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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

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L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

Conférence présentée le 11 décembre 2018 par Michèle Rotman, vice-présidente de l'association MORIAL et par Gérard ATTAL 

Gérard et moi allons vous faire une confidence.

Tous deux, nous avions très envie de vous parler de René-Samuel Sirat que nous avons bien connu. Je veux le remercier de m’avoir demandé de le faire, il nous racontera ensuite quelques anecdotes ou pensées qui enrichiront cette esquisse de portrait que je vais tenter d’ébaucher, malgré le peu de temps qui nous reste.

Que dire ? Tout d’abord que c’est vraiment une admiration sans borne que nous lui vouons.

Sa droiture, sa culture, son érudition en matière sacrée.

 

Comme profane, n’acceptant aucune compromission, sa conscience aiguë de tous les problèmes de société dont il puise la solution dans sa foi, dans sa connaissance de la Bible et dans l’étude de la Thora pour appeler de tous ses vœux à la tolérance et à la paix, sont sans comparaison. C’est un mensch, dirait-on en langage ashkénaze qui place l’étique au dessus des honneurs, et cela mêlé à une grande humilité, une grande modestie et une extrême discrétion comme l’était le Grand Rabbin Naouri en matière de tsédaka par exemple, qui disait-il  souvent, est un acte de justice et non de charité condescendante.

Il est né à Bône, le 13 novembre 1930, il a 88 ans aujourd’hui. Il vit à Jérusalem.

Mon enfance, dit-il, a été marquée par un deuil familial. Mon frère fut tué dans un accident de voiture par un chauffeur ivre près des Champs-Elysées.

A dix ans et demi, des mesures raciales sont appliquées en Algérie. Nous sommes en 1941. Il est au lycée Saint-Augustin de Bône. Par tradition, le lundi matin, le meilleur élève de la classe était à l’honneur pour procéder au lever des couleurs dans la cour du lycée. C’était son tour ce jour là. Mais le surveillant général le convoque pour lui annoncer qu’il ne lèvera pas le drapeau parce qu’il  était « un sale Juif ». Il ne l’oubliera jamais.

Il a la chance ensuite d’étudier avec le Grand Rabbin Naouri. A l’époque, Bône comptait 3 000 Juifs et le Grand Rabbin Naouri était le père spirituel de la Communauté. En 1942, il envoie René-Samuel Sirat à la Yechiva d’Aix-les-Bains avec Emmanuel Chouchena et Saül Naouri, son fils. Car M. Naouri voulait qu’ils aillent étudier ailleurs, avec un autre rapport à la connaissance, dans le monde ashkénaze. Il revient ensuite à Bône, puis va au séminaire de la rue Vauquelin et devient le plus jeune Rabbin de France.

Il passe son examen de sortie avec le Grand Rabbin Schilli, qui avait été un grand résistant et qui régnait par la gentillesse, comme il aimait à le répéter.

En 1951, il est nommé à Toulouse dans une communauté dévastée par la Shoah avec un tout petit miniane à chabbat. C’était avant l’arrivée des Juifs d’Afrique du nord.

Tout était à reconstruire. Puis, il revient à Paris comme aumônier des étudiants Juifs de France et retourne  à l’université où il passe le diplôme d’étude en hébreu.

Ensuite rencontre providentielle à Strasbourg avec André Neher qui a créé en 1962 une chaire d’hébreu en France. Maîtrise et doctorat à Strasbourg, il étudie avec Manitou Levinas et Neher et se familiarise avec la philosophie et l’histoire du judaïsme qui n’est pas enseigné dans les yechivot.

Il obtiendra, plus tard, de l’inspection générale, une charge de cours de la chaire d’hébreu à l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales), où il dirigea la section d’études hébraïques de 1968 à 1996 (28 ans).

Il voulait que l’hébreu devienne la "lingua franca" des Juifs. Langue cultuelle et culturelle. Il sera Rabbin pendant 62 ans.

En 1981, il est élu Grand Rabbin de France, jusqu’en 1988 et ne voulut faire qu’un seul mandat. Son programme en 3 points : « l’éducation juive, l’éducation juive et l’éducation juive »

Il rêvait d’une centaine d’écoles juives nouvelles et en fonda 111.

Pour l’anecdote, c’est lui que de De Gaulle appellera pour faire la traduction simultanée de ses discours quand il reçut Levi Eshkol, premier ministre d’Israël,

Mais son maître, son mentor, a toujours été le Grand Rabbin Rahamim Naouri. Il disait souvent : "A Bône, on était Juif comme on respirait : naturellement et simplement. L’existence juive s’épanouissait et se révélait à travers ces traditions spécifiques que j’ai essayé d’illustrer tout à l’heure".

La structure familiale était de nature patriarcale et il y avait un grand amour entre grands-parents, parents et enfants.

La plus grande valeur du judaïsme, c’est la transmission. Il a toujours milité pour la paix, pour le dialogue interreligieux avec les Chrétiens, mais aussi les musulmans. Et pourtant, il  perdit un autre de ses frères Edmond Baruch en  janvier 1962, tué à Constantine par un terroriste  du FLN, en sortant d’un office de vendredi soir.

L’étude, par ailleurs disait-il, devait aussi s’appliquer aux filles qui en étaient frustrées en Algérie, car elles étaient cantonnées à la maison tandis que les garçons allaient au Talmud Thora. Il fonda avec le Rabbin Claude Sultan, l’université juive européenne dont j’ai été l’élève et où il avait pu obtenir les meilleurs professeurs dans chaque spécialité : philosophie, littérature hébraïque, grands textes  du judaïsme. René-Samuel Sirat a aussi été très fier d’avoir fondé avec Madame Zerbib, l'association Naguilah,  pour redonner de la joie aux aveugles.

Il obtient, pour s’occuper des personnes aveugles de la communauté et du Consistoire central, des subventions destinées à imprimer des livres de prières et de Pentateuque en braille.

Il a aussi fondé l’institut Rachi de Troyes, a participé aux secondes rencontres d’Assise en 1986 avec le Pape Jean-Paul II et a aproché récemment le Pape François, en mars 2018.

C’est un infatigable militant pour la Paix. Elève du Rav Kook, il porte un amour absolu à l’humanité toute entière au nom du judaïsme et de ses principes.

Et je reprendrai pour le définir, le titre de l’un des ses livres : " La joie austère", joie de l’espérance humaine habitée aussi par les épreuves qui l’ont façonné de tout temps et spécialement par l’expérience de la Shoah.

Et aussi le verset 56 du livre d’Isaïe : «Je les amènerai sur ma montagne sainte, je les réjouirai dans ma maison de prières, car ma maison sera appelée une maison de prières pour toutes les nations »

 

 

 
 
 

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