citoyen commence à se demander s’il a encore un avenir dans son propre pays parce qu’il est juif, c’est la République elle-même qui doit s’interroger.

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